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Produits d’animaux nourris aux OGM

Avril 2004 : désormais, dans l’Union européenne, tous les produits contenant plus de 0,9% d’OGM devront être étiquetés, qu’ils soient pour la consommation humaine ou animale. Tous ? Non, car les produits (viande, œufs, lait..) issus d’animaux ayant consommé des OGM ne sont pas soumis à cet étiquetage.

L’organisation Greenpeace dénonce ce qu’elle considère être une lacune de la réglementation européenne. Que sait-on au juste du devenir des transgènes et des protéines transgéniques des végétaux consommés par les animaux ? Les retrouve-t-on dans les œufs, la viande, le lait ?

Et aujourd’hui ?

Les produits animaux ou leurs dérivés occupent une place prépondérante dans notre alimentation. Escalopes, steaks, beurres, fromages, crème fraîche mais aussi saucissons, pieds de porcs, langues de bœuf, cuisses de poulets… sont autant d’aliments régulièrement présents dans nos assiettes. Mais avant d’y parvenir, chaque animal a été nourri, non plus avec des farines animales, mais avec de l’herbe, des céréales (maïs…), et des tourteaux (soja, colza, etc.). Or soja, colza et maïs peuvent être génétiquement modifiés. La présence de ces plantes transgéniques dans l’alimentation animale est d’ailleurs effective en France depuis plusieurs années. A l’heure où ces aliments contenant ou dérivés des OGM vont devoir être étiquetés, qu’en est-il des aliments issus des animaux ayant été nourris avec des OGM ?

En 2004 :

Toutes les données montrent que les connaissances scientifiques sur la présence de protéine et / ou d’ADN transgéniques dans les produits issus d’animaux nourris aux OGM sont encore embryonnaires.
En France, la récente révélation publique, suite à une demande du Crii-Gen, d’études scientifiques en possession de la Commission du Génie Biomoléculaire, a montré plusieurs effets anormaux sur la physiologie et les organes de rats14. La CGB se dit inquiète, mais l’AFSSA donne son aval… En Europe, des désaccords persistants entre experts conduisent à renvoyer les dossiers d’approbation en dernière instance à la Commission européenne. On comprend dès lors l’insistance de Greenpeace et d’autres pour réclamer au moins l’étiquetage de ces produits animaux. Cette absence d’études ne devrait-elle pas conduire, au nom du principe de précaution, à prolonger le moratoire ?

En 2007 :

Dans 95% des cas, les animaux que nous mangeons ont été nourris au soja transgénique, révèle mercredi Le Soir qui cite des chiffres de l’Association professionnelle des fabricants d’éléments composés pour animaux (Apfaca).

L’essentiel des aliments pour bétail à base de soja, en Belgique, est d’origine transgénique. Et ces aliments comptent pour 80% des compléments protéinés des animaux. « Trois filières – biologique, conventionnelle et transgénique – ont existé juqu’au début de cette année », explique Yvan Dejaegher, directeur général de l’Apfaca. « Nous avons dû abandonner le cahier des charges lié aux filières conventionnelles sans OGM en raison du surcoût lié au transport et aux procédures de contrôle qu’il occasionnait pour les producteurs et la grande distribution », ajoute-t-il.

Quant au bio, sur six millions de tonnes d’aliments composés pour animaux ingurgités chaque année en Belgique, la part biologique représenterait à peine 2,5% du marché. De son côté, la filière conventionnelle sans OGM ne représenterait plus que 2,5% contre 15% l’an dernier, selon l’Apfaca.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, « les OGM sur le marché ont passé avec succès des évaluations du risque et il est improbable que cela présente un quelconque risque pour la santé humaine ».

En 2008 :

RISQUES LIÉS À LA CONSOMMATION DE PRODUITS DÉRIVÉS D’ANIMAUX NOURRIS AUX OGM

La diète des animaux de ferme comprend depuis quelques années des grains GM (maïs, soja). Des études ont été menées pour savoir si une telle diète présentait des risques pour la santé des animaux eux-mêmes, ainsi que pour celle des êtres humains qui consomment la viande de ces animaux ou leurs produits dérivés (lait, œufs).

Les résultats des études menées au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Australie et dans les pays de l’Union européenne montrent que :
– la valeur nutritive des grains transgéniques est la même que celle des grains traditionnels;
– les animaux digèrent l’ADN et la protéine ajoutés des grains GM;
– la diète à base d’OGM a les mêmes effets – taux de croissance, risques d’intoxication, réaction allergique – sur les animaux qu’une diète non GM.

Par ailleurs, une commission britannique de conseillers et de scientifiques a rapporté les conclusions suivantes des études réalisées sur les aliments GM destinés aux humains et aux animaux :
– la présence de résidus d’ADN, de gènes d’origine OGM dans le lait, les œufs et dans la viande provenant d’animaux nourris aux aliments OGM n’a pu être démontrée;
– aucun effet négatif n’a été signalé chez des millions de personnes (États-Unis, Canada, Argentine) qui ont consommé des produits dérivés d’animaux nourris avec des aliments GM.

À la lumière de ces résultats, les autorités en matière de sécurité alimentaire ont conclu que :
– l’utilisation de grains GM en alimentation animale est sécuritaire pour les animaux;
– les aliments d’origine animale provenant de ces animaux sont équivalents aux produits d’origine animale provenant d’animaux nourris avec des grains traditionnels;
– les produits d’origine animale (lait, œufs, viande) provenant des animaux ayant une diète à base de grains GM sont considérés sains pour les humains.

Bien qu’aucun étude actuelle démontre la dangérosité de l’ingestion de produits issus d’animaux nourris aux OGM, il existe un risque selon http://www.notre-planete.info/ :

Des impacts sur la santé sont liés à l’ingestion de produits contenant des OGM, comme par exemple la possible apparition dans l’organisme humain de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques.

Des études et un suivi sur la santé de l’animal et du consommateur sont menées afin de créer et de perfectionner des outils d’analyse précis et fiables dans le but d’améliorer la traçabilité des produits.

Les insecticides secrétés par les cultures transgéniques représentent un danger pour la santé. Par exemple, l’insecticide produit par le maïs Bt est capable in vitro de détériorer les globules rouges humains (Pour la Science, 2000).
Sur ce point, les tests sur la toxicité éventuelle des PGM restent largement contrôlés par les firmes productrices de PGM. Et les résultats, difficiles à obtenir, montrent des « effets cliniques et biochimiques chez les animaux nourris avec les PGM par rapport aux animaux nourris avec les plantes conventionnelles correspondantes » (Christian Vélot, L’Ecologiste n°18, 03/2006). Nul doute que si les animaux sont affectés par cette alimentation, l’Homme le sera également.

« Nous vivons une période de folie du progrès incontrôlé, dans laquelle se développe une série d’outils pour lesquels on ne se donne pas les moyens d’évaluer leurs conséquences environnementales » (Pierre-Henri Gouyon, membre du conseil scientifique du CRII-GEN, directeur de laboratoire CNRS, professeur à l’Agro et à l’Ecole polytechnique).
Le problème majeur est la transmission du transgène à des plantations voisines cultivées ou sauvages. Ce problème se pose également chez les animaux et notamment les poissons d’élevage qui pourraient contaminer des populations extérieures.
On recense donc les risques potentiels parmi lesquels une diminution de la biodiversité avec la disparition d’un certain nombre d’espèces en contact avec les pesticides et qui ne sont pourtant pas visées.

De plus, la mise au point d’OGM résistants, comme en témoigne l’insertion du gène de la bactérie Bacillus thuringiensis : Bt pour contrer les chenilles qui ravagent les récoltes de riz, pourrait se répandre à d’autres espèces végétales.

Il est également avancé que les OGM devraient limiter l’usage des pesticides. « Notons tout d’abord que les plus grosses compagnies vendeuses de pesticides sont également très souvent celles qui produisent des semences transgéniques ou non : Syngenta, Monsanto, Aventis, Du Pont de Nemours, Agrevo… » (F.VEILLERETTE, 2003). En effet, elles vendent des semences transgéniques capables de résister aux herbicides qu’elles commercialisent. Les deux produits complémentaires assurent à l’agriculteur des cultures transgéniques qui ne souffriront d’aucune autre plante concurrente.
Cette astuce commerciale assure un double profit à ces industries agro-alimentaies et a même permis une augmentation des ventes de 72% du Roundup (herbicide) aux Etats-Unis depuis 1997.
Ainsi, en 2003, plus de 71% des OGM cultivés ont été conçus pour résister à un herbicide et 28% pour produire leur propre insecticide. L’argument environnemental « OGM contre pesticides » ressemble donc à une véritable fumisterie.

Le plus important :

Notons que le transfert des gènes entre bactéries par exemple existe depuis plus d’un milliard d’années et qu’il existe des gènes  » sauteurs  » qui apportent sans intervention humaine de nouvelles propriétés aux végétaux. Pour autant, ces transferts naturels se sont produits sur des échelles de temps radicalement différentes et de façon aléatoire. Ainsi, les écosystèmes ont pu évoluer en prenant en compte ces modifications. Or, les PGM ne se cultivent que dans un écosystème artificiel avec les intrants nécessaires à leurs développements. Une aberration à un moment où la biodiversité est largement en crise…Hormis la recherche médicale ou l’OGM est un outil qui produit des protéines appréciables, dans l’agroalimentaire, l’OGM est un organisme que nous consommons sans assurance d’innocuité et en complète contradiction avec les problématiques environnementales actuelles.

Cette manipulation folle des briques du monde vivant génère inévitablement une forte inquiétude. Et l’on comprend aisèment les doutes et les peurs de la population (qui devrait être davantage impliquée dans ces réflexions) tant la recherche de profit supplante facilement le principe de précaution et la raison.

sources : http://www.infogm.org/ / http://www.7sur7.be / http://www.greenpeace.org / http://www.ogm.gouv.qc.ca/ / http://www.notre-planete.info/

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