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Climat et activité solaire : Le soleil nous refroidit !

« Les hivers froids en Europe sont-ils associés à une faible activité solaire ?  »
Tel est le titre d’un article récent qui vient de paraître, sous la signature d’auteurs plutôt inattendus, dans Environnemental Research Letters qui est une publication de l’IOP (L’institute of Physics UK) revue par les pairs. Cet article accessible à tous (ce sont les institutions des auteurs qui payent pour publier ; à l’inverse de ce qui se pratique habituellement), porte la référence suivante : Environ. Res. Lett. 5, (2010) 024001.

Je ne vous fais pas attendre : La réponse, est « Oui, les hivers froids sont associés à une faible activité solaire », selon les auteurs de cette publication. En soi, la réponse à cette question n’a rien n’inattendu pour ceux qui ont déjà ouvert des livres d’histoire et qui savent que le minimum d’activité solaire de Maunder ou encore, celui de Dalton, ont été caractérisés par des périodes de grande froidure, au moins dans les pays où l’on trouve des archives détaillées, c’est à dire, essentiellement, en Europe.

Pour illustrer cette affirmation, je reproduis le graphe du billet précédent qui donne la superposition des courbes de températures (reconstruction de Moberg prolongée par les mesures de températures récentes) et du forçage solaire, donné par N. Scafetta (voir article précédent). On y distingue très bien les minima de températures observées de 1650 à 1730 (minimum de Maunder, quasi disparition des taches solaires) et dans les années 1800-1830 (Minimum de Dalton : activité solaire très réduite).

Les auteurs de l’article que nous évoquons ici sont :

M Lockwood, R G Harrison, T Woollings and S K Solanki.

Mike Lockwood, Regis G Harrison et T Woollings font partie du Space Environment Physics Group, Department of Meteorology, Université de Reading (Royaume Uni)
Samir Solanki est un chercheur allemand spécialiste du soleil au sein de l’Institut Max Planck en Allemagne.

A l’exception de T Woolings (de Reading) , les lecteurs attentifs reconnaîtront trois chercheurs que nous avons déjà mentionnés dans les pages de ce site. Il s’agit de Mike Lockwood, de Regis Harrison et de Samir Solanki.

Article émis : L’activité solaire, durant le minimum éruptif actuel, a atteint les niveaux les plus faibles depuis le début du 20ème siècle. Le minimum de Maunder (vers 1650-1700) fut une période de longue durée de faible activité solaire qui a coïncidé avec des hivers plus sévères au Royaume Uni et en Europe continentale. Motivés par les récents hivers relativement froids au Royaume Uni, nous étudions leur possible connexion avec l’activité solaire. Nous identifions des hivers régionalement anormalement froids en décomposant les tendances des enregistrements du « Central England Temperatures » (CET) » (NDT : Le centre qui collecte les températures du Royaume Uni depuis 1659. Il est, affirment les auteurs, le plus ancien au monde. Ces données locales ne couvrent qu’une zone de l’ordre de 300km au carré) à partir des reconstructions de la température moyenne de l’hémisphère Nord. Nous montrons que les interventions des hivers froids par rapport à la tendance hémisphérique se produisent plus fréquemment au Royaume Uni pendant les périodes de faible activité solaire, ce qui est cohérent avec l’influence solaire sur l’occurrence d’événements de blocages persistants dans l’Atlantique Est. Nous insistons sur le fait qu’il s’agit d’événements régionaux et d’effets saisonniers en relation avec les hivers Européens et non d’un effet global. L’activité solaire moyenne a décliné rapidement depuis 1985 et les isotopes cosmogéniques suggèrent qu’il existe 8% de chance que nous retournions vers un minimum de Maunder dans les cinquante prochaines années (Lockwood 2010, Proc. R. Soc. A 466 303-29) ; Les résultats présentés ici indiquent que, malgré un réchauffement de l’hémisphère, le Royaume Uni et l’Europe pourraient subir plus d’hivers froids que durant les dernières décennies. »

« Ces résultats apportent des éléments de preuve qu’un forçage solaire relativement faible peut jouer un rôle significatif dans le changement climatique hivernal, à l’échelle du siècle, dans l’hémisphère Nord. Ceci suggère que les températures hivernales plus froides sur les continents de l’hémisphère Nord pendant des portions du 15ème au 17ème siècles (quelquefois appelé le Petit Age Glaciaire) et les températures plus chaudes du 12ème au 14ème siècle (le supposé Optimum Médiéval) peuvent avoir été influencés par les variations du soleil » (NDT : Les auteurs ne semblent pas savoir que l’OM se situe plutôt autour de l’an mil et que le Petit Age Glaciaire s’est prolongé bien au delà du 17ème siècle) . »
La conclusion de cet article de Science est plutôt étonnante quand on sait que les auteurs ne sont autres que des chercheurs bien connus du GISS de la NASA (D. T. Shindel, Gavin A. Schmidt) assistés du célèbre Michael Mann de l’UVA (Université de Virginie, à l’époque), l’inventeur de la crosse de hockey qui effaçait aussi bien l’Optimum Médiéval que le Petit Age Glaciaire. Mike Mann doit certainement être l’auteur de la petite phrase « the putative Medieval Warm Period ».

Hiver – 2009-2010

« Un certain nombre de mécanismes (NDT : pour expliquer que le hivers froids en Europe sont associés avec une faible activité solaire). Par exemple un accroissement du refroidissement dû à l’augmentation des nuages maritimes peut-être le résultat de l’augmentation du flux cosmique [25]…

NDT : Nul n’ignore qu’il s’agit là de la théorie pressentie par Wilson en 1927 (L’inventeur de la chambre à bulles) et défendue depuis plus de dix ans par Henrik Svensmark et Nir Shaviv (entre autres) et sur laquelle repose l’expérience CLOUD actuellement en cours au CERN de Genève.
Pourtant, l’article de Lockwood et al ne cite aucun des travaux de ces chercheurs qui ne sont donc jamais mentionnés. La référence [25] est celle d’un coauteur de l’article de Lockwood et al, Regis Harrison de l’Université de Reading qui n’a guère soutenu cette théorie et qui n’a fait qu’en observer les effets au dessus de l’Angleterre. Cette auto-citation est plutôt étonnante et reflète, sans aucun doute, un certain parti-pris à l’encontre des travaux de Svensmark, ce qui n’est pas très scientifique. On n’évite pas de citer les travaux d’un collègue manifestement en pointe dans un domaine parce qu’on n’est pas d’accord avec lui. D’ailleurs et plutôt que de creuser le sujet plus avant à la lumière des travaux publiés par Svensmark et al, cette hypothèse est immédiatement abandonnée au profit d’une autre qui avait déjà les faveurs de l’article de Science (2001)et qui provient des collègues et amis des auteurs, cité plus haut.

Lockwood et al nous expliquent ensuite ce qui est très connu dans le petit monde de la météorologie et qui est relatif aux indices AO/NAO (Arctic oscillation/North Atlantic Oscillation). J’en ai donné une brève description dans la page ../indicateurs. Voici, ci-dessous, deux images qui permettent de comprendre comment une inversion des pressions barométriques entre la zone des Açores au sud et le Nord de l’Islande peuvent conduire, en hiver, à une entrée d’air froid dans l’hémisphère nord (et pas seulement en UK ou en Europe) :

En situation normale (image de droite) (fréquente en été et au printemps), la zone des Açores est plutôt anticyclonique, tandis que celle du Nord de L’Islande subit des basses pressions (zone cylonique). Dans cette situation, le Jet Stream habituel s’écoule d’Ouest en Est ce qui a pour résultat d’apporter sur les continents de l’hémisphère Nord, de l’air doux, provoquant une hausse de température. Dans ce cas l’indice AO/NAO est positif.

En situation inversée, (image de gauche, comme cela s’est produit fréquemment durant l’hiver dernier), la zone des Açores est en dépression et la zone Islandaise en surpression. Ceci a pour conséquence de perturber gravement l’écoulement du Jet Stream qui laisse alors pénétrer des flux d’air polaire froid dans la plus grande partie de l’hémisphère Nord et non pas seulement sur l’Angleterre et l’Europe. Dans ce cas l’indice AO/NAO est négatif

L’hypothèse défendue par Lockwood et ses coauteurs, serait que l’activité solaire serait directement responsable de la modificiation du Jet Stream (via l’action des UV sur la stratosphère) tel qu’elle est représenté sur l’image de gauche. A l’appui de leurs affirmations, Lockwood et al citent un certain nombre d’observations annexes mais dont l’ensemble ne constitue pas ce que l’on appelle une théorie. Rien n’est quantifié, ou théorisé.. Ce ne sont, pour l’instant, guère plus que des explications plausibles.

Source et Résumé : http://www.pensee-unique.fr

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