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Notre monde, notre Terre à l’orée de 8 milliards d’habitants

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Ce 15 novembre 2022, nous serons 8 milliards d’humains sur Terre ! La population mondiale s’apprête à atteindre un nouveau palier record.

Le démographe Thomas Spoorenberg, l’un de ses auteurs, y voit « une bonne nouvelle pour l’humanité. Si elle franchit ce seuil, c’est grâce aux progrès de la médecine, à l’amélioration des conditions d’existence. La longévité continue à progresser, y compris dans les pays les plus développés ». Il y a là une première surprise. Contre toute attente, ni nos habitudes de plus en plus sédentaires, ni l’épidémie d’obésité ou l’exposition aux produits chimiques n’ont encore érodé notre espérance de vie.

La croissance est liée à la transition démographique
La population n’augmentait pas ou que très faiblement jusqu’il y a deux siècles, en raison d’un quasi-équilibre entre les naissances et les décès. De violentes crises de mortalité, au gré des épidémies et des famines, faisaient osciller la durée de vie moyenne entre 20 et 30 ans, en raison notamment d’une très forte mortalité infantile. Il fallait, pour équilibrer cette mortalité, une fécondité moyenne élevée, de l’ordre de 6 enfants par femme. Cet équilibre a été rompu il y a deux siècles dans le monde occidental. Avec l’essor économique, les premiers progrès de l’hygiène et de la médecine, ainsi que la mise en place des grands États modernes, les épidémies et les famines disparaissent progressivement d’Europe et d’Amérique du Nord. La mortalité, notamment infantile, diminue. Les familles étant toujours aussi nombreuses, les naissances excèdent dorénavant les décès et la population s’accroît. Après une ou plusieurs générations, les adultes prennent conscience que la plupart des enfants échappent désormais à la mort. Les enfants deviennent par ailleurs une charge dès lors qu’il faut les envoyer à l’école jusqu’à un âge de plus en plus élevé. Avec la diffusion des idées du siècle des Lumières, qui prônent l’individualisme et la critique des contraintes religieuses, un nouveau comportement se répand à travers l’Europe et l’Amérique du Nord, la limitation volontaire des naissances. Le nombre d’enfants par femme diminue. Mais la mortalité poursuivant sa baisse, les naissances restent supérieures aux décès et la population continue d’augmenter. Ce n’est que dans les générations ultérieures que cette croissance se ralentit progressivement, lorsque le nombre de décès se stabilise et est rejoint par celui des naissances. La « transition démographique », comme on appelle ces changements des conditions de vie et des comportements, est alors terminée. Dans l’équilibre théorique moderne, qui n’a été observé dans aucun pays mais dont les pays sont censés se rapprocher, la fécondité serait proche de deux enfants par femme, la durée de vie moyenne égale ou supérieure à 70 ans. Les naissances égaleraient à peu près les décès.

Cette histoire que les pays aujourd’hui développés ont connue, les autres pays la vivent à leur tour, ce qui explique que leur population soit en pleine expansion et alimente la croissance démographique mondiale.

Les démographes ont été surpris lorsque les enquêtes ont révélé que la fécondité avait commencé à baisser très rapidement dans beaucoup de pays d’Asie et d’Amérique latine dans les années 1960 et 1970. Ils ont dû notamment revoir sensiblement à la baisse leurs projections démographiques pour ces continents, même si cette baisse de fécondité n’entraînait pas une diminution immédiate de la croissance en raison de l’inertie démographique – tant que la population est jeune et compte une proportion importante de jeunes adultes, même si chaque couple a peu d’enfants, le nombre total de naissances reste élevé.

Un des résultats est qu’en 2022 la fécondité mondiale n’est plus que de 2,3 enfants en moyenne par femme, soit inférieure à la moitié de ce qu’elle était en 1950 (5 enfants). Mais la moyenne actuelle de 2,3 enfants recouvre une grande diversité de situations. La fécondité la plus faible est en Corée du Sud (0,9 enfant par femme) et la plus élevée au Niger (6,7 enfants). Dans la plupart des pays ou régions du monde incluant bon nombre de régions du Sud et rassemblant au total les deux tiers de l’humanité, la fécondité se situe désormais au-dessous du seuil de remplacement de 2,1 enfants par femme. C’est le cas en Inde (2,0 enfants par femme), en Iran (1,7), au Brésil (1,6), en Thaïlande (1,3) et en Chine (1,2).

Parmi les régions à (encore) forte fécondité – supérieure à 2,5 enfants par femme –, on trouve presque toute l’Afrique, une partie du Moyen-Orient, et une bande en Asie allant du Kazakhstan au Pakistan en passant par l’Afghanistan. C’est là que l’accroissement de population sera le plus important d’ici la fin du siècle, même si la limitation volontaire des naissances devrait s’y généraliser à terme comme partout ailleurs.

L’avenir de la population mondiale est en grande partie tracé à court terme. Les projections démographiques sont en effet relativement sûres lorsqu’il s’agit d’annoncer l’effectif de la population dans les dix, vingt ou trente prochaines années. La plupart des humains qui vivront alors sont en effet déjà nés, on connaît le nombre de ceux vivant aujourd’hui, et on peut estimer sans trop d’erreurs la proportion d’entre eux qui mourront d’ici là. Concernant les nouveau-nés qui viendront s’ajouter, leur nombre peut également être estimé car les femmes qui mettront au monde des enfants dans les 20 prochaines années sont déjà nées, on connaît leur effectif et on peut faire également une hypothèse sur leur fécondité. Au-delà des trente prochaines années, l’avenir est en revanche plus incertain, sans modèle sur lequel s’appuyer. Celui de la transition démographique, qui a fait ses preuves pour les évolutions des deux derniers siècles, ne nous est plus guère utile à cet horizon lointain.

Si l’on peut dès maintenant réfléchir à l’équilibre à trouver à long terme, l’urgence est au court terme – les prochaines années et décennies. Il est illusoire de penser pouvoir beaucoup agir sur le nombre des humains à cet horizon. S’il augmente, c’est à un rythme décélérant de lui-même, les femmes et les hommes ayant fait le choix d’avoir peu d’enfants tout en leur assurant une vie longue et de qualité. L’humanité n’échappera cependant pas à un surcroît de 2 milliards d’habitants d’ici trente ans, en raison de l’inertie démographique que nul ne peut empêcher. Il est possible d’agir en revanche sur les modes de vie, et ceci sans attendre, afin de les rendre plus respectueux de l’environnement et de la biodiversité et plus économes en ressources. La vraie question, celle dont dépend la survie de l’espèce humaine à terme, est finalement moins celle du nombre de humains que celle de leur mode de vie.

Le nombre d’individus peuplant la planète n’en demeure pas moins considérable. Faut-il alors craindre une surpopulation fatale ? Selon Futura-Sciences, qui cite l’institut WorldWatch, la Terre dispose, en théorie, de 1,9 hectare de terre pour subvenir aux besoins alimentaires, vestimentaires, de logement et de traitement des déchets pour un habitant. Or, la moyenne mondiale se situerait aujourd’hui aux alentours de 2,3 hectares et jusqu’à… 9,7 pour un Américain moyen. Autant dire qu’à ce rythme, l’être humain court à sa perte s’il ne change pas ses habitudes. Théoriquement, la Terre pourrait supporter plus de 10 milliards d’individus mais à la condition que chacun possède un mode de consommation identique.

sources : https://www.nouvelobs.com/ / https://www.ined.fr/ / https://www.demotivateur.fr/

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