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Des cratères découverts au fond du lac de Neuchâtel

Des chercheurs de l’EPFZ ont trouvé au fond du lac de Neuchâtel de gigantesques cratères dont le diamètre va de 80 à 160 mètres et la profondeur de 5,5 à 30 mètres.

Doctorante à l’Institut de géologie de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), Anna Reusch n’en a pas cru ses yeux lorsqu’elle a vu apparaître sur l’écran du sonar de son bateau de recherche un contour inhabituel. Par 100 mètres de fond, au large de Chez-le-Bart (NE), se trouvait un cratère de 160 mètres de diamètre pour 10 de profondeur.

Ces travaux scientifiques sont publiés dans la revue «Geophysical Research Letters».

«Cela montre que même au 21e siècle en Suisse, des découvertes passionnantes sont possibles», indique la scientifique, citée dans un communiqué de l’EPFZ. Dans le cadre du projet «Dynamite» du Fonds national suisse, elle cherchait en fait des traces d’anciens tremblements de terre mais elle a fait des cratères sa thèse de doctorat.

Au total, quatre de ces formations ont été trouvées, toutes sur la côte nord-ouest du lac et à une profondeur de plus de 100 mètres. La plupart se situe dans le prolongement de zones de rupture tectonique connues.

Le plus grand, baptisé «Crazy Crater», est parfaitement circulaire. Au fond se trouve un couvercle de boue sous lequel les chercheurs ont trouvé une cheminée de 60 mètres d’où sort un mélange épais d’eau et de sédiments en suspension. Cette suspension affiche une température de 8,4 degrés, alors que celle de l’eau environnante est de 5,8 degrés.

lac-neuchatel

Il est donc vraisemblable que le cratère communique avec le système karstique du Jura voisin et qu’il s’agit là de résurgences, selon Anna Reusch. L’explication la plus probable de ces dépressions vient donc de phénomènes karstiques dans le Jura. L’eau circulant sous la chaîne de montagne se retrouverait ainsi au fond du lac. « En d’autres termes, il s’agit de sources », indique la chercheuse. Le plus grand des cratères n’a toutefois plus expulsé de sédiments depuis 1600 ans.

Les scientifiques ont également constaté que de temps à autre, la suspension déborde du cratère, comme une éruption volcanique. Depuis la dernière glaciation, cela s’est produit au moins quatre fois, la première il y a 12’000 ans et la dernière il y a 1600 ans, selon les relevés de sédiments.

Pour l’heure, les chercheurs ont fait des relevés au sonar des zones de plus de 30 mètres de profondeur. On ignore si d’autres cratères existent à de plus faibles profondeurs. (ats/Newsnet)

TDF 

sources : http://www.24heures.ch/http://www.rts.ch/

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