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L’Europe va t’elle respecter ses objectifs pris à Kyoto ?

Alors que la conférence de Montréal a pris fin sur un accord et d’importantes satisfactions pour l’après Kyoto en 2012, une étude britannique met le doigt sur les difficultés des pays européens à respecter leurs engagements.

Selon un rapport de l’IPPR (institut de recherche en politiques publiques), le Royaume-Uni et la Suède seraient les seuls pays européens signataires de l’accord de Kyoto susceptibles, au rythme actuel de leurs progrès, d’atteindre leurs objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre.

Rappel des engagements pris par l’Europe des 15
Le protocole de Kyoto engage juridiquement et quantitativement les pays signataires à réduire de 5,2% leurs émissions de gaz à effet de serre pour l’horizon 2008/2012, par rapport à leurs émissions de 1990. Les 15 pays européens qui l’ont ratifié doivent diminuer de 8% leurs émissions avec des objectifs différents suivant les pays, comme par exemple :
– Allemagne -21%
– France 0%
– Grande-Bretagne -12,5%
– Danemark -21%
– Suède +4 % (jusqu’à 4% d’émissions supplémentaires possibles vu ses faibles rejets)
– Italie – 6%

Notons que ces objectifs chiffrés s’entendent par rapport aux émissions de l’année 1990, or, en 15 ans, ces pays ont connu une croissance économique et une hausse de leur consommation qui se traduit forcément par une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Les engagements sont donc de plus en plus difficiles à tenir d’année en année…

Où en sommes-nous ?
L’IPPR a attribué un feu vert au Royaume-Uni et à la Suède, un feu orange à la France, la Grèce et l’Allemagne et un feu rouge à dix autres pays, dont l’Italie et l’Espagne.
« Nous approchons du point de non-retour pour le changement climatique », a affirmé Tony Grayling, directeur associé de l’IPPR: « Il reste fort peu de temps pour commencer à réduire mondialement les émissions de gaz à effet de serre, avant que des dégâts irréparables ne soient faits ».

Dans les chiffres, l’Agence Européenne pour l’Environnement utilise un Indicateur de «distance par rapport à l’objectif de régression linéaire» (1).
Celui-ci nous précise dans un rapport de décembre 2005 (2) que L’Union Européenne (limitée à ses 15 membres) a un résultat de -1,9%, ce qui signifie que les émissions de gaz à effet de serre de l’Europe des 15 en 2003 est supérieure de 1,9% aux émissions qu’elle devrait avoir la même année pour respecter ses engagements pour 2008-2012.
Les émissions de CO2 de l’UE des 15 représentent quatre cinquièmes de toutes les émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne et dépassaient en 2002 de 1,4 % le niveau de 1990, principalement en raison de l’accroissement continu des émissions liées au transport routier depuis le début des années 1990.

Sur la base du même indicateur de distance, les quelques pays (appartenant à l’UE-15) ci-dessous ont des résultats assez différents :
– Luxembourg : -8,6%
– Grande-Bretagne : -5,2%
– Suède : -5,0%
– Allemagne : -4,8%
– France : -1,9%
– Grèce : +7%
– Italie : +10,8%
– Finlande : +21%
– Espagne : +26,3%

Effectivement, la Grande-Bretagne et la Suède ont de bons résultats, tout comme l’Allemagne pourtant jugée plus sévèrement (couleur orange) par l’IPPR. La France affiche un résultat encourageant mais qui réclame encore des mesures fortes pour s’affirmer. D’autres pays sont manifestement en situation d’échec, ce qui est très inquiétant.
Cette année, le Royaume-Uni s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre puisque le Premier ministre britannique Tony Blair, dont le pays présidait en 2005 le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie), s’était engagé à faire du changement climatique l’une des deux priorités de sa présidence.
Selon l’Observatoire de l’énergie, le Royaume-Uni bénéficie de la dématérialisation de son économie et d’un transfert massif du charbon vers le gaz qui expliquent en grande partie ses bons résultats.

Tony Grayling ajoute enfin qu’ il est crucial « que les pays de l’UE tiennent leurs promesses de réduire la pollution. Ils doivent agir maintenant pour revenir dans les objectifs de Kyoto, par exemple en économisant l’énergie et en investissant dans les énergies renouvelables ».

Notes
(1) Cette donnée exprimée en pourcentage indique l’écart qui sépare l’objectif hypothétique fixé pour 2003 et l’évolution effective des émissions en 2003. L’objectif hypothétique défini pour 2003 suppose que l’évolution autorisée des émissions d’un État membre entre l’année de référence et 2008-2012 suivra une trajectoire linéaire.
(2) Greenhouse gas emission trends and projections in Europe 2005

Source: http://www.notre-planete.info/

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