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Gattaca, un monde de gènes

« Jusqu’à présent, nous pensions que le futur se trouvait dans les étoiles. Aujourd’hui nous savons qu’il est dans nos gènes », James Watson, Prix Nobel de Biologie.

Cette citation résume le propos de Bienvenue à Gattaca, premier long métrage et premier chef d’oeuvre de Andrew Niccol, un jeune réalisateur néo-zélandais. L’intrigue se déroule dans un futur proche, plus proche qu’on ne le pense, où la sélection génétique est devenue une pratique courante.

Dès la naissance, on attribue de nombreuses défauts physiologiques comme une forte possibilité de myopie, et surtout de defficiance cardiaque et dont on estime sa durée de vie à une trentaine d’années. Face à ce coup du destin, les parents décideront de concevoir leur deuxième enfant par insémination artificielle et donc avec une selection génétique qui est censé éliminer les tares génétiques comme la myopie, la calvitie, les problèmes cardiaques, la prédisposition à la violence (d’après Niccol pour cette tare!).

Nous avons affaire à une société qui privilégie les personnes génétiquement supérieurs pour les tâches de haut niveau. L’univers de Gattaca est froid et vide, les formes sont géométriques, un teint sépia enveloppe le film, les couleurs semble délavées de vie, bref l’atmosphère est très soignée et nous plonge dans cette société sans vie. L’avancée technologie est plutot en retrait, on aperçoit à peine des voitures électrique au look des voitures des années 60, ce qui donne un cachet intemporel à l’histoire, les controles génétiques se font sur une simple analyse d’urine ou de sang, tout est fait pour que le film nous semble plausible voire même extremement proche de notre réalité.

Il est également intéressant de noter les nombreuses références scientifiques et etymologiques du film: Gattaca qui est formé des lettres G T A C que les biologistes connaissent bien puisque ce sont les 4 bases phosphorées de l’ADN (Guanine, Tyrosine, Adénine, Cytosine), d’ailleurs ces lettres sont en gras sur le noms et prénoms affichés durant le générique en VO. De même Freeman désigne l’homme libre, Vincent se libère de ses contraintes physiques pour s’accomplir soi-même, tandis que Eugène (Jérôme Morrow) vient de eugenisme qui vise à améliorer le patrimoine génétique de l’homme. Il y a également l’escalier en forme de colimaçon de l’appartement de Vincent et Jérome qu rappelle bien sur la double hélice de l’ADN.

De la science fiction, de la réalité, à la politique :

Après un monde où nous vivons dans des différences sociales économiques, un monde de différences génétiques pourrait subvenir dans notre futur.

Le sujet de l’introduction de tests ADN pour n’importe quel problème de la société est le premier pas qu’il faut surveiller. Tout comme la poudre qui permet de faire des feux d’artifice, de construire des routes et de fabriquer des armes, la génétique est une boîte de Pandore dont la très grande majorité des citoyens n’a pas même idée de ce qu’elle peut contenir.
L’encadrement éthique de tout ce qui a rapport au patrimoine génétique nécessite du temps, beaucoup de temps, de réflexion, de débats, de mise en perspective et de pédagogie. extrait
Cedric Augustin

Dans ce monde, un jour où l’autre cela deviendra une réalité, quoiqu’il arrive. Ces propos même sortis d’un scientifique japonais qui a créé une chimère d’un mulot et d’une souris, pourrait créer une nouvelle société d’êtres humains différents.

Certaines synesthésies pourraient être manipulées génétiquement pour être ajoutées dans des enfants pré fabriqués. Ainsi de super humains pourraient voir le jour. Certaines personnes ont des dons inés dans notre monde actuel, certains pensent déjà les reproduire génétiquement.

Les classes sociales sont l’enjeu d’une bataille idéologique qui fait rage depuis bientôt trois siècles, qui n’est pas près de s’éteindre et qui se livre dans la plus extrême confusion, sur tous les fronts à la fois. La société n’est pas une création d’hommes qui se seraient associés pour la fonder; elle n’est pas davantage l’addition hasardeuse d’une population là présente. Elle est un objet, de forme variable, mais toujours-déja-donné dans l’une de ses formes et qui, comme tel, s’impose aux hommes éphémères qui la peuplent. Les classes sociales ne sont pas des collections d’individus définissables par les particularités distinctives qu’ils présenteraient à l’observation. Ce sont des formes d’existence de l’objet social, des effets de sa structure, des systèmes de relations conflictuelles où les hommes vivant en société, se trouvent rangés, qu’ils le veuillent ou non. Bref, la société classe les hommes.

Dans notre futur, la société pourrait donc agrandir et créer un trou béant dans notre propre civilisation, dans notre propre espèce. Nous sommes tous responsables pour que cela n’arrive jamais.

sources : http://www.nonoland.free.fr/ / http://www.cedric-augustin.eu / http://www.macrosociologie.com/

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