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Une hausse de la radioactivité inquiète à Tchernobyl

Les scientifiques ont remarqué une activité anormale dans les débris de la centrale nucléaire, sous le sarcophage du réacteur numéro 4. « Comme les braises d’un barbecue ». La situation à Tchernobyl préoccupe la communauté scientifique, 35 ans après la catastrophe, et notamment Neil Hyatt, chimiste spécialiste des matériaux nucléaires à l’université de Sheffield. Dans la revue Science, il alerte, avec d’autres scientifiques, sur une activité anormale dans les débris de la centrale.

Les réactions de fission semblent s’accélérer sous les décombres du réacteur numéro 4, celui qui a explosé le 26 avril 1986 au cours d’un test de sûreté. Les scientifiques ukrainiens y constatent une augmentation lente mais ininterrompue de l’émission de neutrons. « Aujourd’hui, les scientifiques ukrainiens s’efforcent de déterminer si les réactions s’arrêteront d’elles-mêmes ou si des interventions extraordinaires seront nécessaires pour éviter un autre accident », précise la revue scientifique.

Il était envisagé dès 2015, selon l’Institut pour les problèmes de sûreté des centrales nucléaires de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine. La nouvelle arche de confinement terminée en 2019 a rendu l’ancien sarcophage plus étanche. Les infiltrations d’eau, qui posaient problème ailleurs dans la centrale, manqueraient au corium. Il s’assèche et monte en température. En fusion, il peut percer le béton et engendrer une explosion.

Un risque d’accident
Concrètement, si les réactions de fission incontrôlées ne sont aucunement inédites, elles font planer la menace d’un nouvel incident. Le spectre de la fission dite criticité, dans les ruines nucléaires, a longtemps hanté Tchernobyl, souligne la revue. « Il reste beaucoup d’incertitudes, mais nous ne pouvons pas écarter la possibilité d’un accident », a déclaré Maxim Saveliev, de l’Institut pour les problèmes de sécurité dans les centrales nucléaires de l’Académie des sciences ukrainienne.

La crainte désormais est que « la réaction de fission augmente de façon exponentielle », détaillent les scientifiques et qu’elle ne mène à une émission incontrôlée d’énergie nucléaire. Ce sarcophage n’étant pas étanche, les fortes pluies font parfois grimper en flèche le nombre de neutrons, augmentant ainsi leurs chances de frapper et de fendre les noyaux d’uranium. Une nouvelle explosion pourrait toutefois être contenue et ne mènerait pas à une répétition de celle de 1986, mais elle pourrait contaminer l’arche actuelle, fragilisant le site pour les décennies à venir.

Faut-il s’alarmer ?
La situation est préoccupante, mais pas alarmante​, selon la plupart des observateurs. Le phénomène est lent​, indique le chercheur ukrainien Maxim Saveliev.
Cela laisse du temps pour trouver des solutions techniques afin de réduire la menace, comme l’injection de bore, une substance chimique qui absorbe les neutrons. Encore faut-il réussir à atteindre cette salle, jusqu’ici inaccessible. Tchernobyl est un problème stabilisé, pas un problème résolu​, rappelle le professeur Neil Hyatt, un expert nucléaire de l’Université de Sheffield.

Sources : https://www.lexpress.fr/ / https://www.capital.fr/ / https://www.ouest-france.fr/

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