Dernières Infos

Un monde qui saccage son environnement 1 : Le Gange

Photo Giulio Di Sturco

Dans un monde toujours enclin à se pencher sur le thème du climat, voici le Gange, le «fleuve mère», comme le surnomment les hindous, est une ligne de vie, une source de prospérité économique autant que de vénération religieuse. Sur les 2 500 kilomètres de leur cours, ces eaux seraient capables de guérir ceux qui s’y immergent et de les libérer du cycle des réincarnations. Elles irriguent 30 % du territoire indien, lavent et nourrissent 450 millions de personnes, soit 40 % des Indiens. Mais, aujourd’hui, le Gange est en sursis, plus près que jamais de l’asphyxie, souillé par trois milliards de litres d’eaux usées par jour, représentant un taux de pollution 3 000 fois supérieur aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

Le Gange est l’un des fleuves les plus pollués au monde. Plus de 1 500 millions de litres d’eaux usées brutes et 500 millions de litres de déchets industriels (issus de 700 industries fortement polluantes) sont déversés chaque jour dans ses eaux. Sans compter déchets et cadavres. Le poids des croyances religieuses ajoute aussi une difficulté : dans la religion hindou, la plus importante en Inde, le fleuve est lié à la déesse Ganga et est sensé purifier l’âme. Des pèlerinages gigantesques contribuent à la pollution tandis qu’une croyance traditionnelle soutient que le fleuve est capable de s’auto-nettoyer.

Principal affluent du Gange, la Yamuna, rivière sacrée qui traverse New Delhi, est déjà « en état de mort clinique », selon Ashwini Kumar Mishra, fondateur du mouvement écologique Yamuna Satyagraha. 70 % de l’eau utilisée par la population de la capitale (qui compte plus de 20 millions d’habitants) sont puisés dans cette rivière où sont également déversés déchets industriels et domestiques d’une population majoritairement privée d’accès au tout-à-l’égout. Ni plantes, ni poissons ne peuvent survivre hormis quelques bactéries, les plus résistantes.

Pollué par les rejets toxiques de 760 usines
Baba Shridar Das se sèche après sa toilette matinale, puis crapahute jusqu’à sa retraite d’ascète. Il reprend l’hibernation mystique, dans le silence ouaté des sommets. L’eau divine, elle, se déverse sans discontinuer vers la terre des hommes. Elle va grossir, prendre des couleurs et sacrifier ses propriétés magiques aux activités industrielles, le long d’un tumultueux voyage où se mélangeront le calme et la folie, la mort et la vie. A peine 140 kilomètres en aval, le barrage de Tehri – le plus haut du pays – opère comme un robinet géant dans l’Himalaya, ne laissant passer que 10 % du fleuve. L’eau du Gange lui sert à alimenter une centrale hydroélectrique de 1 000 mégawatts, qui fournit les Etats voisins, dont le territoire de Delhi, et abreuve aussi en eau potable un tiers des New-Delhiens. Ensuite, entre le barrage de Tehri et le golfe du Bengale, le fleuve sacré subit les rejets toxiques de 760 usines «très polluantes» (tanneries, pâte à papier, textile, raffineries de sucre, distilleries…), selon l’Autorité nationale du bassin du Gange (NGRBA), l’organisme gouvernemental en charge de sa protection depuis 2009.

«Le Gange a des caractéristiques uniques au monde, mais l’homme est en train de le détruire, commente le docteur Sitaram Taigor, biologiste aujourd’hui employé par la NGRBA. Il faut un traitement de choc, et ne pas oublier ses affluents.» Depuis 1986, pourtant, les plans de secours se sont succédé, sans grand résultat. Plus de six milliards de dollars engloutis, dont une partie détournée par la corruption, comme a fini par le reconnaître ouvertement l’ancien ministre des Ressources en eau et de la Restauration du Gange, Shashi Shekhar. Les quelques projets d’assainissement ici ou là et les trop rares centrales de retraitement des eaux n’ont pas donné de résultats tangibles.

ci c’est un fleuve majeur qui coule au sein de l’Inde. Ce fleuve totalement intoxiqué par les déchets a un impact majeur sur la santé des populations mais également l’environnement immédiat des terres cultivées, la faune, la flore et plus loin sur l’océan Indien. Un monde qui saccage son environnement !

Adaptation Terra Projects

Sources : https://www.initiativesfleuves.org/ / https://www.geo.fr/

(181)

Laissez un message

%d blogueurs aiment cette page :