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C’est officiel, l’été a été ‘pourri’

La France a connu l’été le plus pluvieux depuis 1977, même si le bilan est moins catastrophique pour les températures, selon un premier état des lieux dressé vendredi 24 août par Météo France. « Oui, on peut parler d’un été pourri », même si les régions du quart sud-est ont échappé à la morosité, indique Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo France.

De l’Angleterre qui fut inondée à la Grèce sous les flammes, cet été 2007 aura été très marqué par des contrastes d’une météo devenue aléatoire.

Juillet et août ont été très pluvieux sur les deux tiers nord du pays. En revanche, les pluies ont été déficitaires sur la région méditerranéenne. En juillet, plusieurs records de pluies ont été ainsi enregistrés : Thonon-Les-Bains a reçu 222 mm d’eau, battant son précédent record qui remontait à 1965 (178 mm). Constat qui peut être étendu à presque tout l’hexagone, à l’image de Besançon (187 mm contre 179 mm en 2000), Le Touquet (165 mm contre 153 mm en 1980), ou encore Brest (152 mm contre 151 en 1991).

Août a été également très arrosé : « on n’est pas loin de battre des records », souligne Frédéric Nathan. A Paris, le 23 août, « on était déjà à 159 mm, très proche du précédent record de 161 mm, qui date de 1931 », précise-t-il. Les températures ont également été déficitaires « mais sans excès », de même que l’ensoleillement, sauf dans le Sud-Est, qui a connu un bel été.

Paradoxe de cet « été pourri », frais et pluvieux : il n’aura pas contribué à inverser d’une once la tendance du réchauffement constaté depuis le début de l’année en France. En effet, bien que les journées ont été globalement plus fraîches qu’à la normale, les nuits sont restées particulièrement douces, notamment en raison des nuages très nombreux qui ont retenu le peu de chaleur accumulé pendant la journée.

Et sur le reste du continent…

Après avoir connu cet été des records de précipitations dans le nord de l’Europe, le sud du continent souffre de la sécheresse et de la canicule.

LES AVIS de tempêtes issus en alerte vendredi par les services météorologiques grecs annonçaient bien un week-end très difficile pour la lutte contre les incendies de forêt. Des feux qui frappent régulièrement la Grèce depuis le début de l’été. Depuis quelques jours, le pays s’est retrouvé pris entre un anticyclone sur le nord-ouest des Balkans et une dépression sur le sud-est de la Méditerranée. Résultat, des vents de nord-nord-est de force 7 à 8 soufflant sur un pays asséché par des canicules records pendant les mois de juillet et d’août. Le temps resté très sec et des températures atteignant 38 degrés dans l’après-midi n’ont fait qu’augmenter les risques d’embrasement.

La Grèce n’est pas le seul pays d’Europe frappé par cette vague de chaleur, loin de là. Les mois de juin et de juillet avaient déjà été marqués par des canicules exceptionnelles dans le sud-est de l’Europe, avec des records dépassant parfois les 40 °C. Fin juin, le sud de l’Italie, la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie furent d’abord touchées. Depuis la mi-juillet, une seconde vague de chaleur frappe l’Europe centrale et le sud-est du pourtour méditerranéen, et dure toujours… En Bulgarie, le record absolu de température a été battu le 23 juillet, avec plus de 45 °C. En Turquie, la sécheresse qui dure depuis des mois perturbe l’approvisionnement en eau des habitants de la capitale, Ankara.

Ces très fortes vagues de chaleur, semblables à la canicule de l’été 2003, font penser aux effets du réchauffement de la planète. Mais le fort contraste avec l’été très pluvieux qu’a connu tout le nord de l’Europe rappelle aussi l’importance de la variabilité du climat.

En Angleterre et au pays de Galles, la période de mai à juillet a été la plus pluvieuse (406 mm de précipitations !) depuis les premiers relevés météorologiques effectués en 1766. Ce record s’est notamment traduit par des inondations catastrophiques en juillet dans le centre et le sud de l’Angleterre, qui ont provoqué la mort de neuf personnes et des dégâts évalués à plusieurs milliards de livres.

La position de l’anticyclone des Açores qui est resté loin de l’Europe, au milieu de l’Atlantique, explique cette situation météorologique très contrastée entre le nord et le sud du continent.

Si les climatologues refusent de dire que les événements météorologiques récents sont une conséquence directe du réchauffement, tous s’accordent en revanche pour affirmer que la fréquence des épisodes extrêmes, canicules et pluies diluviennes, va s’accroître.

sources : http://www.lemonde.fr/ / http://www.planete-mag.fr/ / http://www.lefigaro.fr

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