Un monde dans un pic pétrolier

indicateur

indicateurDix ans après sa création, l’ASPO confirme le pic pétrolier. Les faits semblent donner raison à l’Association d’étude du pic pétrolier. La production annuelle de pétrole conventionnel a amorcé une décrue depuis 2006, tandis que le baril est à plus de 100 $ en continu depuis un an, situation sans précédent.

En ouverture de la conférence de l’ASPO à Vienne (Autriche), le 30 mai, son président, Kjell Aleklett, professeur de physique à l’université d’Uppsala en Suède, en appelle à « déployer un matelas d’amortissage », car l’atterrissage risque d’être plus brutal que ce qu’annoncent les économistes : « Les lois de la physique sont plus fortes que les lois de l’économie ».


La production de pétrole – non conventionnel inclus – est entrée depuis 2005-2006 dans une phase de plateau instable. Les cent plus grands champs pétroliers, qui fournissent 45% du brut de la planète, donnent des signes de faiblesse, la taille moyenne des puits est en diminution. Sur le front offshore, les compagnies pétrolières développent des forages de plus en plus profonds, dont l’emblème est la plate-forme de Deep Water Horizon associée à la tragique marée noire de 2010. Certains forages, comme Jack-2 dans le Golfe du Mexique, atteignent une profondeur équivalente à la hauteur du Mont Everest. Des cimes technologiques sont désormais nécessaires pour aller chercher le précieux liquide.

Fin du plateau

D’année en année, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a été obligée de revoir ses prévisions à la baisse : dans le World Energy Outlook de 2004, elle annonçait que la production de pétrole atteindrait 121 millions de barils par jour en 2030. Or celle-ci stagne aujourd’hui autour de 85 millions de barils par jour. Dans ses rapports ultérieurs, les chiffres de l’AIE sont sensiblement plus modestes. En 2030, estime aujourd’hui l’Agence, la production mondiale sera d’autant de barils qu’aujourd’hui, mais sur la base de ressources qui restent à découvrir. Entre temps, un décrochage aura eu lieu, car la courbe du pétrole brut aura commencé à décroître. L’ASPO se penche sur cet écart entre les découvertes hypothétiques et la déplétion réelle des plus grands champs pétroliers et gaziers de la planète.

Quand ce décrochage aura-t-il lieu ? Selon le physicien américain Robert Hirsch, ancien directeur de la prospection pétrolière chez Exxon, l’événement est imminent : il aura lieu autour de 2013-2015. A ce moment-là, le plateau instable des énergies fossiles arrivera à son terme, et entamera une décrue de 5 à 7% par an, dont les effets sur l’économie mondiale seront immédiatement sensibles. La courbe de la production de pétrole descendra d’autant plus rapidement que les grands pays dits émergents voudront augmenter leur consommation d’énergie. Le monde, dont l’énergie est fournie à 85% par les fossiles, sera confronté à des turbulences et des tensions comparables à celles qui ont accompagné les chocs pétroliers de 1973 et de 1980. A ceci près que, cette fois, il s’agit d’une évolution géologique irréversible et non pas d’une décision provisoire des pays de l’OPEP de fermer les robinets. Face à une telle urgence, les gouvernements devraient déjà préparer leurs populations à être confrontés à des pénuries.

extrait et source complète ici : http://www.actu-environnement.com/ae/news/10-ans-aspo-pic-petrolier-15841.php4

(170)

Laissez un message

facebook-profile-picture

Author: Admin

Laissez un message