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Ondes gravitationnelles : Cent ans plus tard, Einstein avait raison

C’est une annonce majeure qu’ont faites les scientifiques du projet Ligo, ce jeudi à Washington et publiée dans Physical Review Letters. Par une équipe de mille scientifiques venus de 27 pays et qui travaillent sur cette expérience parfois depuis vingt ans. Sur leurs deux détecteurs aux Etats-Unis (en Louisiane et à Hanford) ils ont observé pour la première fois, de manière directe, les ondes gravitationnelles prédites par Einstein dans sa théorie de la relativité générale il y a exactement 100 ans, en 1916. Une observation dont l’importance pour la physique se compare à la détection du boson de Brout-Englert-Higgs en 2012 et qui devrait leur valoir le Nobel. Jeudi, on comparaît même ce moment à celui où pour la première fois Galilée pointait sa lunette astronomique sur le ciel.

C’est le 24 septembre qu’ils ont détecté pendant juste quelques millisecondes, le passage d’ondes gravitationnelles dans leurs deux détecteurs provenant du choc causé par la fusion de deux trous noirs de 29 et 36 masses solaires à un milliard d’années-lumière de la Terre. Cet événement a déformé l’espace-temps comme une pierre jetée dans l’eau déforme la surface et crée des rides. Ici ce sont des ondes dilatant et contractant l’espace-temps autour de nous qu’on a observées.

Ce premier « clapotis » cosmique détecté par LIGO (Laser Interferometer Gravitational-wave Observatory) a été analysé conjointement avec l’équipe européenne de Virgo et allemande de GEO600.

Effets indirects

Certes, ces ondes furent déjà observées par leurs effets indirects. Les professeurs Hulse et Taylor ont d’ailleurs obtenu le prix Nobel en 1993 notamment pour avoir découvert cet effet dans le pulsar binaire PSR 1913+16, deux étoiles à neutrons tournant très vite l’une autour de l’autre. Par ce mouvement circulaire d’objets massifs, ce pulsar binaire génère d’importantes ondes gravitationnelles qui entraînent elles-mêmes une perte d’énergie de ces étoiles que l’on a pu mesurer.

Mais on voulait observer les effets directs des ondes gravitationnelles sur notre environnement, pour confirmer totalement la théorie d’Einstein et pour ouvrir ainsi un champ formidable à l’astronomie permettant d’observer des phénomènes mal connus comme la fusion de deux étoiles à neutrons, l’effondrement gravitationnel d’étoiles massives, voire le choc initial du big bang. 99% de notre Univers nous est opaque (trous noirs, matière noire, énergie noire) car il n’émet pas d’ondes électromagnétiques. Les ondes gravitationnelles permettent d’« écouter » une parte de cette univers jusqu’ici obscur dans le cadre d’un astronomie gravitationnelle qui va maintenant pouvoir se développer.

source : http://www.lalibre.be/

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