La pollution en Chine a une influence sur le climat au Canada

La pollution émise par les véhicules et les usines en Chine et en Inde a une incidence directe sur le climat de la côte ouest du Canada et des États-Unis, selon une nouvelle étude.

Cette conclusion étonnante est le fruit d’une étude réalisée pendant plus de 10 ans par une équipe de chercheurs du Texas. En analysant les formations de nuages au-dessus de l’océan Pacifique, les chercheurs ont pu déterminer que les tempêtes sont de plus en plus violentes et que cela est dû à la quantité accrue de particules polluantes en provenance des pays d’Asie.

« Cela a un effet sur le climat de la côte Ouest, explique Renyi Zhang, professeur à l’Université A&M au Texas. Ces régions connaissent déjà des tempêtes plus violentes que par le passé. Et le phénomène va s’accentuer. »

L’augmentation de la force des tempêtes de 1994 à 2005 suit la même courbe que la hausse du taux de polluants dans l’air. La relation entre les deux était déjà connue, mais personne n’avait encore pu prouver que les tempêtes sont plus violentes qu’avant au-dessus du Pacifique, et ce, au moment même où l’Asie est en train de s’industrialiser.

« Nous avons été très surpris des résultats, explique M. Zhang. Nous ne nous attendions pas à trouver une corrélation aussi forte. Il faut davantage d’études pour continuer d’explorer ce phénomène, car il y a de grandes implications pour l’avenir du climat en Amérique et ailleurs », dit-il, en entrevue à La Presse.

Selon lui, cela montre que la pollution ne peut être vue comme un dossier purement lié à un pays ou à une région. « Le Pacifique est extrêmement vaste. C’est très inquiétant de penser que l’action humaine réussit à influer sur les tempêtes sur une si grande surface. »

Modèle informatique

C’est en croisant par ordinateur des données sur le climat du Pacifique avec des données économiques d’Asie que les chercheurs ont réalisé que la quantité de particules émises par la Chine et l’Inde est de 10 à 20 fois supérieure à la normale, selon les résultats de l’étude, publiée dans le numéro courant du journal Proceedings of the National Academy of Sciences. Les émissions de dioxyde de sulfure et de particules résultant de la combustion incomplète du charbon sont en hausse constante en Asie depuis 20 ans.

Pour qu’il y ait des précipitations, la vapeur d’eau doit pouvoir s’accrocher à une particule de poussière dans l’air. Au bout d’un certain temps, la vapeur d’eau forme une goutte et la pluie commence.

La pollution atmosphérique modifie ce phénomène. Les activités industrielles saturent le ciel de poussières, et la vapeur d’eau a du mal à s’agglomérer pour déclencher des précipitations. La tempête éclate plus tard, à une altitude plus élevée, et couvre une surface plus vaste encore. Et elle est plus violente.

Les chercheurs évaluent que ce nouveau phénomène est également en train de modifier le Pacific Storm Track, un courant de vents dominants qui se déplace d’ouest en est et qui influe sur le climat de la planète.

« C’est très inquiétant parce que le Pacific Storm Track déplace avec lui des tempêtes toujours plus fortes, et cela a des incidences sur tout le climat de l’Amérique, et même jusqu’en Arctique, indique M. Zhang. On ne peut pas changer cela sans provoquer de graves conséquences sur le climat, et c’est précisément ce qui est en train de se passer. »

source : http://www.cyberpresse.ca/

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Author: Admin

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