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Eté 2005 : la pénurie et l’accident nucléaire menacent…

Après la canicule 2003, un second avertissement se profile pour le parc nucléaire français. L’assèchement du pays étant bien plus prononcé qu’en 2003, la situation risque fort d’être pire au cours de la sécheresse 2005.
La fameuse canicule 2003 a fait s’évanouir le mythe de la fiabilité du nucléaire français : des réacteurs nucléaires ont été arrosés, d’autres ont dû fonctionner à bas régime ou même être arrêtés.
La « France nucléaire » n’a évité la pénurie d’électricité qu’avec des importations massives, alors que le prix du kWh montait en flèche.
Les règles de protection de l’environnement et de la santé des populations ont été bafouées impunément.
Vers où allons nous en 2005 ?

D’abord, que s’est il passé en 2003 ?

La canicule de l’été 2003 a démontré la faillite du système nucléaire : non seulement les 58 réacteurs français n’empêchent pas le réchauffement climatique, mais c’est au contraire ce dernier qui s’attaque aux centrales nucléaires :
EDF a tenté une curieuse et inquiétante expérience d’arrosage de réacteur nucléaire à la centrale de Fessenheim en Alsace. A en croire l’exploitant, il s’agissait là d’une expérimentation, bien entendu parfaitement indépendante de toute contrainte de température ou de canicule, juste pour faire avancer la connaissance, pour savoir ce qui se passerait dans un bâtiment si on l’arrosait. Plus de deux cent mille litres d’eau pour gagner un tiers de degré, voilà un beau succès pour notre industrie nucléaire !
Des réacteurs nucléaires ont dû fonctionner à bas régime ou même être arrêtés. La France, supposée « royaume de l’électricité », n’a évité la pénurie qu’avec des importations massives d’électricité alors que le prix du kWh montait en flèche.
Les règles de protection de l’environnement et de la santé des populations ont été bafouées impunément. Ces graves infractions ont été « couvertes » par un arrêté interministériel à partir du 12 août 2003.
« dérogations permanentes » accordées par le gouvernement à EDF pour trois centrales nucléaires : Bugey (Ain), Tricastin(Drôme) et Golfech (Tarn-et Garonne) sont autorisées à rejeter massivement de l’eau plus chaude que les limites légales, pourtant déjà laxistes.
Autorisations de « chlorations massives » pour cinq centrales nucléaires : Nogent (Aube), Bugey(Ain), Chooz (Ardennes), Golfech (Tarn-et-Garonne) et Dampierre (Loiret).  Cette chloration a pour but de limiter la prolifération d’amibes qui prolifèrent du fait des rejets d’eau chaude des centrales nucléaires et mettent en grave danger les populations (baignades, eau potable).Or la chloration massive est elle aussi très néfaste pour l’environnement et la santé.
Aucun organisme indépendant n’a pu étudier les conséquences des dérogations accordées durant la canicule 2003. Le « comité de suivi » mis en place par le gouvernement ne comportait que des organismes étatiques ou fortement subventionnés. Il ne s’est d’ailleurs intéressé qu’aux rejets d’eau chaude.  les dérogations négligent les problèmes de non-dilution des rejets liquides radioactifs et chimiques des centrales nucléaires. Lorsque l’eau des rivières est chaude et peu abondante, ces rejets sont encore plus nocifs pour l’environnement et la santé des populations.

Sécheresse et canicule : impact sur le fonctionnement des centrales nucléaires
Les risques de sécheresse et d’une nouvelle canicule qui se profilent pour cet été pourraient entrainer pour les centrales nucléaires françaises une situation pire qu’en 2003.
En effet, le débit des cours d’eau, indispensables au refroidissement des installations nucléaires, est plus faible cette année qu’il ne l’était au printemps 2003, tandis que nous subissons une nouvelle canicule.
Pour fonctionner, une centrale thermique à combustible fossile ou nucléaire a besoin d’eau, entre autres pour son circuit de refroidissement.
Cela signifie gérer ses réserves en cas de pénurie, vérifier les niveaux des barrages…
Cette pénurie pose plutôt un problème de production que de sûreté. Mais un réacteur à l’arrêt a toujours besoin d’eau pour refroidir son coeur.
Autre souci, les rejets. Chaque centrale dispose d’arrêtés (interministériels et préfectoraux) pour ses rejets. Certains visent les débits de cours d’eau minimaux en dessous desquels les rejets des effluents (chimiques ou radioactifs) sont interdits.
D’autres arrêtés visent les rejets dits thermiques : ceux de l’eau qui a circulé dans le circuit de refroidissement et qui en ressort avec quelques degrés de plus.
D’une façon générale, les anti-nuclaires estiment qu’une nouvelle canicule conduirait, outre les dégâts environementaux, à un arrêt de nombreux réacteurs impossibles à refroidir, une importation massive d’électricité et un fonctionnement « à flux tendu » des réacteurs situés en bord de mer, venant pallier les éventuelles défaillances des installations situées en bordure de cours d’eau.
Les défenseurs du nucléaire insistent depuis plusieurs années sur le fait que cette énergie, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), n’émet pas de gaz à effet de serre et ne contribue donc pas au réchauffement climatique (Faux, la vapeur d’eau est Le Grand Responsable de l’effet de serre ! Rappel : « Gaz à effet de serre: vapeur d’eau 55%, nuages 17%, autres gaz 28% dont : Halocarbures 8%, protoxyde d’azote 5%, méthane 18%, gaz carbonique 69% [source GIEC]).
De leur côté, les écologistes jugent l’énergie nucléaire dangereuse en raison des risques d’accident et des déchets radioactifs et défendent un essor des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse) et une meilleure maîtrise de la consommation d’énergie.

La sécheresse 2005 est l’occasion de prendre conscience qu’il faut de toute urgence :
annuler tous les projets de nouveaux réacteurs nucléaires
La canicule 2003 a été un sévère avertissement pour le système nucléaire français. Il fallait en tirer les enseignements : programmer la fin du nucléaire et investir massivement dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables. Or EDF et le gouvernement ont décidé… la construction d’un réacteur nucléaire supplémentaire, l’EPR. Simultanément, ils prolongent jusqu’à 40, voire 50 ou 60 ans, la durée de vie d’installations nucléaires conçues pour 30 ans. Le tout dans un contexte de libéralisation et de plans de restrictions budgétaires dans les centrales.
programmer la fermeture la plus rapide possible des réacteurs nucléaires actuels
Sortir du nucléaire attaque EDF en justice devant le tribunal de grande instance de Blois, estimant que les rejets chimiques de la centrale de Saint-Laurent (Loir-et-Cher) sont « 2 à 4 fois supérieurs aux limites légales ». »Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux causent l’évaporation quotidienne de 147 millions de litres d’eau », souligne la fédération, alors que la Vienne « est une rivière au débit déja faible en temps normal ».
lancer immédiatement d’ambitieux plans d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.
Le plan climat :Présenté le 22 juillet 2004, le plan Climat a vocation à se substituer au plan national de lutte contre le changement climatique (PNLCC) de janvier 2000, qui s’était révélé inapplicable car fondé à 40 % sur une écotaxe qui avait été déclarée inconstitutionnelle.Ce plan constitue le principal outil national de lutte contre le changement climatique. Il prévoit une économie de 72 millions de tonnes de CO2 par an, soit un objectif plus ambitieux que celui imposé par le protocole de Kyoto. Mais le gouvernement, malgré les apparentes bonnes volontés de son Ministre de l’écologie qui cherche à nous rassurer, n’arrive pas à dissimuler son hostilité à toute mesure réellement efficace contre l’effet de serre. Il se discrédite chaque jour un peu plus sur le plan environnemental. Comme le gouvernement nous y a dorénavant habitué en matière environnementale, il y aura recul et nous savons que le bonus-malus sera au mieux amoindri, au pire supprimé.
Même s’il permettait de lutter réellement contre le réchauffement climatique, le nucléaire ne serait pas une solution acceptable. En effet, quelle absurdité de vouloir sauver la planète… en la contaminant pour des centaines de milliers d’années.S’il faut lutter contre l’effet de serre, c’est pour laisser aux générations futures une Terre habitable. Soignez la peste par le choléra, le malade mourra quand même.Au lieu de consacrer 3,5 milliards d’euros à la construction d’un réacteur nucléaire supplémentaire, le gouvernement ferait mieux d’investir dans de véritables mesures de lutte contre les émission de gaz à effet de serre, en particulier concernant les transports. La pauvreté du « plan climat » montre bien que le gouvernement n’a aucune intention de lutter contre le réchauffement climatique, même s’il y trouve un prétexte pour relancer le nucléaire.


sources : association « sortir du nucleaire »
http://www.sortirdunucleaire.org/

 

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