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Hiver 2019-2020

Et nous voici donc projetés dans le nouvel automne météorologique. Pour ce qui concerne notre futur hiver 2019-2020, les prévisions saisonnières habituelles se profilent déjà.

Les prévisions saisonnières de l’hiver dernier ont été justes à hauteur de 90%. Un record !

La température a été en moyenne plus de 2 °C au-dessus de la normale* en décembre et en février. Malgré quelques périodes très fraîches notamment en janvier, la France n’a pas connu de réel pic de froid durant cet hiver. Par ailleurs, la saison s’est achevée avec des températures maximales exceptionnellement élevées à partir de mi-février, en moyenne 5 à 10 °C au-dessus de la normale et dépassant souvent 20 °C dans le Sud-Ouest. La température moyenne de 6.7 °C sur la France et sur la saison a été supérieure à la normale de 1.3 °C.

Les passages perturbés, moins fréquents qu’à l’ordinaire sur le nord-ouest de l’Hexagone, ont été quasi absents sur les régions méditerranéennes avec moins de 20 jours de pluie sur l’ensemble de la saison. La pluviométrie, proche de la normale le long des frontières du Nord, ainsi que sur le Sud-Ouest et le nord des Alpes, a été déficitaire sur le reste du pays. Le déficit a souvent dépassé 30 % du Centre-Val de Loire à l’Auvergne et en Corse et 50 % sur le sud du Massif central et le pourtour méditerranéen. En janvier, la France a connu deux épisodes de neige en plaine et des chutes de neige abondantes sur les Pyrénées à la fin du mois. En moyenne sur la France, la pluviométrie a été déficitaire de plus de 10 %.

L’Hiver 2019-2020

Mais voyons ce qui va se dérouler dans les mois hivernaux qui nous concernent.

La situation devrait être extrêmement différente pour ce futur hiver.

Actuellement, le QBO est en phase d’ouest, phase très positive. Des chiffres sont transmis par la NOAA ici. Il devrait très probablement passer en phase négative pendant cet hiver. Certainement au mois de décembre 2019 ! Cette future phase négative devrait avoir un impact sur la circulation Brewer Dobson et ainsi déstabiliser le vortex polaire.

L’ENSO est l’un des phénomènes climatiques les plus importants de la planète en raison de sa capacité à modifier la circulation atmosphérique globale, laquelle, à son tour, influe sur la température et les précipitations dans le monde entier. Nous nous concentrons également sur l’ENSO car nous pouvons souvent prévoir son arrivée plusieurs saisons avant ses impacts les plus importants sur la météo et le climat.

El Niño et La Niña sont les phases extrêmes du cycle ENSO; entre ces deux phases se trouve une troisième phase appelée ENSO-neutre. Le bureau météorologique japonais a annoncé début aout 2019 qu’il y avait 60% de chances qu’il n’y ait pas El Nino ou de Nina d’ici cet hiver dans l’hémisphère nord.

L’Agence météorologique japonaise a déclaré que la température de la surface de l’eau dans l’océan avait été élevée, mais qu’elle ne voyait aucun signe de phénomène météorologique de El Nino ou de La Nina, et que les températures chuteraient probablement vers le nord dès l’automne.

Donc la situation de l’Enso devrait être neutre à négatif cet hiver en suivant le graphique suivant :

Dans un contexte d’activité solaire extrêmement faible, sous des conditions normales d’ENSO (neutre/négatif), le futur QBO négatif peut conduire à un renforcement progressif et excessif de la circulation brewer-dobson pendant l’hiver. Ceci a pour conséquence une déstabilisation importante du vortex polaire et le mois de février ne serait pas épargné. 

Situation n°7 du graphique qui suit :

Ainsi, après un automne qui va rester calme à chaud sur les mois de septembre et frais sur octobre. Un mois mitigé devrait se faire sentir sur novembre.

Puis tous les indices montrent que nous aurions une météo continentale à nordique faisant place sur le mois de décembre. La Noa et l’Ao, ces oscillations atlantiques et arctiques devraient être négatives. 

Si le jet stream continue sur ses anomalies constatées depuis plusieurs mois, nous aurions toujours de forts conflits de masses d’air nord-est et sud-ouest apportant de fortes quantités de neige dans ce mois de décembre sur les massifs. Les plaines ne seraient pas épargnées sur l’Est de la France. L’ouest pourrait connaitre le développement d’orages. Le sud serait copieusement arrosé.

Sur le mois de janvier, la situation hivernale devrait se généraliser. Un flux continental devrait perdurer sur le mois, il serait beaucoup plus ressenti sur les massifs et le nord de la France. L’ouest et le sud-est devrait tout de même connaitre comme le reste de la France des ressentis de températures en dessous des normes saisonnières. La formation d’une dépression dès le mois de novembre sur le golfe de Gènes aiderait à de fortes chutes de neige sur les massifs et fortes précipitations sur le sud-est. Nous aurions un flux Moscou Paris apportant un vrai hiver digne de ce nom entre des températures en dessous des normes saisonnières et chutes de neiges fréquentes. Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes sur l’Europe de l’Ouest et tout ceci reste relatif. En effet, même si nous connaissons probablement des vagues de froid, nous aurions des accalmies de certaines « douceurs ».

L’Enso devrait rester neutre. Ceci serait favorable (avec une QBO négative et une activité solaire faible) à un mois de février qui continuerait un hiver en dessous des normes saisonnières.

Si la Nina devait faire son retour et sous son effet, la pression atmosphérique s’accroît, et l’indice NAO devient positif. L’anticyclone des Açores est alors renforcé et la dépression d’Islande est accrue. Il en résulte une augmentation de la température. Cependant un anti-cyclone basé sur l’Europe de l’Ouest apporte une certaine froideur et aucune précipitation. Mais c’est bien le contraire qui se dessine.

Donc si c’est bien une NAO négative et une AO négative qui se poursuivent, ce qui semble se profiler selon les indices disponibles au mois d’août 2019, nous aurions alors un hiver digne de ce nom. Il marquerait enfin la fin des hivers « doux » que nous avons connu depuis plusieurs années. Février marquerait un mois très en dessous des normes saisonnières et resterait neigeux sur l’ensemble des massifs.

Conclusion : Nous aurions donc un hiver très intéressant pour les « hivernophiles », un hiver avec un flux continental et neige. Il sera utile de prendre des précautions pour les personnes défavorisées et les personnes sans domicile fixe. La situation pourrait être très difficile également pour les infrastructures. 

Tout ceci reste à interprétation, et évoluera au fil des mois qui nous arrivent et selon la variabilité des indices dont nous disposons. Après tout, la météo reste une science tout à fait inexacte… 

Adaptation Terra Projects – La Terre du Futur

sources : http://www.meteofrance.fr/ / https://www.weather.gov/ https://www.euronews.com/ / http://www.alertes-meteo.com/ / regiscrepetmeteo

 

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