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Synthèses et analyses rétrospectives climatiques N°II

Rétrospective des mois de janvier.
Considéré comme étant le mois le plus froid de l’hiver, nous verrons que cela n’est pas toujours confirmé, Janvier joue sur la donnée astronomique incontournable qui, …conjuguée aux agapes festives du mois précédent, lui donne force propension aux veillées familiales près de l’âtre.

Je me souviens de l’époque ou les bulletins météo, qui deja faisaient dans les prévisions saisonnières, relayés par la radio dont Albert Simon était le personnage incontournable, ne prenaient guère de risques en prévoyant les frimas d’est pour les plaines d’Alsace, tout au long du mois. La problématique qui se posait à l’époque, consistait à être ignorant de la quantité de neige à venir en la renvoyant même souvent au mois de février.

Ceci dans un contexte qui majoritairement donnait raison à ce genre de prévision plutôt statistique que soumis aux exigences de paramètres bien plus élaborés aujourd’hui.

Lieu géographique: Strasbourg.

Température moyenne la plus basse = -7.8° C en 1940
Température moyenne la plus élevée = +6.4° C en 1988
Température minimale absolue = -21.6° C en 1940
Température maximum absolue = + 18.7° C en 1991
Épaisseur maximum de neige = 42 cm en 1941
Nombre maxi de jours sans dégel = 27 jours en 1940
Nombre minima de jours avec gel = 1 jour en 1975
Nombre de jours maxi avec sol recouvert de neige = 31 jours en 1940
Nombre maximum de jours avec chutes de neige = 19 jours en 1929.

Une première remarque, c’est que l’année 1940 revient souvent; en vous transposant mentalement à cette époque… et en éliminant tout le confort actuel et en y ajoutant la guerre, on peut imaginer ce que devait subir la population de l’époque. -20° C et de la neige au sol durant tous les jours du mois…pour le moins impressionnant, non !

Autre remarque, projective celle-ci, mais sans aucun autre intéret prédictif quel qu’il soit, en un peu moins d’un demi-siècle on passe d’une moyenne mensuelle de -7.8° C à +6.4° C, soit 14.2° C d’amplitude.
A titre de comparaison, en sachant que les températures minimales les plus basses d’un mois de janvier sont de l’ordre de -8° C à Chamonix, de -7° C à Megève ou de -8° C à St Véran à 2040 m dans les hautes alpes, on peut se faire une petite idée de ce que cela représente en plaine Asacienne et je ne parle même pas des sommets Vosgiens.
Enj extrapolant de manière arbitraire et pas forcément très scientifique, on passe d’un mois dévastateur pour les récoltes, les gens, les vignes etc, à un mois ou la période végétative ne prend pratiquement pas de repos. Extraordinaire, non!

Petite intrusion statistique sur une période comprenant les hivers 1970 à 2009 et une autre de 1900 à 2009.
On remarque que les hivers les plus froids de la première période sont tous supérieurs en terme d’anomalie par rapport aux hivers de la série 1900 à 2009. Autrement dit la concentration des hivers froids quelque soit l’amplitude temporelle utilisée, se fait dans la période antérieure là 1970.
Le phénomène des inversions de température est assez fréquent à cette période, bien qu’il ne soit pas le seul mois à en faire voir les méfaits.
C’est d’ailleurs ce phénomène qui contribue au peu d’amplitude thermique entre la plaine et les hautes Vosges.

Hiver 1962-63 janvier (froid et long)
Le 1er janvier la ligne des 0° C à 850hpa et situé tout au nord de la France, laissant les Alpes sous des températures positives à cette altitude. Mais la ligne 528 (caractéristique du froid et neige) recouvre toute la moitié de l’Angleterre et cette ligne à l’échelle hémisphérique est extraordinaire du point de vue des régions qu’elle englobe. Le 3 il y a même une poche de douceur sur tout l’est de la France dans un flux de sud-ouest, voir carrément sud.
Je ne vais pas rentrer dans le détail jour après jour, mais le potentiel froid neigeux des hautes latitudes est quant à lui énorme.
Le 6 le flux commence à s’orienter à l’est et le 12 le froid arrive avec la neige. Le 15 les -20 ° C sont sous le golfe de Finlande. La fin du mois voit un énorme anti sur l’Alaska, un autre sur la pointe Groenland et une énorme poche froide neigeuse sur les pays slaves.
Conclusion :
A partir du moment ou les conditions hémisphériques aux hautes latitudes ont leur réserve de froid, rien n’interdit au potentiel polaire de descendre en basse latitude. Il va de soit que d’autres conditions synoptiques sont nécessaires (blocage etc) mais la première condition est néanmoins obligatoire.

Hiver 1974-75 doux
L’hiver 1974-75 est généralement accepté comme étant un hiver doux.
Voyons le détail de ce mois de janvier :
Le 1er janvier 1975 il fait -28 ° C sur sud Groenland et des poches à -12 ° C descendent de Scandinavie jusque sur l’Autriche. Le contraste à 500 hpa est énorme entre le proche Atlantique et la botte italienne. Le 3 une poche douce s’étant presque jusque le golfe de Finlande. 8° C à 850 hpa.
Pression voisine de 1030 hpa sur notre pays. LE 6 une belle poche douce englobe une partie de l’Europe occidentale. La ligne des 0° C à 850 hpa va de terre neuve au sud norvégien puis descend sur la Grèce. Le 10 le froid frôle le nord est de notre pays de façon très éphémère. Le 15 une nouvelle poche douce remonte sur le golfe de Finlande. Il fait -12° c en Islande et -28° C sur sud Groenland. Le Nord de l’Allemagne a même une poche à +8° C à 850 hpa. Le 20 petit coup de frais sur le pays. Le 31 toujours en flux de sud à sud ouest.

Conclusion :
Le potentiel nordique n’a pas empêché la douceur sur notre pays.
La condition synoptique de blocage n’ayant pu se créer.
Voilà qui corrobore donc la variabilité dû aussi à notre situation géographique.
Rien d’extraordinaire à cette variabilité qu’une explication synoptique peut très bien expliquer.
Le problème, une fois de plus est dans la répétition de tels scénarii.
(voir dernier trentenaire).

Je vais faire une projection prospective. Elle se fera en termes chiffrés, ce qui rendra plus accessible sa compréhension et pourra être mise en parallèle des extrapolations si l’influence solaire se confirme.

Source météo France.
La moyenne des températures annuelles du dernier trentenaire (référence 1971/2000) pour la station de Strasbourg- Entzheim est de 10.4° C.

La moyenne des températures des dix dernières années pour la même station est de 11.4° C.
Soit une augmentation sur les 10 dernières années de +1° C.

La moyenne des températures à Sondernach (600m Alsace) sur les 10 dernières années est de 9.4° C.
On peut en déduire un écart de près de 2° C entre les deux stations sur l’année pour la dernière décennie 11.4 – 9.4 = 2° C.

En ce qui concerne le dernier trentenaire, on observe un écart de 1° C.
10.4 – 9.4 = 1° C.
Mais l’écart sur une période identique étant de 2° C, il faut retirer un degré pour être conforme avec le dernier trentenaire, ce qui nous donne 9.4 – 1 = 8.4° C., soit 10.4 – 8.4 = 2° C.

En considérant comme acquis les 4 premiers mois de l’année 2009, j’ai fait une projection, tirée sur les 10 dernières années (station sondernach) pour arriver à une moyenne mensuelle de 8.5°C, soit conforme au dernier trentenaire et non sur les 10 dernières années.
Mai = 12.3° C de moyenne mensuelle
juin = 15.2 ° C
juillet = 17.5° C
aout = 17.3° C
septembre = 13.5° C
octobre = 8.6° C
novembre 3.3° C
décembre = 0.8° C
(pour rappel janvier= -1.5° C, février = 0.6° C, mars = 3.9° C et avril = 11.1° C. acquis).

Maintenant, j’ai aussi fait une projection sur l’avant dernier trentenaire soit la période 1940/1970. Donc en retirant 1° C arbitrairement par rapport au dernier trentenaire (moyenne de 7.5° C pour la station de Sondernach, soit 7.5° C de moyenne annuelle). Et voila ce que cela donne en terme de température pour les 8 prochains mois si d’aventure un bouleversement soudain devait se produire. On tient pour acquis les 4 premiers moi de 2009.
mai = 11.7° C
juin = 14.6° C
juillet = 15° C
aout = 14.6° C
septembre = 11° C
octobre = 6.5° C
novembre = 2.7° C
décembre = -0.6° C
Moyenne annuelle 7.4° C.
Mais comme les chiffres ont leur secret de bizarrerie, les chiffres que j’ai pris pour cette dernière projection correspondent exactement aux mois les plus frais ou froids de cette dernière décennie. Ex: pour mai on a la température moyenne la plus basse prise en 2004, pour octobre c’est la moyenne de l’année 2003, pour décembre c’est l’année 2000 etc… extraordinaire, non!!!
Ce qui exclut déjà toute canicule prolongée et un automne précoce. Vous pouvez vous amuser à faire la même chose concernant votre ville ou village. Ce serait interessant à voir.

S.

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