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La civilisation fossile va s’effondrer en 2028

Jeremy Rifkin: « La civilisation fossile va s’effondrer en 2028 ». Dans son dernier ouvrage « Le New Deal Vert », le prospectiviste américain Jeremy Rifkin prédit la fin de la civilisation fossile, et prône l’avènement d’une 3e révolution industrielle pour « sauver la vie sur terre ».

À 74 ans, Jeremy Rifkin livre sa version du « New Deal vert » dans un nouvel ouvrage qui balance entre optimisme et pessimisme : pour le fameux prospectiviste américain, le marché des énergies fossiles est sur le point de faire faillite, plus assez compétitif. D’immenses capitaux fuient donc le secteur, et sont prêts à investir dans les renouvelables. Mais le marché ne saurait assurer seul la transition nécessaire pour éviter la « Sixième extinction de la vie sur terre » et les catastrophes écologiques. Pour capter les capitaux disponibles et généraliser l’usage des énergies renouvelables, l’État doit mettre en place au plus vite de nouvelles infrastructures. Régions et citoyens sont aussi des acteurs clés de la 3e révolution industrielle que l’auteur appelle de ses voeux.

Les énergies fossiles sont omniprésentes aujourd’hui. Mais vous prédisez leur faillite d’ici 10 ans. Cela semble très rapide…

Le solaire et l’éolien connaissent une chute exponentielle de leurs coûts depuis une vingtaine d’année déjà. Mais ce type d’évolution ne saute aux yeux qu’au bout d’un moment. Par exemple si vous doublez un dollar, cela fait 2, 4, 8, 16… ce qui ne semble pas beaucoup au départ. Mais rapidement vous arrivez à un milliard. C’est ce qui s’est passé avec les ordinateurs, très chers initialement, mais dont la puissance a doublé tous les deux ans, en cassant les prix. Maintenant vous avez des smartphones à 25 dollars plus puissants que les machines qui ont envoyé des astronautes sur la Lune ! Nous sommes sur une courbe similaire pour le solaire et l’éolien. Ces énergies sont aujourd’hui moins chères que le nucléaire, que le pétrole, que le gaz naturel… Logiquement, les investisseurs vont donc fuir le secteur fossile, qui va s’effondrer. Selon, Carbon Tracker Initiative, un think tank britannique, le point de bascule aura lieu quand 14 % de l’électricité mondiale sera fournie par le soleil et le vent. L’Europe y est déjà. Au niveau mondial, nous devrions l’atteindre autour de 2028.

Côté mobilité, on observe la même évolution. Seules 2 % des voitures vendues sont électriques aujourd’hui, mais la hausse est exponentielle. Volkswagen va investir 80 milliards de dollars pour électrifier 40 % de sa flotte d’ici 2030. En 2028, 20 % des véhicules mondiaux seront électriques.

Le marché a parlé. Il est puissant, il n’y a aucune chance de le défier !

Toute grande révolution voit converger de nouveaux moyens de communication, de transport, et une nouvelle source d’énergie. La 1ère révolution industrielle a par exemple vu l’émergence des imprimeries à vapeur, qui ont permis la diffusion de journaux et de manuels scolaires bon marché. Cela a convergé avec l’utilisation du charbon, qui a alimenté des locomotives sur les chemins de fer. Et tout cela a permis de passer d’un paysage agricole et de petites villes à des marchés et des mouvements politiques nationaux. La 2e révolution industrielle, avec le téléphone, le pétrole, pétrole, nous a donné la mondialisation, les voyages en avion, les organisations internationales…

La 3e révolution industrielle fait converger la communication numérisée avec le boom des énergies renouvelables et les transports alimentés par ces énergies, bientôt autonomes, gérés par des algorithmes. Des milliards de capteurs dans les entreprises, les rues, les maisons vont collecter des données, pour accroitre notre efficacité énergétique, créant une sorte de prothèse technologique du cerveau humain. Les satellites qui synchronisent ces capteurs vont réunir la famille humaine. Les jeunes qui sont tous sur les réseaux sociaux, et se considèrent comme globaux, vont créer des coopératives, en passant au dessus des Etats. Des régions et des localités vont aussi contourner les gouvernements nationaux et faire du commerce ensemble. Les grandes entreprises comme Google ou Facebook seront dépassées car trop grosses, plus assez agiles, pas assez transparentes. La 3e révolution industrielle nous conduit à la « glocalisation ».

Je ne suis pas optimiste, car cela revient à attendre que les bonnes nouvelles arrivent seules. Ni pessimiste, car le pessimisme est auto-réalisateur. Je pense qu’il existe une possibilité, une route infime, mince comme un fil de rasoir, pour effectuer une transition avant qu’arrivent des problèmes en cascade.

Aux États-Unis, les bases de la 1ère révolution industrielle ont été posées en 30 ans. Celles de la 2ème en 25 ans. La 3e révolution peut se faire aussi vite. L’argent est là. La technologie est là. Maintenant, il doit y avoir une volonté politique. Mais elle ne peut reposer uniquement sur les gouvernements. Les jeunes doivent mettre la pression et s’impliquer au niveau local. Ils doivent aller dans les conseils municipaux, ils doivent devenir maires, doyens d’université, chef d’entreprise. Ils doivent être dans des assemblées locales toute leur vie et leurs enfants après eux. Ou bien nous n’y arriverons pas.

extrait et source : https://www.wedemain.fr

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