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Les virus d’antan dégèlent

EFFET DE SERRE: Les virus d’antan dégèlent Des virus dangereux pourraient être relâchés par les lacs de glace de la Sibérie à cause de l’effet de serre. Le réchauffement de la planète pourrait ressusciter des virus depuis longtemps disparus, qui survivent dans les lacs de glace du nord de la Sibérie. L’Arctique sera beaucoup plus touché par l’effet de serre que la moyenne de la planète, avec des augmentations de température frisant les 10° C au XXIe siècle. Voilà ce que conclut une équipe russo-américaine de spécialistes qui étudie la vie microscopique des deux pôles, depuis la fin de l’Union soviétique, il y a une quinzaine d’années.

Ces virus des glaces pourraient être assez atténués pour être inoffensifs. Mais le réchauffement de la Sibérie pourrait chambarder la courroie de transmission et le rythme de mutations du virus de la grippe. « Le virus de la grippe peut survivre dans les lacs de Sibérie qui gèlent durant l’hiver, après le passage des oiseaux migrateurs asiatiques », explique le biologiste Scott Rogers, de l’Université d’État Bowling Green, en Ohio, qui est l’un des coauteurs de l’étude publiée ce mois-ci dans le Journal of Virology. « À leur retour, les oiseaux sont réinfectés par le virus de l’année précédente, qui se mélange à d’autres virus contractés dans le Sud. Nous pensons que ce brassage
joue un rôle important dans l’évolution du virus de la grippe. » Les couloirs migrateurs sibériens sont parsemés de lacs qui gèlent pendant l’hiver. « Parfois, quand l’été est frais, ces lacs demeurent gelés plusieurs années de suite », dit M. Rogers en entretien téléphonique. Cycle gel-dégel accéléré « Avec l’effet de serre, le cycle de gel-dégel va s’accélérer. Et des lacs situés plus au nord, où sont emprisonnés des virus plus anciens, vont commencer à fondre durant l’été. Nous ignorons le danger que causent ces virus anciens. Je crois qu’il ne faut pas être alarmiste, car plus un virus est congelé longtemps, plus il s’affaiblit. Mais il faut surveiller tout ça. » À titre d’exemple, M. Rogers mentionne une épidémie de grippe en Russie en 1977. « Elle a été causée par un sous-type de grippe presque identique à celui qui avait causé une épidémie en 1950. On peut penser que le virus était resté emprisonné dans les glaces de Sibérie. » Deux facteurs sont néfastes aux virus : la chaleur et l’eau. Or, dans la glace, il n’y a ni un ni l’autre. « Nous avons trouvé des virus encore viables dans des glaces vieilles de 140 000 ans, en Antarctique », indique M. Rogers. Un virus meurt s’il passe une semaine à une température de 22 à 25 degrés, mais il survit 10 semaines si la température est entre trois et cinq degrés. À terme, les recherches de l’équipe russo-américaine pourraient améliorer la conception des vaccins antigrippaux. « Actuellement, on décide quels sous-types de la grippe on inclut dans le vaccin à partir des données humaines et animales en Asie, dit M. Rogers. En ajoutant les données des lacs de Sibérie, quand ils sont glacés en hiver, on pourrait tomber plus juste. » En 2004-05, un sous-type de grippe qui n’avait pas été inclus dans le vaccin a frappé l’Occident, ce qui a doublé la mortalité. Au Canada, 12 000 cas de grippe ont été enregistrés en 2004-2005, alors que le nombre total de cas oscillait entre 3000 et 7000 dans les cinq années précédentes. écrit par Mathieu Perreault

Ci- dessous un autre article assez bref qui va dans ce sens puisqu’il y est encore question des travaux de Scott Rogers sur la survivance des virus au froid: Des virus grippaux venus du froid Les virus grippaux peuvent-ils survivre plusieurs mois, voire plusieurs années, dans des lacs gelés? C’est ce que suggère une étude menée par des chercheurs américains, russes et israéliens. Scott Rogers et ses collègues ont retrouvé de l’ARN viral, le support de l’information génétique des virus, dans des échantillons de glace issus de trois lacs de Sibérie, là où s’arrêtent les oiseaux migrateurs, qui gèlent et dégèlent chaque année. Les chercheurs ont même retrouvé un fragment d’ARN viral qui code pour la fabrication de l’hémagglutinine, une protéine de surface qui permet au virus de s’accrocher aux cellules de l’hôte. D’après les analyses génétiques cette protéine était apparentée à un virus grippal H1 en circulation dans les années 30 puis dans les années 60. Ces données, publiées dans le Journal of Virology, suggèrent que des virus de la grippe déposés dans les fientes des oiseaux au printemps peuvent se conserver dans la glace et refaire surface lorsque le lac dégèle. Plus au nord, où les glaces perdurent plusieurs années, des virus seraient alors conservés sur une plus longue période. Reste à savoir si ce ne sont que des fragments d’ARN qui subsistent ou des virus ayant gardé tout leur pouvoir infectieux. Cela dépend beaucoup des conditions de congélation. Rogers et ses collègues poursuivent leurs recherches et s’intéressent maintenant à des lacs d’Alaska et du Canada. C.D.

sources : Cyberpresse / tempsreel.nouvelobs

 

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