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Synthèses et analyses rétrospectives climatiques N°I

Projet d’une analyse rétrospective sur l’évolution climato-météorologique concernant les deux derniers trentenaires, avec petit saut dans le 19ème siècle.

Les archives mis à notre disposition nous permettent de voir le déroulement synoptique annuel des 60 dernières années. Ce depuis 1950 donc.
Si l’on peut dans un objectif avoué, rechercher des concordances corroborant telle ou telle thèse, il n’est pas bien difficile d’arriver à ses fins.
Le réchauffement trouvera toujours son paramètre imparable, tout autant que le refroidissement.
Garder son objectivité relève ainsi d’une gageure bien délicate. C’est pourtant ce que j’ai tenté de faire en rétrospection des éléments dont nous disposons.

En premier lieu, en faisant abstraction des données (AMO, PDO etc…ces paramètres n’étant jamais fiables à 100%), on constate ce que personne ne contredira, du moins concernant notre pays, que l’on peut scinder ces 60 dernières années grossièrement en deux groupes tri décennales 1950/1979 et 1980 à aujourd’hui. Il s’agira d’en tirer des conclusions holistiques et non locales et ponctuelles.

Force est de constater que le seul paramètre qui mérite d’être signalé en tant qu’acteur primordial est que les masses d’air froides du pôle doivent se constituer très tôt après la saison estivale, favorisant ainsi les ingrédients indispensables à la mise en place de conditions propices. Il est à signaler que ces conditions n’induisent pas forcément la finalité d’un hiver rigoureux sur notre pays, alors que si ces conditions ne sont pas remplies, elles induisent forcément une douceur pérenne sur l’Europe de l’ouest et même parfois de l’Est. Ce point est important car il est le seul à ma connaissance pour donner une probabilité acceptable au développement hivernal sue nos contrés. Il est à noter également que lorsque je parle d’hivers rigoureux, ceux-ci sont à comprendre sur la durée et non sur des ponctualités comme celles de 1997 par exemple ou dès la fin janvier, les conditions continentales ont cessé. L’hiver 2008/2009 ou la fin de l’hiver a été catastrophique n’est pas à mettre au compte d’un hiver rigoureux. Il correspond d’ailleurs assez bien au groupe d’hiver dont la rentrée printanière devient presque…estivale. Et c’est la répétition de ce fait météorologique ces dernières années qui en fait un élément de référence douce.

Pour ce qui est de la synoptique en générale, il n’y a pas de grands changements qui positiveraient le catastrophisme climatique futur vu par les aficionados du RCA. Les variations multi décennales expliquant largement cet état de fait.
En ce qui concerne les hivers qui débutent tôt et qui sont censés avorter prématurément, c’est faux. Au moins si l’on considère que l’approximation de la vérité doit être proche des 100%. Un hiver peut commencer tôt et se terminer tard. Exemple, il a neigé en plaine d’Alsace le 13 octobre 1952 et l’hiver s’est montré très long et très neigeux. Des cumuls de plusieurs mètres de neige à des altitudes moyennes 1500 à 2000 mètres ne se font pas sur un ou deux mois.
Plus les réserves polaires sont imposantes, plus il y a de chance qu’elles atteignent notre pays. Mais ce n’est pas systématique. Notre pays qui soit dit en passant est significatif des variabilités que l’on peut avoir sur un hiver. Même l’hiver 1952/1953 qui avait vu plusieurs mètres de neige dans les Vosges, a connu des températures positives à 850 Hpa fin janvier et fin février. Ce qui n’a pas empêché la neige de retomber en mars et avril.

Une autre particularité du premier groupe (1950/1979) est que les insistances des flux d’est arrivaient à passer bien plus facilement que ces dernières années. Et l’amplitude dépressionnaire à 500 Hpa d’antan explique en partie les conflits potentiels apportant force neige et froid.

Un petit mot sur les ponctualités météorologiques dont se gaussent les défendeurs du catastrophisme à réchauffement exponentiel, pour dire que des « phénomènes hérétiques » se sont produits dans le premier groupe sans que cela n’ait d’incidence sue la visions globale de l’ensemble climatique. Des langues chaudes peuvent se déporter jusqu’en Laponie en plein hiver, ce n’est pas exceptionnel.
Nous parlons toujours dans le contexte des variations multi decennales et non de paramètres exceptionnels comme des minimum solaires.

Il peut y avoir des hivers rigoureux, doux, ou intermédiaires (courte vague de froid ou neigeuse, parfois répétées mais non perenes).
Le second groupe (1980/2008) inclue les hivers doux et intermédiaires.
le premier groupe inclue les trois avec une prédominance froide.

Je me suis toujours refusé à croire que les flux étaient différents de ceux d’aujourd’hui dans leur contexte thermique. Je révise ma copie et je crois bien que je fais erreur. Les resserves froides se constituant au pôle, influent inévitablement les SST et plus elles se font tôt, plus elles seront à même d’influencer la thermique des flux. Le flux de nord-ouest, semi océanique serait un de ceux les plus concerné. Il est donc essentiel que le pôle fabrique le potentiel qui peut éventuellement nous concerner. Les processus inertiels étant difficilement appréciables à court terme, il est assez complexe d’en déduire une cause inattaquable en ce qui concerne les modifications globales entre les deux groupes. D’autant plus qu’elle est relativement progressive et c’est bien arbitrairement que j’ai scindé la période en deux.

Ceci dit, la période antérieure à 1950 est en connotation froide. A titre d’exemple pour Strasbourg, on notera 49 jours consécutifs sans dégel durant l’hiver 1890/1891; ou encore 66 jours de neige recouvrant le sol durant l’hiver 1939/1940. Imaginons que de tels phénomènes se reproduisent l’hiver prochain…

En revenant au premier groupe il y a eu à Strasbourg 61 jours avec des chutes de neige à Strasbourg en 1969/1970. Mais en février 1958 il a fait +21.3° C dans la même ville.
Bien évidemment ce sont des exemples limités sur le nombre d’hiver à prendre en compte, mais c’est l’absence de ces phénomènes hivernaux actuellement que j’ai voulu mettre en évidence. Sauf pour les coups de chaud.

La question de l’approvisionnement en réserve de froid est donc un paramètre indispensable, mais sa réalisation sujette à des variations. Ce qui expliquerait en partie la répartition sur un trentenaire par exemple de la variabilité des hivers, soit doux, soit rigoureux. A noter que l’hiver 1986/1987 pour Strasbourg n’arrive qu’en 74ème position des hivers les plus rigoureux depuis le 19ème siècle. cela vous donne un aperçu du fossé thermique actuel…

L’augmentation de la fréquence des types de temps, en l’occurrence ceux d’ouest sont en partie responsables du nombre remarquable d’hiver doux du dernier trentenaire. L’inverse, c’est-à-dire la fréquence d’un type de temps plus continental, allié avec un conflit dépressionnaire en altitude d’ouest, peut expliquer le nombre d’hiver rigoureux du premier groupe. Ce qui est à mettre en parallèle de la réserve froide indispensable aux hautes latitudes.
Lorsque Mitch nous parle des murs de neige extraordinaires de son enfance, il est indéniable que la circulation atmosphérique était différente et que ce sont des états atmosphériques conflictuels qui étaient à l’origine de ces beautés neigeuses. Ceci dit, il faut dire que de tout temps, la variabilité météorologique a existé et au début du 20ème siècle il y eut bien des hivers sans neige dans les Vosges. Mais ils n’étaient pas forcément dous pour autant, je ferais des recherches la dessus.

Les retours d’est sont particulièrement absents ces dernières années et ce sont eux qui ont fait les joies scolaires de votre serviteur. Ils sont responsables des neiges abondantes en plaine d’Alsace. Les chutes de températures > à 20°C en 24 heures sont devenues exceptionnelles pour ne pas dire plus, comme ce fut la cas lors du passage de 1978 à 1979 avec de +10.9° c le soir à -12.3° C le matin. Les advections d’air chaud s’élevant au dessus de l’air froid sous-jacent sont responsables de précipitations durables, ce qui devient aussi rare. Ces phénomènes, d’anta fréquents, sont devenus extraordinaires actuellement, ce qui amuse bien les médias en nous prédisant l’apocalypse…RCA.

Le rapport conflictuel qui est générateur de la teneur de nos hivers, régime d’ouest océanique ou régime continental a toujours existé. Lorsque la prédominance est du premier régime, nous tombons dans la météorologie tri decennale actuelle et l’inverse nous fait pencher vers la météorologie tri decennale du premier groupe. L’hiver 1929/1930 par exemple a vu une absence totale de neige en plaine durant toute la période, mais c’est un phénomène rare dans la continuité.
A noter également que les Vosges peuvent connaitre des chutes de neige durant tous les mois de l’année…rare actuellement, très rare même.

Conclusions passées:
Variabilité des hivers avec des hivers très rigoureux.

Conclusions présentes:
Variabilité des hivers avec des hivers très doux.

Conclusions sur le futur:
A surveiller de près l’évolution des printemps et automnes et la durée estivale sur les hautes latitudes.

Quelques Chifres :

Nous allons cette fois-ci faire une rétrospective chiffrée des différents mois de l’année. Et pour faire dans l’ordinaire évangélique, nous commencerons par le dernier mois de l’année: décembre (période 1890 à 1997). Premier mois arbitrairement décrété comme celui du début de l’hiver.
Référence géographique: Strasbourg.

Température moyenne la plus basse = -4.1° C en 1890
Température moyenne la plus élevée = +6.6° C en 1993
Température minimale absolue = -20.3° C en 1939
Température maximale absolue = +18° C en 1915

Épaisseur maximum de neige = 18 cm en 1950
Nombre maxi de jours avec sol recouvert de neige = 31 jours en 1933
Nombre maxi de jours avec chutes de neige = 17 jours en 1950

Nombre maximum de journées sans dégel = 24 jours en 1890

Première remarque. Pour rester crédible et ne pas prêter aux suspicions pro-refroidissement, nous éliminerons les années antérieures à 1900. Quoiqu’il faille savoir que sous l’administration allemande, les données météorologiques antérieures à cette date furent consignées dans les annales météorologiques avec un premier numéro édité en 1890. On peut tout de même signaler le froid intense de 1879 avec -26° C à Paris (sous réserve des mesures de l’époque bien sûr).

L’année 1993 a vu une moyenne pour décembre de +6.6° C, remarquable. Période végétative donc probable encore à cette époque de l’année.

Le 4 décembre 1961 a vu une douceur exceptionnelle. D’ailleurs l’hiver 1961/1962 est connu comme celui de 59/60 pour avoir été doux et peu neigeux. Cependant, les contrastes des géopotentiels à 500 Hpa sont importants entre l’atlantique et la Scandinavie et le froid intense sur les latitudes nordiques.

Le mois de décembre 1950, le 4 pour être précis, une différence de 64 hpa à 500 hpa ,était visible entre le sud Norvège et le nord du continent africain. Ce qui démontre bien que les neiges observées cet hiver sur cette partie du globe ne sont pas révélatrices d’un refroidissement généralisé. Il aurait fallu pour cela que le froid descende très en dessous des latitudes nordiques, ce qui n’a pas été le cas. Ce sont donc des formations de bulles froides à ces latitudes qui ont favorisé ce fait météorologique.
Toujours en 1950, le 13, nue nouvelle descente polaire, cette fois située un peu plus à l’ouest de la Norvège occasionne beaucoup de neige sur notre pays. Géopotentiels à écart de 64 Hpa à nouveau, entre l’atlantique et l’est de la France.
Les hivers 59/60 et 61/62 sont connus pour leur douceur et leur peu d’enneigement. Énorme contraste à 500 Hpa cependant avec 600 Hpa pour le sud de l’Espagne et 503 Hpa en Laponie. Une ligne de +4 à +6° C à 850 Hpa stationne sur la France. Le 31 janvier 1962, incursion par l’est d’un coup de froid à -16° c à 850 Hpa par l’Allemagne, qui rests portant sans suite chez nous.
Ce qui situe à nouveau notre pays dans un contexte de variabilité dont les coups de froid sont quand même tributaires d’un grand nombre de paramètres. Mais il y a toujours ce phénomène de prédominance anormalement douce qui caractérise notre dernier trentenaire et celui-ci est incontestable. Peut-on dès lors se poser la question suivante ? Notre pays qui est à caractéristique tempéré serait-il plus sensible aux variations multi décennales, ce qui expliquerait l’écart « considérable  » entre les fluctuations à dominantes douces et celles à dominantes froides?
Question ouverte…

Dernière constatation:
ce dernier trentenaire est différent d’un point de vue thermique, en terme de précipitations et atmosphériquement moins conflictuel que son prédécesseur.

A noter aussi que la température maximale absolue de 1915 a été battue ces dernières années.

S.

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