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L’île aux 38 millions de débris de plastique

Dans le Pacifique sud, isolée mais sur le passage d’un grand courant giratoire, la minuscule île Henderson, inhabitée, est devenue un piège à déchets en plastique. Désigné site du patrimoine mondial et une partie du groupe des îles Pitcairn, forme un atoll corallien élevé contenant plusieurs espèces de plantes, d’oiseaux et de gastéropodes. Jusqu’à récemment, elle était encore considérée comme un écosystème vierge, non affecté par l’activité humaine.Des scientifiques, venus observer la faune, ont dénombré ces débris, petits et grands, sur deux plages. Conclusion 1 : la densité atteint un record. Conclusion 2 : la quantité, estimée à près de 38 millions, augmente chaque jour.

C’est là, en effet, que Jennifer Lavers, de l’université de Tasmanie, embarquée dans une longue expédition organisée notamment par l’ONG Royal Society for the Protection of Birds de mai à novembre 2015, a découvert une étonnante concentration de déchets en matière plastique. Le voyage était destiné à estimer la population de rats, introduits sur l’île par des marins, et qui avaient survécu à une opération d’éradication. Mais un nouveau sujet s’est ajouté : les plages sont littéralement jonchées de morceaux d’objets de toutes tailles, très majoritairement en plastique (99,8 %). Leur description et leur comptage viennent d’être publiés dans un article des Pnas.

Les scientifiques ont effectué des dénombrements systématiques, le long de lignes droites, comptabilisant au total 50.100 débris sur deux plages, au nord et à l’est, distinguant les microdébris (moins de 5 mm) des autres. Avec une densité moyenne d’environ 240 morceaux par mètre carré – en fait 239 +/- 347 – et atteignant par endroits 640, le site décroche le record du monde des plages les plus sales. Les visiteurs ont noté que 68 % d’entre eux se trouvent ensevelis dans les dix premiers centimètres du sable. D’après leur estimation, l’île en abriterait 37,7 millions, représentant 17,6 tonnes.

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Les débris plastiques flottants représentent de multiples menaces pour la faune et l’environnement. Environ 55% des espèces d’oiseaux de mer dans le monde et un grand nombre d’organismes marins sont estimés être exposés à une pollution par les plastiques, selon leur étude.

Lorsque d’importants volumes de débris s’accumulent sur des zones comme l’île Henderson, à 5 000 km de toute habitation humaine significative, les chercheurs précisent que le problème est encore aggravé parce que “la prévention ou l’atténuation est extrêmement difficile et coûteuse et nécessite beaucoup de temps”.

L’étude publiée dans The Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) : Exceptional and rapid accumulation of anthropogenic debris on one of the world’s most remote and pristine islands.

Article transmis par Nanuq

sources : https://sciencepost.fr/ / http://www.futura-sciences.com/

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