Un monde de viande de bétail en laboratoire

Le premier burger entièrement conçu en laboratoire, à partir de cellules musculaires de vache, a été présenté et dégusté en aout 2013 au cours d’une conférence de presse à Londres. Ce qui pourrait être contre nature est une nouveauté face à un monde toujours plus nombreux. A l’horizon de 2050, on pourrait atteindre les 10 ou 12 milliards d’habitants. Et dans ces conditions, comment va t-on faire pour nourrir tout le monde ? Bienvenue dans un monde de viande de bétail en laboratoire.


C’est une première mondiale qui va être présentée lundi 5 août au cours d’une conférence de presse : un burger entièrement réalisé à partir de cellules développées en laboratoire. C’est le professeur néerlandais Mark Post, de l’université de Maastricht au Pays-Bas, qui est à l’origine des recherches. Dans son laboratoire, il a cultivé les cellules musculaires d’une vache à l’aide de nutriments et de réactions chimiques jusqu’à obtenir des bandes de muscle congelées qu’il a agrégées pour former un steak.

Il lui a fallu six semaines pour confectionner un burger de 142 grammes composé de plusieurs milliers de minuscules tranches de viandes. Pour créer de plus grosses pièces, il aurait fallu mettre en place  des systèmes circulatoires artificiels pour distribuer les nutriments et l’oxygène nécessaires aux cellules musculaires. L’expérience a déjà coûté quelques 290 000 euros, financés par un homme d’affaire, dont l’identité est pour l’heure restée secrète.

Les goûts et les couleurs

Les scientifiques ont essayé de rendre cette viande in vitro aussi authentique que possible. À l’origine de couleur blanche, la pâte obtenue est colorée en rouge avec du jus de betterave. Les chercheurs ont également ajouté de la chapelure, du sel, de la poudre d’œuf, du caramel et du safran pour ajouter du goût.

« Notre burger est fabriqué à partir de cellules du muscle prélevées directement sur la vache. On n’a rien modifié. Pour que ce soit une réussite il faut qu’il ait la même apparence, la même consistance et, on l’espère, le même goût que le vrai », précise Mark Post. Le professeur ne s’attend pas pour l’instant à ce que ce plat soit savoureux, mais il espère qu’il sera « suffisamment bon ». Ce lundi, deux volontaires goûteront ce « burger éprouvette » au cours de la conférence de presse prévue dans un restaurant de Londres à partir de 11h30 GMT.

Pas naturel mais très développement durable

Pour le professeur Mark Post, l’expérience qu’il vient de mener à terme est par ailleurs d’une importance capitale pour la planète « car le boeuf produit en laboratoire offre une solution à des problèmes majeurs que rencontre notre planète » en permettant de créer de la viande à volonté et sans dégâts majeurs sur l’environnement. La fabrication de viande en laboratoire permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre résultant de l’élevage, note le scientifique.

Selon les chercheurs qui ont développé le produit, cette technologie pourrait constituer une manière durable de répondre à la demande croissante en viande de nos sociétés. Pour leurs détracteurs, la meilleure solution serait tout simplement de manger moins de viande. L’équipe du docteur Post table sur un début de commercialisation d’ici dix à vingt ans.

source : http://www.france24.com

 


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Author: Admin

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