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Les Pays-Bas réussissent à cultiver des pommes de terre dans l’eau de mer

C’est un petit terrain situé sur une île au large des côtes Nord des Pays-Bas, et ce qui s’y passe pourrait apporter une réponse à la question de savoir comment nourrir la population mondiale sans cesse croissante : des pommes de terre et d’autres cultures qui poussent dans l’eau salée. Chaque jour, quelque part dans le monde, des pans entiers de terres agricoles deviennent inutilisables à cause de sols salés, mais les agriculteurs de cette île du Texel balayée par les vents cherchent des solutions en utilisant des méthodes traditionnelles.

L’équipe dirigée par l’agriculteur Mark van Rijsselberghe a planté environ 30 types de pommes de terre et leur approche est simple : tout ce qui meurt dans l’environnement salin est abandonné, et pour tout ce qui vit « nous essayons de suivre », a déclaré Van Rijsselberghe. « C’est plus rapide ». Les expériences ne concernent pas seulement les pommes de terre, mais consistent aussi à regarder comment d’autres cultures poussent dans l’eau salée, y compris les carottes, les fraises, les oignons et la laitue.

Les plantes sont arrosées par des pompes qui gèrent l’eau jusqu’à la moindre goutte, de sorte que la salinité de la plante et du sol peuvent être mesurés avec précision et les effets de l’eau de pluie « douce » pris en compte. Mark Van Rijsselberghe, 60 ans, a commencé sa « Ferme de la pomme de terre salée » il y a environ 10 ans dans l’espoir de contribuer à la lutte contre la malnutrition dans le monde. L’équipe, soutenue par l’Université d’Amsterdam, n’utilise ni organismes génétiquement modifiés, ni laboratoires dans leur quête pour de la nourriture qui se développe dans un milieu salin.

Selon l’Organisation de l’alimentation et de l’agriculture des Nations Unies (FAO), avec plus de 5000 variétés, la pomme de terre est la quatrième culture vivrière la plus populaire au monde. Alors qu’aujourd’hui, beaucoup des recherches sont axées sur l’amélioration du rendement des cultures, l’équipe néerlandaise a adopté l’approche inverse : essayer de faire pousser des cultures sur des terres précédemment considérées comme inutilisables. Selon l’Institut des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, le monde perd environ 2 000 hectares de terres agricoles par jour du fait de la dégradation induite par le sel dans 75 pays, causée par une irrigation insuffisante ou absente. Le problème touche aujourd’hui une zone de la taille de la France -environ 62 millions d’hectares ou 20% des terres irriguées de la planète, contre 45 millions d’hectares au début des années 1990.

Les solutions pour rendre à nouveau cultivables des terres qui ne le sont plus sont trop chères pour la plupart des zones concernées, comme le bassin du fleuve Jaune en Chine, l’Euphrate en Syrie et en Irak ou la vallée de l’Indus au Pakistan. L’équipe de Texel a déjà envoyé des milliers de ses pommes de terre au Pakistan, où ils ont « réussi », a déclaré Mark Van Rijsselberghe, qui enverra davantage de plants l’année prochaine. Aujourd’hui, selon la FAO, environ 800 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées, et la dégradation due au sel menace 10% des récoltes mondiales de céréales. L’équipe va aussi bientôt commencer à essayer de cultiver des pommes de terre dans les zones humides salées de la Camargue, dans le Sud de la France.

TDF

source : http://french.peopledaily.com.cn/

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