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Stan ou une saison hors norme

La tempête tropicale Stan a frappé la côte de la péninsule du Yucatan, au Mexique, tôt dimanche matin, entraînant dans son sillage d’importantes accumulations de pluies et des vents violents dépassants les 70 km/h.

Les prévisionnistes du Centre américain des ouragans ont fait savoir samedi qu’une autre dépression tropicale majeure était en formation dans l’extrême est de l’océan Atlantique.

Avec 19 dépressions déjà enregistrées, la saison actuelle est la quatrième la plus active depuis le début de l’enregistrement des données en 1851.

Le bilan des énormes coulées de boue, des inondations et des pluies torrentielles provoquées par l’ouragan Stan continue de s’alourdir.

Au moins 160 personnes ont péri en Amérique centrale et dans le sud du Mexique, selon les services de secours locaux.

Au total, 79 personnes sont mortes au Guatemala, 62 au Salvador, 11 au Nicaragua et 8 dans le sud-est du Mexique, après les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région depuis samedi dernier.

Le bilan devrait encore s’alourdir car les portés disparus sont nombreux et les pluies n’avaient pas cessé mercredi, notamment au Guatemala, au Salvador et au Mexique.

Dans l’isthme centraméricain, après des glissements de terrain et des inondations, des dizaines de milliers d’habitants ont dû être évacués de leur maison, dont les plus fragiles ont été emportées par les cours d’eau en crue.

La tempête tropicale Stan a d’abord été ressentie au Salvador, au Guatemala et au Nicaragua. Stan, brièvement classé mardi cyclone de catégorie 1 sur l’échelle Saffir-Simpson (qui en compte 5), a ensuite touché le Mexique mardi. La tempête s’est ensuite affaiblie en se heurtant au relief accidenté.

Les victimes ont été ensevelies par des torrents de boue, se sont noyées ou se sont retrouvées prisonnières dans les décombres de leur maison. Mercredi, de nombreuses routes demeuraient coupées, des rivières étaient en crue et les inondations se multipliaient.

Le bilan au Guatemala a subitement augmenté mercredi, passant de 4 à 61 victimes et 106 blessés. La Coordination nationale pour les catastrophes naturelles a compté 26 169 sinistrés et 12 076 personnes déplacées et hébergées dans des centres d’hébergement d’urgence.

Le gouvernement guatémaltèque a demandé aux Etats-Unis de mettre à disposition des secours des hélicoptères pour évacuer les sinistrés de zones inaccessibles.

«Des milliers de Guatémaltèques vivent un véritable cauchemar, les inondations ont détruit leurs récoltes et leurs logements», a déclaré le président Oscar Berger.

L’ouragan s’est abattu sur l’Etat de Veracruz et sème le chaos dans la ville du même nom. Conséquences : l’état d’urgence a été déclaré. 15 000 personnes ont été évacuées et le port est fermé à la navigation. L’ouragan, rétrogradé en tempête tropicale, déplace des vents à 130 km/heure et soulève des vagues de 4 mètres. Dans l’Etat montagneux du Chiapas, deux personnes ont été tuées et 10 000 autres évacuées. Les pluies diluviennes provoquent des torrents de boue et menacent les habitations.

Quelques statistiques des ouragans qui ont pu frapper l’Atlantique :

L’ouragan qui a duré le plus longtemps (dans l’Atlantique) :
l’ouragan Ginger (1971), qui a duré 28 jours.

Les 10 ouragans les plus mortels enregistrés dans l’histoire des ouragans de l’Atlantique :

  • 22 000 morts : octobre 1780 – la Barbade, la Martinique, St. Eustache
  • 12 000 morts : septembre 1900 – Galveston (Texas)
  • 10 000 morts : octobre 1988 – Honduras (Nicaragua) (Ouragan Mitch)
  • 8 000 à 10 000 morts : septembre 1974 – Honduras (ouragan Fifi)
  • 8 000 morts : septembre 1930 – Saint Domingue
  • 8 000 morts : septembre-octobre 1963 – Haïti (ouragan Flora)
  • 4 000 morts : septembre 1775 – au sud de Terre-Neuve
  • 3 370 morts : septembre 1928 – Lac Okeechobee, Porto Rico, Guadeloupe
  • 3 369 morts : août 1899 – Porto Rico
  • 3 000 morts : juin 1934 – El Salvador, Honduras

Les 5 ouragans de l’Atlantique les plus intenses

  1. Ouragan Gilbert (1988)
    • basse pression de 888 millibars, vents puissants de 299 kilomètres à l’heure
  2. Ouragan Mitch (1998)
    • basse pression de 906 millibars, vents puissants de 287 kilomètres à l’heure
  3. Ouragan Hugo (1989)
    • basse pression de 918 millibars, vents puissants de 260 kilomètres à l’heure
  4. Ouragan Andrew (1992)
    • basse pression de 922 millibars, vents puissants de 250 kilomètres à l’heure
  5. Ouragan Camille (1969)
    • · basse pression de 964 millibars, vents puissants estimés à 320 kilomètres à l’heure

La hausse des températures à l’échelle de la planète va-t-elle produire des ouragans de plus en plus violents ? L’ouragan Katrina qui a ravagé la Louisiane a remis cette question au premier plan. D’après une étude publiée aujourd’hui dans la revue Science la force des ouragans a augmenté au cours des 35 dernières années, au moment où la température augmentait à la surface des océans.

Logiquement, une hausse des températures à la surface des océans devrait accroître le nombre et l’intensité de ces cyclones. L’équipe de Peter Webster (Institute of Technology, Atlanta) a compilé les données de 35 ans de tempêtes tropicales à travers le globe. Ces chercheurs ont constaté que le nombre de tempêtes de catégorie 4 et 5 avait presque doublé en 35 ans : elles représentaient 20% des ouragans dans les années 70 contre 35% ces dix dernières années.

Ces résultats accréditent l’hypothèse d’un lien entre réchauffement climatique et intensification des tempêtes tropicales, mais la nature de ce lien est complexe, avertissent les chercheurs. Par exemple, il est difficile d’expliquer pourquoi le nombre total d’ouragans a diminué au cours des 10 dernières années, au moment où la hausse des températures des océans est la plus forte.

Pour parvenir à de réelles conclusions, il faudrait des statistiques sur une plus longue période, explique Webster, ainsi qu’une meilleure connaissance du rôle joué par les ouragans dans les échanges de température entre les océans et l’atmosphère. 

Le nombre d’ouragans beaucoup plus puissants est donc significatif, Katrina va probablement vitre entrer dans les ouragans les plus puissants dès que les statistiques seront mises à jour. Son envergure, sa puissance, ses trombes d’eau, ses dégats, son cout, et ses victimes en font dore et déjà un ouragan à part. Et cette année ? Cette année risque de battre le record du nombre d’ouragans. La fin cyclonique n’étant annoncée que pour début novembre, il nous reste encore 1 mois. A ce jour 19 dépressions ont été enregistrées. Va t-on battre des tristes records ?

sources : http://radio-canada.ca/nouvelles/International/nouvelles/200510/02/002-stan-yucatan-dim.shtml / http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=6141145&cKey=1128547450000 / http://www.euronews.net/create_html.php?page=detail_info&article=312244&lng=2 /http://www.atl.ec.gc.ca/weather/hurricane/hurricanes8_f.html#tendeadliest / http://sciences.nouvelobs.com/sci_20050915.OBS9332.html

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