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Un monde sans éthique

Ce qui suit démontre sans ambiguïté que le XXIeme siècle sera le siècle où l’éthique des origines, de la manipulation génétique, un interdit est tombé. Le futur ne sera plus le même de celui imaginé par nos ancêtres qui retourneraient dans leurs tombes si ils avaient pu imaginer une telle chose. 

Les députés britanniques autorisent la conception de bébés à partir de trois ADN.

L’ADN de l’embryon contient les instructions pour la construction de l’organisme humain mais, parfois, l’embryon ne se développe pas correctement et est éliminé lors d’une fausse couche. En France, d’après l’Inserm, lorsqu’un couple a recours à la procréation médicalement assistée (PMA), les chances de grossesse sont estimées à 13 à 30 % par tentative. Pour mieux comprendre ces échecs du développement embryonnaire, des chercheurs britanniques souhaitent modifier génétiquement des embryons humains par la technique d’édition de gènes.

La technique de « remplacement de mitochondries », qui vise à éviter la transmission de maladies génétiques liées à ces composants de l’ovule maternel, est désormais permise Outre-Manche.Bien que le parlement britannique ait adopté la modification de la loi de 2008 sur l’assistance médicale à la procréation pour autoriser le remplacement des mitochondries, la technique n’en sera pas pour autant immédiatement proposée. Comme toute technique à la pointe de la science, elle doit être encadrée par des dispositions réglementaires que la HFEA doit élaborer. Cette instance de régulation doit concevoir et mettre en œuvre une procédure, définissant notamment un cahier des charges pour les établissements qui seraient autorisés à la pratiquer.

Des questions éthiques sont également soulevées à propos de cette nouvelle technique. Tout d’abord, le fait qu’elle entraîne une modification de ce que l’on appelle la lignée germinale, autrement dit les cellules participant à la fécondation (par opposition à la lignée somatique qui donne les autres cellules de l’organisme). Dès lors, cela signifie que l’ADNmt provenant de la donneuse va également être transmis à la descendance en plus de celui des deux parents.

Le bénéfice – la non transmission de la mutation – est évident, mais cela peut susciter des interrogations. En particulier le caractère anonyme ou non du don de mitochondries (le don de gamète n’étant pas anonyme). Lors du congrès mondial de bioéthique, le 25 juin 2014 à Mexico, le Dr John Appelby, du centre d’éthique et de législation médicale du King’s College (Londres), a évoqué le fait que le don de mitochondries n’est pas susceptible d’influer significativement sur l’identité et les traits physiques des descendants, qui seraient donc peu enclins à s’enquérir de l’identité de la donneuse de mitochondries. Mais d’un autre côté, pourquoi refuser l’accès à une telle information, s’est-il interrogé.

Le Royaume-Uni est devenu jeudi 15 décembre 2016 le premier pays à autoriser la conception de bébés à partir de l’ADN de trois personnes, une technique à finalité thérapeutique qui est critiquée sur le plan éthique.

Cependant un pas a été franchi vers une modification profonde de l’ADN d’origine.

En Chine :

Des chercheurs chinois sont parvenus à modifier un gène défectueux dans plusieurs embryons humains, une première apparemment, mais cette technique encore très incertaine conforte les préoccupations éthiques et les réticences de la communauté scientifique envers de telles manipulations génétiques.

Un de ces chercheurs, Junjiu Huang, un généticien de l’Université Sun Yat-sen à Guangzhou, explique comment ils ont manipulé des gènes de plusieurs dizaines d’embryons fécondés, mais pas viables qui n’auraient pas pu de ce fait se développer et produire des êtres humains. Ces embryons provenaient d’une clinique de fertilité.

Selon Nature, ces chercheurs indiquent avoir «eu de grandes difficultés» et que leurs travaux «montrent la nécessité urgente d’améliorer cette technique pour des applications médicales».

Les généticiens chinois ont injecté 86 embryons avec une version corrigée du gène défectueux et attendu 48 heures. Soixante-et-onze embryons ont survécu, dont 54 ont été testés.

Mutations non prévues

Ils ont constaté que le gène corrigé a fonctionné dans 28 embryons, mais que seule une fraction contenait le nouveau gène.

«Si on veut appliquer cette technique à des embryons viables, il faut que le taux de remplacement soit proche de 100 %», a souligné Junjiu Huang, cité par Nature.

«C’est la raison pour laquelle nous avons arrêté cette expérience, car nous pensons que cette technique n’est pas au point», a-t-il expliqué.

Le chercheur a aussi jugé encore plus préoccupant «le nombre étonnamment élevé» de mutations non prévues dans ce processus d’édition génétique, plus grand que ce qui a été observé dans des expériences faites jusqu’ici en laboratoire sur des cellules humaines adultes ou de souris.

Cependant les techniques progressent et ça reste dans la lignée du film GATTACA. C’est également un coup de tonnerre dans le monde de la génétique. Un groupe de chercheurs chinois avait annoncé mercredi 22 avril 2015 avoir procédé à des modifications génétiques sur des embryons humains. Une première mondiale qui réalise le fantasme – ou la crainte – d’une intrusion dans le code du vivant humain. Une expérience qui constitue le franchissement d’une ligne jaune. 

En ligne de mire : le fantasme d’un humain amélioré et augmenté, pas si fantasmé que ça à en croire Laurent Alexandre, chirurgien et directeur de DNA Vision. Expert du transhumanisme, il pense même que le big-bang médical est pour demain. «L’effondrement du coût du séquençage ADN, divisé par trois millions en dix ans, les premières thérapies géniques, bientôt la régénération des organes à partir des cellules souches… les Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives (NBIC), vont bouleverser la médecine», prédit-il. Cet ensemble de technologies est, en partie, porté par les géants de la Silicon Valley, dont les dirigeants, tenants de l’idéologie transhumaniste, ont d’ores et déjà annoncé la couleur…

En France, dès 2015, le philosophe Pierre Le Coz ou le biologiste Jacques Testart avaient réagi négativement, parlant « d’effraction dans le sanctuaire du génome » ou plaidant pour que « l’artifice procréatique s’arrête là où il est des situations où l’enfantement n’est pas souhaitable ».

De son côté, la Fondation Jérôme Lejeune a vivement réagi jeudi 15 décembre à la décision britannique. « Cette nouvelle technique de PMA avec manipulation du génome implique plusieurs transgressions, comme la modification des lignées germinales et la fabrication d’embryons transgéniques », expliqueJean-Marie le Méné, son président.

« Face à cet Hiroshima bioéthique, que propose la France ? Qu’est-il envisagé pour protéger l’intégrité du patrimoine génétique de chaque être humain ?, interroge-t-il. La FIV à trois parents marque une révolution biotechnologique et éthique que la France ne peut ignorer. La modification du patrimoine génétique humain relève à la fois de l’eugénisme et du transhumanisme ».

Adaptation TDF

Sources : http://www.lemonde.fr/ / http://www.futura-sciences.com/ / http://www.la-croix.com/ / http://www.liberation.fr/ / http://www.lapresse.ca/http://www.sciencesetavenir.fr/

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