En dégelant sous l’effet du réchauffement climatique, l’Arctique pourrait libérer d’importantes quantités de dioxyde de carbone (CO₂) et de méthane, deux gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de la planète.
Cette mise en garde a été formulée par Svein Tveitdal lors de la 21ᵉ session du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui s’est tenue à Nairobi, au Kenya.
Selon lui, le pergélisol (ou permafrost), ces sols gelés en permanence depuis des milliers d’années, fond progressivement sous l’effet de la hausse des températures. Cette fonte met au jour d’anciens restes de végétaux et d’animaux qui étaient jusqu’alors piégés dans la glace. En se décomposant, cette matière organique libère du dioxyde de carbone et du méthane, renforçant ainsi l’effet de serre.
La planète pourrait donc être confrontée à un véritable cercle vicieux : le réchauffement provoque le dégel du pergélisol, lequel libère davantage de gaz à effet de serre, qui accentuent à leur tour le réchauffement.
Toutefois, cité par Cybersciences, Svein Tveitdal nuance ses propos tout en soulignant l’importance du phénomène :
« Environ 15 % du réchauffement actuel serait lié à la décomposition ou à la combustion de matière organique, et le sol arctique contient près de 15 % du carbone de la planète. »
Autrement dit, ce mécanisme naturel ne saurait exonérer les activités humaines de leur responsabilité dans le changement climatique. Les émissions issues de l’industrie, des transports et de la combustion des énergies fossiles demeurent les principales causes du réchauffement observé depuis le début de l’ère industrielle.
Lorsque les températures augmentent, elles « réveillent » cette biomasse longtemps emprisonnée dans les sols gelés. Sa décomposition entraîne alors l’émission de CO₂ et de méthane, deux puissants gaz à effet de serre.
Svein Tveitdal ajoutait également que certains chercheurs estimaient qu’une hausse de seulement 2 °C des températures dans l’Arctique pourrait réduire de 16 % la superficie du pergélisol. Une telle évolution serait suffisante pour accélérer encore davantage un réchauffement climatique déjà plus rapide que ce que prévoyaient de nombreux modèles.
Par ailleurs, plusieurs études ont montré qu’un apport croissant d’eau douce provenant de la fonte des glaces perturbe la circulation océanique de l’Atlantique Nord. Les scientifiques surveillent notamment l’évolution de l’AMOC (circulation méridienne de retournement de l’Atlantique), dont le Gulf Stream constitue l’un des éléments les plus connus. Certaines recherches suggèrent un affaiblissement significatif de ce système au cours des dernières décennies, même si l’ampleur exacte de cette diminution reste encore débattue au sein de la communauté scientifique.
Le dégel du pergélisol est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux mécanismes de rétroaction positive du changement climatique. Plus la planète se réchauffe, plus ces sols libèrent du carbone anciennement piégé, augmentant ainsi le risque d’une accélération du réchauffement global.
Adaptation Terra Projects
Source : cybersciences.com
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