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Vers un monde moins mobile

La fin de la mobilité ? Le quotidien Neue Zürcher Zeitung pense que la mobilité sera très limitée à l’avenir en raison de la hausse des prix de l’énergie. « Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les prix des billets ont considérablement augmenté et vont continuer à augmenter. ? Pour la première fois depuis l’invention du train, la mobilité va coûter de plus en plus cher. ? Ils sont nombreux […] à penser que la crise des vols à bas prix n’est que le prolongement d’une évolution globale qui modifie l’ensemble de notre comportement de mobilité. ?

Il est bien évident que celle-ci a des répercussions sur la carrière professionnelle, l’organisation de la famille et même sur la vie amoureuse. Selon une estimation d’observateurs du marché, ils sont des centaines de milliers aujourd’hui en Europe à faire la navette en avion entre travail et vie amoureuse. ? La démocratisation de l’aviation – grâce à l’ouverture des marchés, grâce au développement des compagnies aériennes low cost – devra s’arrêter inéluctablement lorsqu’un plein d’essence pour le trajet Bâle-Naples coûtera brusquement plus du double par rapport à il y a trois ans. »

La consommation de carburant en France s’est écroulée de 10 % en juin 2008 :

Les livraisons de carburant aux stations-service ont reculé de 10 % en juin dernier par rapport à juin 2007, les ventes baissant de 1,5 % sur les six premiers mois de l’année, sous l’impact de la flambée des prix à la pompe. La tendance est encore plus négative pour l’essence.
En juin, la flambée du pétrole a nettement modifié le comportement des automobilistes. La demande de carburant en France a, en effet, reflué de 10 % en juin, comparé au même mois de 2007, selon des données provisoires diffusées hier par l’Union française des industries pétrolières (Ufip), portant sur les quantités livrées aux stations-service. Une « chute énorme », selon les termes du président de l’Ufip, Jean-Louis Schilansky, qui souligne la rareté du phénomène. Alors que la consommation progressait encore d’un petit 0,44 % sur les cinq premiers mois de l’année, la chute de juin conduit à un recul « significatif » d’environ 1,5 % sur l’ensemble du premier semestre, selon le président de l’Ufip. Ce chiffre rompt avec une hausse de 1,3 % en 2007, qui avait suivi quatre années de stagnation ou de très légère baisse.

L’essence (super sans plomb), qui représente un petit quart de la consommation totale de carburant dans l’Hexagone, a connu une chute encore plus marquée, avec un effondrement de 15 % en juin et de 7,8 % sur six mois. Son prix au litre avait frôlé 1,50 euro le mois dernier. Concernant le gazole, dont le litre a dépassé 1,45 euro en juin, la demande a reculé de 8,7 % le mois dernier, mais progresse d’un tout petit 0,65 % au premier semestre.

Contraintes sur les ménages
Ces différences marquées entre carburants sont, pour Jean-Louis Schilansky, le signe que la baisse de la demande est essentiellement le fait des ménages, les seuls à consommer de l’essence, contrairement aux transporteurs et aux taxis abonnés au gazole. Il est « incontestable qu’à ce niveau-là, il y a un effet prix », a ajouté le président de l’Ufip, qui avance toutefois des facteurs aggravants, tel le climat pluvieux qui a découragé en juin certains longs trajets en voiture.

La décrue amorcée sur le baril de pétrole, qui a perdu près de 20 dollars depuis le 11 juillet, pourrait contribuer à faire repartir la consommation à la hausse. A moins que les contraintes pesant sur les ménages (retournement immobilier, boursier, inflation, alimentaire) ne fassent perdurer ces nouveaux comportements.
Christian Roux, président national des propriétaires exploitants de stations-service, expliquait récemment qu’« on voit de plus en plus de petits pleins à 10 euros, d’automobilistes qui lèvent le pied sur la route et arbitrent davantage pour les transports en commun en ville »

sources : http://europe.courrierinternational.com / http://www.lesechos.fr/

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