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Chaos à Dubaï suite à des pluies diluviennes… géo-ingénierie qui tourne mal ?

Des pluies torrentielles se sont abattues sur les Émirats arabes unis mardi, entraînant d’importantes inondations à Dubaï, dont les infrastructures peinent à faire face à la situation. Plus de 1 200 vols ont été annulés et de nombreux passagers sont bloqués sur place, alors que les stocks de nourriture commencent à s’épuiser.

Retour cette semaine sur les inondations dantesques qui ont touché Dubaï et plusieurs autres pays du Golfe, notamment Oman, où elles ont fait 19 morts. Et en particulier sur cette polémique qui prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux, selon laquelle ce sont les Emirats eux-mêmes qui auraient déclenché ces pluies torrentielles.

François Gemenne : c’est une théorie qui circule pas mal, et qui pointe le rôle de la géo-ingénierie dans ces inondations : ces pluies torrentielles seraient dues à une opération de géo-ingénierie qui aurait mal tourné. Les Emirats arabes unis auraient voulu faire pleuvoir artificiellement à l’aide d’une technique d’ensemencement des nuages par avion, et l’opération ne se serait pas passée comme prévu.

L’ensemencement des nuages est une technique assez simple, en réalité, qui consiste à répandre dans les nuages différentes substances, comme de l’iodure d’argent ou des cristaux de sel, pour déclencher des précipitations. C’est une technique communément utilisée pour lutter contre les sécheresses, par exemple.

Et ce serait cette technique qui aurait déclenché ces inondations catastrophiques ?

Les experts sont très réservés. D’abord le gouvernement émirati assure évidemment qu’il n’a pas mené une telle opération, et surtout, on rappelle que les précipitations étaient prévues par les modèles météorologiques. En tout état de cause, il semble improbable qu’un ensemencement de nuages ait pu, à lui seul, déclencher de telles pluies. On regarde plutôt du côté du changement climatique, puisqu’une atmosphère plus chaude est également plus humide : pour chaque degré de température supplémentaire, la teneur en eau de l’atmosphère augmente de 7%.

La polémique vient d’abord du fait que ces inondations sont très inhabituelles à Dubaï, et aussi du fait que les Emirats Arabes Unis ont régulièrement recours à cette technique, depuis une vingtaine d’années. Mais ce ne sont pas les seuls, de très nombreux pays s’y adonnent aussi, pour lutter contre les sécheresses, ou simplement pour faire pleuvoir avant des grands événements.

C’est assez basique, il s’agit simplement de déclencher une réaction chimique. Il y a d’autres techniques encore plus avancées : on appelle ça la géo-ingénierie, c’est-à-dire la manipulation artificielle du climat. On distingue généralement deux types de techniques : celles-qui visent à capturer le dioxyde de carbone qui est contenu dans l’atmosphère, et celles qui visent à modifier le rayonnement solaire, c’est-à-dire à réduire la quantité de rayonnement solaire absorbée par la Terre.

Tous les projets ne sont évidemment pas au même stade de développement, et ne présentent pas les mêmes risques

Il y a des projets relativement inoffensifs : peindre en blanc les toits les immeubles pour qu’ils reflètent davantage les rayons du soleil, par exemple, ou augmenter la teneur en carbone des sols grâce à du charbon organique, du biochar. Mais il y en a d’autres qui semble tout droit sortis d’un film de James Bond, et qui sont évidemment très controversés : fertiliser artificiellement les océans, injecter des aérosols dans la stratosphère, comme des particules de souffre, ou même carrément installer des miroirs dans l’espace.

Pour le moment il n’y aucun cadre réglementaire, et donc ça veut dire que c’est autorisé. Le seul embryon qui existe, c’est une réflexion en cours au sein de la Commission sur le dépassement climatique, une commission de haut-niveau mise en place au sein du Forum de Paris pour la Paix et présidée par Pascal Lamy, l’ancien directeur de l’OMC. Mais pour l’heure, n’importe qui peut y avoir recours, littéralement, y compris des individus privés.

Cela pose évidemment de très lourdes questions : sur la maturité des technologies et le contrôle de leurs effets secondaires, et puis aussi bien entendu des questions de sécurité. Une note récente de l’Observatoire Climat et Défense pointait le risque que ces technologies ne soient utilisées à des fins hostiles, ou ne donnent lieu à des désaccords sur leurs modalités de déploiement. Il y a aussi le risque que ces techniques ne soient utilisées comme un prétexte pour ne pas réduire nos émissions.

Inondations Inédites

Mardi, des précipitations sans précédent ont provoqué des inondations spectaculaires dans la plupart des régions des Émirats arabes unis, pays pourtant désertique, et notamment dans la ville de Dubaï, qui attire chaque année des millions de touristes.

Le satellite Sentinel 2 de l’agence européenne Copernicus a immortalisé l’ampleur des dégâts. L’image satellite, prise le mercredi 17 avril, montre d’importantes étendues d’eau (en bleu turquoise sur la photo) parfois sur plusieurs kilomètres. Des quartiers entiers semblent sous l’eau.

https://twitter.com/CopernicusEU/status/1781226716876169361?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1781226716876169361%7Ctwgr%5E46b78357f11d2dbbc9e7c033cef5b6c094a018bb%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.sudouest.fr%2Fenvironnement%2Fmeteo%2Fintemperies%2Fdubai-les-impressionnantes-inondations-vues-de-l-espace-des-quartiers-entiers-toujours-sous-les-eaux-19403233.php

Dubaï, qui enregistre en moyenne 70 à 100 millimètres de pluie par an, a reçu en une seule journée l’équivalent d’un an et demi à deux ans de précipitations. En quelques heures mardi, ses autoroutes imposantes, ses célèbres centres commerciaux et même son aéroport, l’un des plus fréquentés au monde, ont été inondés sans que l’eau ne puisse être évacuée, contrastant avec son image de ville ultramoderne.

Le drainage de l’eau pas assez pris en compte
De nombreux vols ont été annulés ou retardés, tandis que les difficultés d’évacuation ont perturbé les services de base, empêchant les supermarchés de se réapprovisionner et de nombreux employés de se rendre à leur travail.

Vendredi, la vie reprenait peu à peu son cours normal, mais plusieurs routes étaient encore inondées et des quartiers entiers encore sous les eaux. Le trafic aérien était par ailleurs toujours perturbé.

extraits et sources : https://www.francetvinfo.fr / https://www.sudouest.fr/

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