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Hiver 2018-2019

L’Hiver 2018-2019 se profile déjà en terme de météorologie pour tous les passionnés qui se penchent sur les prévisions saisonnières. Une science qui n’est qu’à ces débuts tant elle est compliquée et rarement juste à 100%.

L’hiver dernier notre score se situe dans les 70% de justesse. Pour 2017-2018. L’Hiver a été exceptionnellement pluvieux. L’hiver 2017-2018 s’est caractérisé par les nombreuses perturbations et les fréquents épisodes neigeux. Excédentaire de près 40 % en décembre, la pluviométrie a battu des records en janvier avec un cumul proche du double de la normale, puis a été, en février, légèrement déficitaire.

La température a été contrastée en décembre, exceptionnellement douce en janvier puis très froide en moyenne en février. Ainsi sur la saison, elle a dépassé la normale de 0.6 °C. La saison s’est terminée par un pic de froid du 26 au 28 février remarquable par son caractère tardif. Le 27 février a été la journée la plus froide de l’hiver : le mercure est descendu jusqu’à -10 à -15 °C sur un large quart nord-est et la température moyenne sur la France a été glaciale avec -3.2 °C.

Mais que va t-il se passer pour l’hiver 2018-2019 ?

Actuellement, le QBO est en phase d’est, phase très négative. Des chiffes sont transmis par la NOAA ici. Il devrait très probablement passer en phase positive pendant cet hiver. Cette phase négative actuelle devrait avoir un impact fort sur la circulation Brewer Dobson et déstabiliser le vortex polaire en fin d’automne météorologique (novembre) et début d’hiver (décembre). Mais ceci ne devrait pas perdurer sur la fin décembre, et les mois de janvier et février. 

L’Enso : Actuellement, l’ENSO est en phase neutre à positif. Et d’ici la fin de l’année, nous aurions très probablement un faible el nino dans le pacifique. Il passera donc en positif. Ce facteur à lui seul contribue à une influence favorable d’une grande humidité océanique sur l’Europe pour l’Hiver prochain. Une observation des cartes des sst de la NOAA fin aout 2018 montre une nada qui pointe un futur début de El Nino :

La QBO négatif aurait donc un impact favorable fort pour une déstabilisation du vortex polaire en fin d’automne et début d’hiver. 

En fait, toujours dans un contexte d’activité solaire faible, sous des conditions normales d’ENSO+ ( neutre/positif), le futur QBO positif peut conduire à un affaiblissement excessif de la circulation brewer dobson avec pour conséquence un renforcement du vortex polaire. Ceci devrait donc se produire à mesure que l’hiver avancerait sur les mois de janvier à février. Ceci provoquerait un flux d’ouest important sur le reste de l’hiver.

Nous pourrions donc parler d’un hiver précoce ! Nous aurions un début de mois de décembre très humide, avec des flux contrastés de sud et continentaux. La neige serait sur tous les massifs. Belles gelées sur l’Est de la France et probables orages sur la façade ouest. Une grosse humidité en méditerranée est à attendre, voire des épisodes méditerranéen.

Il a été démontré qu’en présence d’une faible activité solaire, les vents stratosphériques équatoriaux du QBO (Oscillation Quasi Bisannuelle) Est sont associés à une exceptionnelle augmentation de la tropopause équatoriale. Ce phénomène produit une forte augmentation de la quantité de vapeur d’eau qui traversent la tropopause équatoriale, ce qui conduit à un refroidissement brusque. Cela provoque un renforcement extraordinaire de la BDC (circulation Brewer dobson) et qui implique un ralentissement ainsi qu’un affaiblissement du VP (vortex polaire) et donc toute la structure du VP. Mais ceci ne devrait pas perdurer sur la deuxième partie de décembre 2018 et les mois de janvier et février 2019. 

Un mois tempétueux : Dès le mois de janvier 2019, nous aurions un mois de transition. Nous passerions ce mois avec un flux d’ouest (zonal) qui apporterait humidité et tempêtes sur la partie nord de la France, et sécheresses sur le sud. 

Sur le mois de janvier, le QBO passerait en positif. La circulation brewer dobson ralentirait. Et en effet, le vortex polaire pourrait donc se renforcer. Nous n’aurions plus de flux nordiques, mais bel et bien un zonal qui se mettrait en place au grand désespoir des « hivernophyles ». Tout ceci reste extrêmement fragile en terme de prévisions. En effet, il y a 2 ans, le QBO s’est comporté d’une façon tout à fait exceptionnel. Du jamais vu depuis l’étude des vents équatoriaux et balayant ainsi toutes les prévisions saisonnières du moment. La cause en serait justement El Nino de l’époque. Ceci restera à surveiller… 

Un mois doux : Le mois de février pourrait être entrecoupé de flux d’ouest, à des flux de sud. Cependant aucun lien statistique significatif ne peut être mis en évidence entre la précocité des premiers frimas et la rigueur de la saison hivernale dans sa globalité. L’enneigement et la froidure sur l’Europe de l’Est, du Nord et en Russie sont, en revanche, plus déterminants. Une invasion véritablement et durablement froide n’est possible en France que par transport des masses d’air de ces secteurs. Ainsi, si les déficits de température devaient perdurer plus à l’Est, une vague de froid du type de celle de février 2012 serait du domaine du possible, alors qu’elle était inenvisageable l’hiver 2011, par manque de réserve. Reste que seules les circulations atmosphériques à grande échelle déterminent la dominante météo d’une période donnée. Les modèles de prévision saisonnière tentent de les anticiper mais avec grande difficulté sous nos latitudes.

Conclusion : Nous aurions donc un hiver froid précoce suivi, d’un hiver tempétueux, doux et humide. 

Tout ceci reste à interprétation, et évoluera au fil des mois qui nous arrivent et selon la variabilité des indices dont nous disposons. Après tout, la météo reste une science tout à fait inexacte… et l’espoir pour les “hivernophyles” sera toujours présent pour cet hiver qui va certainement être très intéressant à suivre. Ceci devrait également ravir les personnes sensibles aux grands froids, car le froid se situerait finalement qu’en début d’hiver… A suivre :

adaptation TDF

sources : http://www.meteofrance.fr/http://www.meteo-paris.com/

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