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Un monde divisé avec le brexit ou le début de la fin ?

Avec le Brexit qui vient d’avoir lieu, c’est avant tout un échec de l’Europe qui marque un tournant historique dans un monde divisé. Les institutions européennes sont malades dans bien des domaines, et les européens se sentent mis à l’écart. En effet, l’Europe ressemble à une Europe des banques qui est incapable de prendre des décisions communes favorables à leurs citoyens. Les thèmes aussi divers que ceux des migrants, des conflits qui sont à nos portes, ou encore un libéralisme croissant sont devenus des sujets qui exaspèrent les européens qui deviennent europhobes.

Nous pourrions faire un certain parallèle avec l’effondrement de la Yougoslavie. Il manque un vrai leader ship en Europe, et une vraie orientation économique hormis un libéralisme croissant qui est devenu insupportable, et qui explique une augmentation du populisme. Le pouvoir propre de ce leader ship est inexistant. La multiplication des nouveaux membres dans l’union européenne a multiplié les partis à Bruxelles. L’Union Européenne est entrée dans une crise permanente et incapable de se sortir de l’épine grecque dont seuls les européens eux mêmes doivent renflouer les caisses. L’idée est insupportable à de très nombreux européens. Bien des spécialistes nous disent que le problème grec va revenir rapidement sur la table. La bureaucratie qui s’est ingérée dans l’Union bafoue la démocratie. L’illustre exemple du référendum en France de 2005 sur la constitution européenne dont les français votèrent un non très clair, cette même constitution sera finalement votée sous le gouvernement qui suivit.

Les Britanniques, les Anglais principalement, ont voté « contre ». Contre une perte de souveraineté, contre le mépris dont les ouvriers, et les plus démunis, ont à juste titre le sentiment d’être les victimes. Un sentiment qui s’est cristallisé conjointement sur Bruxelles et sur le Premier ministre, David Cameron. On ne manquera pas de voir quelques similitudes avec le vote des Français contre le traité constitutionnel, en 2005. Mais avec une grande différence qui, précisément, nous empêche de nous réjouir et nous inspire même bien des craintes : c’est la gauche sociale qui avait dominé le référendum français ; c’est la droite extrême qui a monopolisé les débats en Grande-Bretagne. politis.fr

On peut ajouter que le brexit actuel se résume dans 5 raisons : L’immigration non contrôlée, restaurer la souveraineté nationale, quitter un navire qui prend l’eau, s’affranchir des régulation de Bruxelles, commercer librement avec le monde. (lefigaro.fr/)

Les tentatives balbutiantes de démocratisation, inspirées par l’élite intellectuelle, seront détournées de leur cours pour se muer en revendications nationales. Les apparatchiks du Parti, pour se maintenir au pouvoir, opéreront le revirement idéologique nécessaire afin de conserver leurs privilèges. Ainsi, en termes strictement politiques, si la déliquescence des structures fédérales et la récupération d’un malaise social a permis l’apparition de phénomènes nationalistes, leur diffusion à grande échelle n’a pu se mettre en place que grâce à l’infléchissement puis au soutien de l’appareil d’État. L’instrumentalisation de l’appareil d’État et des médias, par les personnalités politiques clés, a permis d’orienter les frustrations des masses. D’ennemis invisibles agrégés aux structures de l’État, les populations ont identifié les maux à travers les autres nations. (balkanologie.revues)

Ce dernier paragraphe est ce qui s’est passé en Yougoslavie, mais est étrangement similaire à ce qui se passe dans l’Union Européenne. Une étrangeté également similaire à ce qui s’est passé en URSS :

Ce qui s’exprime avec le Brexit, s’exprime un peu partout en Europe. La large victoire du mouvement Cinq étoiles à Rome et dans plusieurs grandes villes italiennes, la percée de l’extrême droite en Autriche, le succès prévisible de Podemos en Espagne, la progression du Front national en France, sans oublier les précurseurs grecs de Syriza, sont autant de manifestations d’un soulèvement non contre le principe européen, mais contre l’Union européenne telle qu’elle apparaît aujourd’hui aux peuples. C’est-à-dire comme l’instrument des institutions financières, et des politiques d’austérité.

C’est un sentiment d’impuissance qui s’exprime contre l’Union européenne et les grands partis traditionnels, libéraux ou sociaux démocrates. C’est une révolte contre une chape de plomb, et contre un déni systématique de démocratie, comme on l’a vu en France après le référendum de 2005, et plus cruellement encore, après le référendum grec de juillet 2015. Et comme on le voit ces jours-ci encore dans notre pays avec le mépris affiché par le gouvernement face à une opinion hostile à une loi travail largement inspirée par l’Union européenne.

Ce mouvement de révolte est engagé. Il aura lieu. Il a lieu. La grande question est de savoir quelles sont les forces politiques qui vont l’exprimer. En Espagne, Podemos représente, pour les élections du 26 juin 2016, une espérance aux antipodes des partis qui ont animé la campagne du Brexit. Cette question est également au cœur du débat politique en France. A chacun son « Brexit ». (http://www.politis.fr/ )

Messieurs-dames les politiciens, rappelez vous que l’Europe de Schumann qui a été Ministre des finances en 1947, puis ministre des Affaires étrangères (1948-1952), a été l’un des grands négociateurs de tous les traités majeurs de cette période marquée par le début de la Guerre froide en Europe et la nécessité d’organiser l’Europe de l’Ouest sur les plans politique, économique et militaire avec l’aide des États-Unis (Conseil de l’Europe,pacte de l’Atlantique nord, CECA, etc.). La construction Européenne s’est faite sur le fait que nous ne voulions plus de guerre atroce en Europe. L’Union Européenne, malgré ses nombreux défauts, et crises en tout genre est la garante de la Paix. Les gouvernements actuels sont amplement responsables de cet état de fait par leurs décisions toujours plus incompréhensibles par leurs citoyens. Cette division est la conséquence de votre attitude à gouverner. Ce n’est pas une affaire d’étiquette mais bel et bien une affaire d’écoute.

Méfions nous de ne pas glisser comme le firent les yougoslaves des années 90. Une division trop extrême, un populisme toujours croissant peuvent apporter une crise majeure. Ce n’est pas un point de vu pessimiste, c’est une réalité historique et du déjà vu. Car l’Histoire a tendance à se répéter.

Adaptation de la Terre du Futur

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