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Canicule et Incendies en Russie

La canicule et les incendies (voir image) qui sévissent en Russie pourraient coûter jusqu’à 14 milliards de dollars au pays, estiment des économistes, alors que la météo ne prévoit aucun répit pour cette semaine.
Soucieux de soigner son image d’homme d’action et de minimiser les retombées politiques du désastre, le Premier ministre Vladimir Poutine s’est envolé à bord d’un avion bombardier d’eau au-dessus d’un brasier situé au sud-ouest de Moscou.

Lundi soir, le ministre des Situations d’urgence, Sergueï Choïgou, a proposé d’injecter 54 milliards de roubles (1,37 milliard d’euros) sur trois ans pour moderniser les services de lutte contre les incendies, dont l’efficacité a été mise en cause.

Selon le ministère des Situations d’urgence, la superficie touchée par les incendies restait la même mardi, avec 557 foyers répartis sur 1.740 km2. Une porte-parole a précisé que 42 bombardiers d’eau et près de 166.000 personnes étaient mobilisés contre les flammes.

La canicule exceptionnelle qui frappe la Russie et qui se traduit en particulier par des incendies de forêts et de tourbières se lit sur cette image spectaculaire publiée par la Nasa hier.

Les couleurs de cette carte correspondent à des anomalies de températures relevées par satellites durant la période du 20 au 27 juillet dernier relativement à une moyenne calculée sur la même période lors des années 2000 à 2008 (ici le texte de la Nasa). Le bleu le plus intense code une anomalie de température de -12°C et le rouge le plus intense une anomalie de +12°C.

Les zones les plus chaudes sont également celles où sévissent la plupart des près de 560 incendies de forêts et de tourbières qui couvraient, le 6 aout, près de 180 000 hectares. En moyenne un hectare de forêt incendié dégage entre 80 à 100 tonnes de particules de suie et dix à douze tonnes de gaz (oxydes de carbone, d’azote et de soufre).

Le maire de Moscou Iouri Loujkov, critiqué pour ne pas être rentré de vacances la semaine dernière, a estimé que seule la nature était responsable de la catastrophe. « C’est un nouveau défi que nous envoie le ciel », dit-il dans une interview publiée mardi par le quotidien russe Izvestia.
Mais le Kremlin n’a guère goûté son absence la semaine dernière, et l’a fait savoir via une source interne citée par les trois grandes agences de presse du pays.

« L’absence du maire n’a certainement pas facilité la prise rapide des décisions qui s’imposaient », a déclaré cette source. Quant au chef des services forestiers de la région de Moscou et des provinces voisines, il a été limogé par la ministre de l’Agriculture Elena Skrinnik.

Et pour la première fois depuis le début de la canicule, les autorités municipales ont confirmé la hausse spectaculaire du nombre de décès dans la capitale russe : selon le chef de la direction de la santé de la ville, « la mortalité a été multipliée par deux » depuis le début de la crise, soit 700 décès par jour dans la seule ville de Moscou.

Fumées sur Moscou

La vague de chaleur, la pire jamais enregistrée en Russie, a détruit de nombreuses récoltes et les incendies ont plongé Moscou dans un nuage de fumées toxiques. Selon des scientifiques russes, c’est la pire canicule depuis 1000 ans.

Selon Alexandre Morozov, économiste en chef pour la Russie et la CEI chez HSBC, la canicule et ses conséquences pourraient retrancher un point de pourcentage de croissance du produit intérieur brut (PIB) russe.
Avant le désastre, une croissance de 4% était prévue pour le PIB russe en 2010, après la chute de 7,9% subie en 2009 à cause de la crise financière.

« Les pertes dans l’agriculture semblent plus graves à présent, et je pense qu’elles contribueront à (la perte de) 0,5 point de pourcentage. Le demi-point restant viendra des autres secteurs: production industrielle, demande et productivité en baisse », a déclaré Morozov.

Le nuage toxique qui s’étend sur Moscou devrait quant à lui diminuer les bénéfices du secteur commercial et de la restauration.

Selon les météorologistes, les températures dépassent les 32°C depuis 50 jours consécutifs à Moscou et dans le centre du pays. Des pics moyens à 35°C au moins sont à prévoir pour toute cette semaine, a indiqué à Reuters le directeur adjoint des services météo, Dmitri Kiktov.

La puissance d’observation des satellites peut se vérifier aussi avec cette image montrant les incendies sur la planète entière en juillet 2010 :

sources : http://www.lexpress.fr/ / http://sciences.blogs.liberation.fr/ / http://www.esa.int/ / http://www.lemonde.fr/

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