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Découverte du plus gros gisement d’hydrogène naturel au monde et il est en France !

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Considéré par beaucoup comme le pétrole de demain, un gisement d’hydrogène blanc a été découvert en Lorraine. Au total, ce sont près de 46 millions de tonnes d’hydrogène blanc que peut contenir ce gisement, soit plus de la moitié de la production annuelle mondiale.

Plus gros réservoir mondial d’hydrogène blanc
C’est dans le bassin minier du puits Foschviller, en Moselle, que ce gisement d’hydrogène a été découvert. Alors que les scientifiques faisaient des recherches pour détecter la présence de méthane, c’est finalement ce qui est considéré comme le pétrole de demain qui a été découvert. Questionnés par France 3, les directeurs de recherche au laboratoire GeoRessources de l’université de Lorraine, Philippe De Donato, et au CNRS, Jacques Pironon, ont indiqué que cette source pourrait contenir jusqu’à 46 millions de tonnes d’or blanc. Il s’agit donc du plus gros gisement d’hydrogène blanc au monde.

Pour Philippe De Donato, « l’avantage de l’hydrogène blanc est qu’il est une source d’énergie primaire. Pas besoin d’énergie pour être transformé. C’est une ressource directement utilisable… L’hydrogène vert et l’hydrogène gris sont deux sources d’énergie secondaire », a expliqué le directeur de recherche. « Concernant la Lorraine, nous privilégions pour l’instant l’idée que l’hydrogène est ici le résultat de la présence, à la fois, de molécules d’eau et de minéraux composés de carbonates de fer…Si cette hypothèse se confirme, cela implique que cette production d’hydrogène, en plus d’être colossale et naturelle, pourrait donc être presque « renouvelable » », ont indiqué à France 3 les scientifiques à l’origine de cette découverte.

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Révolution ?

Changement de paradigme à l’aube de 2024, puisqu’à en croire les travaux menés par de nombreux géologues, non seulement, le fameux hydrogène blanc – ou hydrogène naturel – existerait, mais il semblerait en plus qu’il soit produit continuellement par la Terre et en grande quantité. Il ne faudrait donc plus parler de réserve, comme pour les énergies fossiles déjà bien connues, mais bel et bien de flux.

Retour en Moselle, donc, où les experts auraient découvert une source continue d’hydrogène estimée à pas moins de 46 millions de tonnes. Suffisamment donc pour couvrir les besoins de la France à horizon 2050, estimés à environ 3 millions de tonnes par an par le cabinet Asterès. De quoi faire de l’Hexagone “un des pays pionniers dans cette énergie du futur”, a assuré Emmanuel Macron après avoir annoncé des “financements massifs pour explorer le potentiel d’hydrogène naturel”. Un parcours jalonné d’incertitudes, mais qui pourrait néanmoins représenter un progrès de taille si les premières hypothèses venaient à se confirmer.

Pour atteindre ses objectifs de transition énergétique, l’Hexagone s’intéresse de très près à la production et à l’utilisation de l’hydrogène bas-carbone et renouvelable. S’il est à ce jour essentiellement mobilisé dans le secteur de la chimie ou celui du raffinage, selon l’IFP Energies nouvelles (IFPEN), il pourrait toutefois participer “à décarboner certains secteurs industriels, assurer le stockage de l’électricité ou alimenter le secteur des transports”. Dans un dossier publié en février 2023, l’État présentait d’ailleurs ce composant comme la “clé de voûte de la décarbonation de l’industrie”, utilisable “en substitution au charbon et au gaz naturel dans de nombreux procédés industriels”.

Si cette ressource est donc particulièrement convoitée pour le potentiel de décarbonation qu’elle offre aux industries et à la mobilité, elle se heurte toutefois à de nombreux freins, à commencer par ses modes de production. À ce jour, 95 % de l’hydrogène produit est en effet fabriqué à partir d’hydrocarbures, via un processus largement émetteur de CO2, l’un des plus importants gaz à effet de serre (c’est ce que l’on appelle l’hydrogène gris). Tout l’inverse de l’effet escompté, donc. Une autre méthode consiste à procéder à l’électrolyse de l’eau. Beaucoup plus coûteux et mobilisant de nombreuses ressources, ce procédé attire toutefois la convoitise du Gouvernement, qui lui a alloué une enveloppe de de 9 milliards d’euros pour l’horizon 2030.

La route semble donc encore longue et sinueuse pour produire un hydrogène peu coûteux et respectueux de l’environnement. En ce sens, l’hydrogène blanc représente une source d’espoir inestimable. Naturellement présent dans les sols et probablement renouvelable (l’hypothèse restant à confirmer), sa production ne s’accompagne d’aucune émission de dioxyde de carbone.

Ces ressources en hydrogène blanc pourraient constituer une formidable aubaine économique pour la France, dont le sous-sol est pauvre en hydrocarbures. D’autant qu’elles pourraient s’avérer gigantesques. Des études publiées en 2020 évoquaient des flux de 25 millions de tonnes par an, soit un quart de toute la consommation actuelle d’hydrogène, rapporte Isabelle Moretti, chercheuse à l’université de Pau et des Pays de l’Adour et membre de l’Académie des technologies. D’autres analyses faisaient miroiter quelque 170 000 ans de production d’hydrogène.

De nouvelles investigations sont prévues pour établir des évaluations plus précises. « C’est engageant, mais il faut continuer à travailler pour lever les incertitudes », insiste Yannick Peysson. Si les gisements français sont probablement conséquents, ils ne pourront pas devenir une solution miracle pour l’approvisionnement énergétique de la France. Il est plus raisonnable de se dire que cela constituera « un complément important », prévient Christophe Turpin.

Sources : https://econostrum.info/ / https://selectra.info/ / https://www.francetvinfo.fr/

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