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Fukushima : le niveau de radioactivité serait en forte baisse dans l’océan pacifique ?

Selon une étude internationale publiée début juillet 2016, le niveau de radioactivité dans l’océan Pacifique a largement diminué, cinq ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Mais les zones les plus proches de la centrale restent encore très contaminées.

Les niveaux de radioactivité à travers l’océan Pacifique seraient en train de revenir rapidement à la normale cinq ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, a révélé une étude publiée ce lundi 4 juilllet 2016.

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 et un tsunami géant avaient dévasté la région du Tohoku (nord-est), faisant près de 19.000 morts et disparus. Le phénomène avait provoqué un grave accident nucléaire à la centrale de Fukushima, à l’origine d’une des plus importantes pollutions radioactives des océans jamais survenues. Dans les jours qui ont suivi le drame, l’eau de mer destinée à refroidir les réacteurs avait charrié dans l’océan des matériaux nucléaires, ensuite dispersés par les courants.

Cinq ans après, un rapport du Comité scientifique de recherche océanique, qui regroupe des experts internationaux, explique que les substances radioactives avaient été disséminées jusqu’aux côtes des Etats-Unis.
Toutefois, le croisement des données issues de vingt études sur la radioactivité engendrée par la centrale japonaise, a mis en lumière que les niveaux de radioactivité dans le Pacifique redescendaient rapidement, après avoir été des dizaines de millions de fois supérieurs à la normale juste après le désastre.

« A titre d’exemple, en 2011, près de la moitié des échantillons de poissons dans les eaux côtières au large de Fukushima contenait des taux dangereux de matières radioactives », a expliqué Pere Masque, co-auteur de l’étude publiée par la Revue annuelle des sciences de la mer. « En 2015, ce nombre avait chuté à moins d’un pour cent au-dessus de la limite ».
Mais l’étude constate également que les fonds marins et le port proches de la centrale de Fukushima sont encore fortement contaminés à la suite du pire accident nucléaire du monde depuis Tchernobyl en 1986.

« La surveillance des niveaux de radioactivité et de la vie marine dans cette région doit continuer », a ajouté M. Masque, professeur de radiochimie environnementale à l’Université Edith Cowan en Australie occidentale.

Pour cette étude, les chercheurs ont examiné les niveaux de césium radioactif relevés au large des côtes du Japon et à travers le Pacifique jusqu’en Amérique du Nord. Le césium, qui est un sous-produit de l’énergie nucléaire, est très soluble dans l’eau, ce qui le rend idéal pour mesurer la libération de matières radioactives dans l’océan.

Malgré tout : Il y a toujours des fuites radioactives dans l’océan. En voici la preuve :

5 ans après le tsunami, les mesures sur la radioactivité des eaux de l’océan Pacifique montrent un relargage continu de strontium et de césium par la centrale nucléaire japonaise de Fukushima.

Le césium 137 a l’avantage d’avoir une radioactivité qui ne faiblit que de moitié sur une période de 30 ans, mais il a le désavantage de ne pas être spécifique à la catastrophe nucléaire de Fukushima puisque, sur une telle période, ce radioélément peut aussi provenir d’autres sources nucléaires. Le césium 134 est lui spécifique à Fukushima car sa rémanence dans l’environnement n’est que de deux ans. En l’absence de toute autre source possible d’émissions sur un laps de temps aussi court, seule la centrale nucléaire japonaise peut être à l’origine de la présence de cet élément. Enfin, le strontium 90 est un élément lui aussi spécifique de la catastrophe, mais ses teneurs sont 40 fois plus faibles que les deux isotopes du césium et donc plus difficilement détectable.

Tous les ans depuis cinq ans, Ken Buesseler et son équipe prélèvent des échantillons d’eau près des côtes du Japon et en plein océan. Pour les côtes américaines, les chercheurs ont fait appel aux usagers de la mer. Baigneurs, plaisanciers, employés de la marine marchande, sont invités à remplir des bouteilles d’eau et à indiquer le lieu exact du prélèvement avant de l’envoyer au laboratoire via un site de science participative, « our radioactive ocean ». En tout, plus d’un millier échantillons ont ainsi pu être collectés.

Une radioactivité en forte baisse mais des fuites toujours non contrôlées

Les résultats montrent que la radioactivité relâchée est aujourd’hui des centaines de fois plus faible qu’au moment de l’explosion des trois réacteurs. Cependant, les teneurs restent désormais constantes. « Nous ne constatons pas la baisse continue à laquelle on pourrait s’attendre si toutes les fuites avaient été stoppées, affirme Ken Buesseler dans une communication du 8 mars. Au contraire, nous trouvons encore des valeurs élevées ce qui confirme qu’il y a toujours des rejets en provenance de la centrale ». Les émissions ne sont donc pas encore « sous contrôle » comme l’affirment les autorités japonaises qui s’appuient sur le fait que les teneurs relevées sont en dessous des limites réglementaires.

Selon Ken Buesseler, la radioactivité des eaux du Pacifique devrait encore augmenter en 2016 avant de commencer à décroître. Pas question donc de stopper les mesures mêmes si les quantités retrouvées ne posent pas de problème sanitaire. Dès cet été, l’équipe du WHOI va proposer aux baigneurs et plaisanciers de la côte ouest des bracelets-capteurs capables d’enregistrer la radioactivité de l’eau en temps réel.

sources : http://www.francesoir.fr/ / http://www.sciencesetavenir.fr/

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