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Anomalies en Question

Texte écrit et transmis par

Jean-Seb :

Je poursuis mes réflexions et recherche sur les questions d’anomalies de températures que je prends d’autant plus au sérieux qu’elles me semblent devenir récurrentes.

C’est sûr que les anomalies de température, très élevées au nord des pôles de manière récurrente, et souvent faiblement à fortement négatives dans des régions limitrophes et notamment sur les côtes du sud ne sont pas des parenthèses de quelques jours ou semaines. Elles deviennent une règle de plus en plus régulière.

Cela signifie sans doute que des systèmes d’anomalie permanente semblent se mettre en place.

Pourquoi ? Peut être que la fonte accélérée des glaces, du permafrost, l’avancée de glaciers perturbent désormais de manière significative la température des océans, avec des endroits très chauds et d’autres très froids.

Ce manque de régulation est bien, me semble-t-il un moteur d’instabilité et de problèmes possibles, voire probables.

Et nous n’avons encore rien vu. Les années 1990 étaient celles de l’introduction, les années 2000 seront probablement celles de l’apparition de réalités autrement plus lourdes de conséquences. Quant aux décennies suivantes, personne ne peut dire ce qui se passera.

En effet, la fonte des glaces est sur une dynamique qui « surprend » les experts, qui, à chaque fois, « revoient » leurs prévisions. Chaque fois, cela veut dire une ou deux fois par an.

Cela ne veut pas forcément dire qu’il y a moins de glace sur les pôles. En effet, on ne sait pas évaluer ce que le réchauffement produit sur les pôles comme augmentation (importante) des précipitations sous forme de neige.

D’où un cycle assez infernal qui n’a rien de théorique, et dont les déclinaisons sont en partie déjà en cours de réalisation, et dont je doute que les autres ne se réalisent pas « prochainement » :
1° La fonte des glaces, due à l’effet de serre, produit peut être :
A° Sur la température de l’eau : a) Un adoucissement de la température de l’eau à très haute latitude
b) Une baisse de température de l’eau dans les latitudes situées un peu au sud, par le transport de la glaces en cours de fonte vers des zones non gelées
B° Sur la circulation des courants océaniques : une baisse de la salinité pouvant affecter la bonne circulation du gulf stream, ce qui ralentit encore les échanges de chaleur
C° Sur l’effet de serre : UNe augmentation exponentielle des gaz à effet de serre, par libération massive du CO2 et du méthane
D° Sur les hautes latitudes : UNe augmentation des précipitations neigeuses (voir le très bon article de Fred : du givre à gogo), qui produit des glaces, puis de l’eau douce etc…
E° Sur l’albédo :Vous savez que l’albédo consiste pour une surface qui reçoit de l’énergie du soleil à capter tout ou partie de cette énergie. Or, la glace pure renvoit 100 % de l’énergie reçu vers le soleil. SOn albédo est de 1. L’albédo de la mer est proche de … 0 d’après Pérovich, ce qui signifie que toute fonte de glace laissant place à la terre vierge, même temporaire, contribue à augmenter la chaleur au sol… et donc à faire fondre les glaces qui l’entourent, un peu comme la marée qui envahit la plage.

2° La dynamique du système :
Cette dynamique s’autoentretient et surtout s’accélère. Jusqu’au moment où les déséquilibres étant tellement grands, le système lâche, et, dans cette hypothèse, le gulf stream -entre autres- s’arrête. Entre temps, la température moyenne de la terre aura peut être augmenté de 2,3, 4 ou 5°. Celles des hautes latitudes, qui augmente environ 3 à 5 fois plus vite (relevés constatés), aurait augmenté de 6° à… 20°. Pour les sceptiques qui pensent que cela n’est pas possible, je vous renvoie aux relevés des paléo-climatologues sur la période du Dryas, qui ont constaté, précisément avant l’arrêt du gulf stream et la « petite période glaciaire » (NB : dont nous ne remettrions que très difficilement quand même), que la température avait brusquement augmentée aux pôles, parfois jusque’à 26° en « très peu de temps ».

Quelques citations afin de comprendre l’ampleur de la question :

L’Arctique en plein dégel
Elizabeth Kolbert / Courrier international – n° 766 – 7 juil. 2005 (extraits)

La plus grande partie de la masse continentale arctique et près du quart de l’ensemble des terres émergées de l’hémisphère Nord – soit quelque 22 millions de kilomètres carrés – reposent sur un socle de pergélisol (ou permafrost).

…/…

450 milliards de tonnes de carbone emprisonnées dans le permafrost
L’un des dangers de l’élévation des températures, c’est que ce processus d’accumulation commence à s’inverser. Sous certaines conditions, la matière organique figée depuis des millénaires dans la glace se décomposera, dégageant du dioxyde de carbone, voire du méthane, un gaz à effet de serre encore plus redoutable. Dans certaines parties de l’Arctique, ce phénomène est déjà amorcé. En Suède, par exemple, des chercheurs mesurent depuis près de trente-cinq ans les émanations de méthane de la tourbière de Stordalen, aux environs de la ville d’Abisko. Ils ont constaté que, avec le réchauffement du pergélisol, ces émissions de méthane ont augmenté, une augmentation qui atteint jusqu’à 60 % par endroits. La fonte du pergélisol pourrait faire de la couche active un milieu plus accueillant pour les plantes, qui sont des puits de carbone. Mais même cela ne suffirait probablement pas à compenser les émissions de gaz à effet de serre. Personne ne sait exactement quelle quantité de carbone recèle le permafrost de la planète, mais certaines estimations avancent un chiffre allant jusqu’à 450 milliards de tonnes. « C’est un peu comme un mélange prêt à l’emploi : il suffit d’un peu de chaleur pour qu’il prenne », résume Romanovsky. Nous sommes à Deadhorse depuis la veille et nous roulons sous une petite pluie fine incessante pour rejoindre une autre station de suivi météo. « D’après moi, c’est une bombe à retardement, qui n’attend qu’une petite hausse de température pour exploser. »

à l’heure actuelle, l’étendue des glaces de mer pérennes a diminué de près de 1 million de kilomètres carrés.

Le processus n’est plus une théorie fumeuse, il est enclenché, et il est difficile de dire à quel point il peut être redoutable.

Car les conséquences sont extrêmement difficiles à imaginer. SPontanément, on peut penser que le réchauffement va être linéaire et très important. C’est le discours officiel, déjà si peu entendu.

Mais en réalité, il est très difficile de faire des hypothèses certaines.
Car en effet, on remarque que :

1° LE sujet des glaces « saisonnières » et de la relation entre l’eau de mer, et l’eau douce va devenir central dans le problème du taux de salinité en Atlantique nord. En effet, d’après les chercheurs cités dans cet article (à lire absolument) et en particulier Romanovsky, « Pour le néophyte, toutes les glaces de mer se ressemblent, mais il suffit d’en sucer un bout pour déterminer assez précisément s’il s’agit de glace jeune ou de vieille glace. En effet, quand l’eau de mer gèle, elle perd de sa salinité en expulsant le sel, qui n’a pas sa place dans la structure cristalline. A mesure que la glace s’épaissit, le sel rejeté s’accumule dans de petites poches de saumure trop concentrée pour geler. Ainsi, une glace qui ne flotte que depuis un an aura un goût salé. Mais, si la glace se maintient à l’état solide, ces poches de saumure migrent vers le bas, plus froid, et la glace est de plus en plus douce. ».
Cela signifie que l’augmentation très importante des glaces saisonnières, due à la fonte des glaces estivales, elles mêmes développées par l’augmentation des précitipitations sous forme de neige, risque de faire baisser de plus en plus vite le taux de salinité. A titre d’exemple, l’étendue des glaces pérennes à diminué de 20 % en 25 ans, soit 1 million de k2 (2 fois la France), dans le grand nord. Cela signifie que le taux de salinité à venir risque de connaître des accidents non négligeables. Car nous savons que ces phénomènes ont une certaine latence, sans doute quelques mois ou années pour être totalement intégrés.

2° Le « combat » du froid contre le chaud. Spontanément, on se dit que le chaud l’emporte. Or, les chercheurs les plus avertis sont perplexes, et ont du mal à comprendre. En effet, à titre d’exemple, « L’immense inlandsis des Laurentides, qui s’étirait sur quelque 13 millions de kilomètres carrés, s’est formé à la faveur de rétroactions plus ou moins semblables à celles que l’on observe actuellement dans l’Arctique, mais opérant en sens inverse ». Cela veut dire que, contrairement à ce que l’on pourrait spontanément croire, le réchauffement a produit ensuite la formation de glaces suffisamment pour renverser la tendance, et provoquer ensuite une période glaciaire.

3° Les événements violents sont ils possibles ? Ils l’ont déjà été. Sans développer les arguments de Vélinosky dont les opposants sont parfois virulents, Pérovich ne comprend pas comment et pourquoi se sont formé alors « d’énormes masses de glace comme l’inlandsis des Laurentides, qui a arraché le bloc erratique de Madison ».

En conclusion, constatant que d’une part :
« Les chercheurs qui les ont étudiées en ont conclu que pas moins de 50 % des écarts thermiques entre les périodes froides et les périodes chaudes peuvent être attribués aux modifications des concentrations des gaz à effet de serre dans l’atmosphère »
et d’autre part que :
« Ces carottages indiquent également que les niveaux de dioxyde de carbone atteignent aujourd’hui des valeurs beaucoup plus élevées qu’elles ne l’ont jamais été au cours des derniers 420 000 ans »,

Je crois que le calendrier infernal s’accélère encore. Il nous prend de court, mais doit nous rendre encore plus clairvoyant et lucide sur notre avenir. Et dans ce cadre, le site de la Terre du Futur joue un rôle utile et indispensable.

Jean-Séb

Extraits tirés en particulier des conclusions de l’Evaluation de l’impact sur le climat de l’Arctique (ACIA).Publiée le 8 novembre 2004, cette étude internationale a été réalisée par 250 chercheurs, à l’initiative du Comité arctique international de la science (IASC, www.acia.uaf.edu) et des huit pays du Conseil de l’Arctique (Canada, Danemark, Etats-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Russie, Suède).

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