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Dossier : Records de sécheresse et catastrophe incendiaire en France

L’été, marqué par une alternance de fraîcheur et de chaleur estivale, s’est achevé par une vague de chaleur tardive en fin de saison. Les nets rafraîchissements enregistrés les 18 juin, 14 juillet et 10 août ont précédé des pics de chaleur courts mais prononcés les 23 juin 2016, 19 juillet et 16 août puis un épisode de fortes chaleurs a concerné une grande partie du pays du 23 au 28 août.

Les précipitations, très abondantes en juin, tout particulièrement sur la moitié nord du pays, ont ensuite été très peu fréquentes hormis quelques orages localement forts. Avec seulement 60 mm en moyenne sur la France du 1er juillet au 31 août, la pluviométrie cumulée de ces deux mois est la plus faible enregistrée sur la période 1959-2016.

En août, la très faible pluviométrie combinée à des températures exceptionnellement chaudes pendant la deuxième quinzaine du mois a provoqué un assèchement très important des sols particulièrement sur la moitié sud.

Sur l’ensemble de la saison :

Les températures ont été supérieures aux normales* sur la majeure partie du pays, localement de plus de 1 °C sur la moitié nord. Elles ont été plus proches des valeurs de saison sur le Sud-Ouest, voire localement inférieures au pied des Pyrénées. En moyenne sur la France et sur l’été, la température a été supérieure de 0.6 °C à la normale*.

La pluviométrie a été déficitaire sur l’ouest du pays et sur les régions méditerranéennes. Elle a été plus proche des normales des Pyrénées centrales au sud du Massif central, le long des frontières du Nord et sur le flanc est, voire parfois légèrement excédentaire dans le Nord-Est. Le déficit a souvent dépassé 40 % en Normandie, des Pays de la Loire et du Centre – Val de Loire à la côte aquitaine, du Roussillon à la Provence et sur le nord de la Corse. En moyenne sur la France et sur la saison, la pluviométrie a été déficitaire de plus de 20 %.

Après un mois de juin très maussade, l’ensoleillement a ensuite été généralement supérieur aux valeurs de saison, tout particulièrement durant le mois d’août où quelques records ont été enregistrés. En moyenne sur l’été, le soleil s’est montré généreux sur le sud du pays, tandis que sur le Nord, l’ensoleillement a été légèrement déficitaire.

Certains départements ont atteint des records de sécheresse.

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Après les fortes pluies du printemps, les précipitations se sont faites plus rares pendant l’été. En août, le déficit des précipitations s’est élevé à 60 % en moyenne sur le territoire. Il est monté à 91 % sur les dix derniers jours du mois, indique une conjoncture Agreste du ministère de l’Agriculture, publiée le 5 septembre 2016.

Dans le Lot : Les agriculteurs ont beau espérer que le temps tourne à la pluie, le ciel lotois reste invariablement d’azur. Un grand soleil et pas une goutte d’eau depuis début juillet, la sécheresse s’installe, change la couleur de la nature et complique le travail des cultivateurs et éleveurs. Le Quercy Blanc, pourtant habitué aux étés sans eau, est aujourd’hui confronté à une situation exceptionnelle qui fait craindre aux agriculteurs de revivre les épisodes extrêmes de 1976 ou de 2003. D’autres régions comme la Bouriane ne sont pas épargnées par le phénomène. Nombre d’éleveurs ont préféré rentrer leurs bêtes à l’étable plutôt que de les laisser au milieu de champs brûlés par le soleil, sans herbe fraîche à se mettre sous la dent.

Pays Basque : Sécheresse et agriculture au Pays basque: « s’il ne pleut pas…on est cuit ». n mois de beau temps non-stop et de températures quasi caniculaires. C’est un fait, rare, mais pas du jamais vu au Pays basque, n’en déplaise aux mauvaises langues. « Dans le secteur de Garazi, la dernière pluie remonte à mi-août. Nous avons eu 15 petits millimètres d’eau. Cela n’a pas suffi à combler les manques, bien sûr », renseigne Manue Bonus, agronome à Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG, la chambre d’agriculture alternative au Pays basque). Jean-Marc Arranz, ingénieur recherche-développement à la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques, valide : « Si on ajoute à cela les prairies qui cuisent par 30°C depuis plusieurs semaines. Cela n’est pas joli à voir… »

La Haute-Vienne n’est pas épargnée par la sécheresse comme de nombreuses régions françaises. Malgré une pluviométrie abondante au printemps, les mois de juillet et août ont été très déficitaires à plus de 80%. Du jamais vu depuis 1973. Les sols accusent un déficit hydrique très important.

Hautes Alpes : Face au très faible débit dérivé sur le Drac, l’ASA du canal de Gap se voit dans l’obligation d’imposer des restrictions supplémentaires, sur les périmètres ou l’irrigation est encore en service. Pour les secteurs dérivés de la réserve des Manes (col Bayard) et pour ceux dérivés de la réserve des Jaussauds (col de Manse), l’arrosage est autorisé uniquement durant une nuit (de 20h à 8h) du dimanche au lundi.  Pour les secteurs dérivés de la branche de La Rochette, l’arrosage est désormais interrompu en raison du trop faible débit disponible pour une utilisation en flux direct. Enfin, pour les secteurs dérivés de la réserve de Corréo et ceux dérivés de la réserve de Pelleautier, l’arrosage reste livre grâce au stock, mais les prélèvements doivent être raisonnés le plus longtemps possible jusqu’à épuisement de la réserve.

La Corse et le Sud-Est (de l’Aude aux Alpes Maritimes) sont les régions les plus touchées par ce déficit hydrique. La différence de précipitation cumulée depuis mars s’y élève respectivement à 36 % et 35 %. Le Sud-Ouest et l’Ouest sont également en déficit sur cette période. Le premier a reçu un cumul de précipitations 11 % en dessous de la normale, et le second de 8 %. De nombreux et graves incendies se sont déclenchés ces derniers jours. Lundi 5 septembre 2016, tout le sud de la France était placé en alerte incendie en raison du vent et de la sécheresse persistante. D’autres incendies ont été signalés dans l’Aude et les Bouches du Rhône. Cette alerte a été renouvelée pour la journée de mardi, en particulier dans le département du Gard.

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Depuis le mois de juillet, très peu de précipitations ont été observées. Les rares orages s’étant déclenchés ne sont pas des pluies efficaces permettant d’humidifier les sols. La période juillet-août est d’ailleurs la plus sèche depuis 1959, avec une anomalie pluviométrique globale en France supérieure à 50%. De ce fait, la sécheresse s’étend, et s’accentue de semaines en semaines. A l’échelle nationale, la sécheresse des sols est proche des niveaux record de 1989.

Le nombre de départements en état de crise évolue sans cesse à la hausse : au 3 septembre, ce sont désormais 23 départements de l’Ouest qui sont placés en niveau de « crise », niveau le plus élevé. Pour comparaison, ils n’étaient que 9 départements au début du mois d’Août …

Au total, ce ne sont pas moins de 40 départements qui sont actuellement en niveau d’ « alerte », et 111 arrêtés préfectoraux de restriction d’eau sont à ce jour en place dans l’ensemble des départements en question (contre 65 arrêtés déposés lors de la première semaine d’août).

L’Histoire des sécheresses ne date par d’aujourd’hui et aucune liaison sérieuse ne peut être mise en parallèle avec le changement climatique actuel. D’autant plus que lors des grandes inondations qui ont lieu ce printemps 2016, certaines personnalités se sont opposés à des scientifiques appuyés par des modèles pour débattre si le réchauffement climatique en était la cause.

Si le Président de la République a fait le lien entre ces crues de ce printemps et le réchauffement climatique, « les scientifiques sont incapables d’établir un tel lien » poursuit Nicolas Chateauneuf. Même s’il est vrai que les pluies ont tendance à augmenter ces soixante dernières années et qu’il risque de pleuvoir davantage ces prochaines décennies pour cette raison.

Pour les grandes sécheresses : Voici ce qui s’est passé avant le XXeme siècle :

DATES DE NOS GRANDS ÉTÉS ET GRANDES SÉCHERESSES :

* VIe siècle : 580, 582, 584, 585, 586, 587, 589, 591
* VIIe siècle : 675, 700
* VIIIe siècle : 783
* IXe siècle : 874, 892
* Xe siècle : 921, 987, 994
* XIe siècle : 1078, 1094
* XIIe siècle : 1137, 1183, 1188
* XIIIe siècle : 1204, 1212, 1226, 1287
* XIVe siècle : 1305, 1306, 1325, 1331, 1334, 1361, 1384, 1392
* XVe siècle : 1473
* XVIe siècle : 1540, 1553
* XVIIe siècle : 1632, 1674, 1684, 1694
* XVIIIe siècle : 1701, 1712, 1718, 1719, 1726, 1727, 1767, 1778, 1793
* XIXe siècle : 1803, 1811, 1817, 1825, 1842, 1858, 1875, 1893

Au XXeme siècle :

En 1911, ce fut la seule année du siècle où on a dépassé les 35°C durant les mois de juillet, août et septembre à Paris (32 jours au dessus de 30°C à Paris et 53 jours à Marseille !)

En 1921, il a été seulement relevées 200 mm de pluie à Nancy et 278 mm Paris. La sécheresse a duré toute l’année. Cet été a été véritablement encore plus sec que celui de 1976.

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En 1949, l’été a commencé plus tôt. Il faisait déjà plus de 30°C en avril dans la moitié nord, et la sécheresse a duré tout l’été avec des températures extrêmement élevées.

En juillet 1950, au Luc il y a eu 19 jours de températures supérieures à 35°C (un record toujours pas battu).

En 1976, la sécheresse a été si importante que tout le monde s’en rappelle comme étant une des pires années de sécheresse de la fin du 20ème siècle en Europe. Cette année de début décembre 1975 jusqu’en août 1976 les précipitations mensuelles ont été souvent déficitaires dans la plupart des régions françaises. Conséquences les nappes phréatiques ne se sont pas rechargées. La sécheresse a surtout était intense dans la moitié nord du pays, alors qu’au contraire la Méditerranée a été plutôt touchée par des précipitations fortement excédentaires. Ceci est dû à l’anticyclone chaud couvrant d’habitude le Sahara et les pays méditerranéens, constitué d’air tropical sec, qui a progressé et stationné jusqu’à l’Europe du nord ouest et donc a dévié les dépressions vers le sud. Du 01/12/1975 au 30/06/1976, il est tombé seulement 121 mm de pluie sur Paris contre 304 mm en moyenne. Cette sécheresse a réduit de moitié les récoltes de céréales.

En juillet 1983, à Carpentras il y a eu 15 jours de températures supérieures à 35°C et 11 jours à Marseille.

En 1994, juillet et août ont connu 56 jours de températures supérieures à 30°C à Marseille-Marignane et 60 jours de températures supérieures à 30°C au Luc dont 31 jours en juillet.

En 2003 de mars à août, une sécheresse plus importante que celle de 1989 s’est installée sur l’Europe.

Fléaux parmi les plus dévastateurs, les sécheresses marquent depuis longtemps et d’une façon périodique l’histoire des populations.

Aujourd’hui, elles sont à la fois mieux connues grâce au progrès scientifiques, et plus graves socialement parce que les hommes concernés sont plus nombreux. Mettant toujours à l’épreuve les autorités des pays atteints et entraînant souvent l’intervention de la communauté internationale, elles constituent un problème politique majeur.

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Adaptation de la Terre du Futur

sources : http://www.francetvinfo.fr/http://www.meteofrance.fr/http://www.ladepeche.fr/ / http://www.sudouest.fr/ / http://www.lafranceagricole.fr/ / http://france3-regions.francetvinfo.fr/ / http://www.ledauphine.com/ / http://www.meteo-paris.com/ / http://www.france-pittoresque.com/ / http://www.francetvinfo.fr/ / http://la.climatologie.free.fr/ / http://www.persee.fr/ / http://books.openedition.org/ / http://www.tarbes7.fr/

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