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Sècheresse, la Nina en cause

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Le phénomène La Niña pourrait durer jusqu’en 2023, et ce n’est pas une bonne nouvelle
L’ONU a annoncé vendredi que La Niña pourrait durer jusqu’en 2023. Les conséquences mondiales de ce phénomène météo ravageur, cousin d’El Niño ? Pluies abondantes, cyclones, sécheresse…

Mais qu’est-ce que La Niña ? En simplifié, c’est le contraire d’El Niño. Ce dernier provoque, souvent vers Noël, la hausse de la température à la surface de l’eau dans l’océan Pacifique tropical et l’inversion des alizés. Ses répercussions sur le climat sont mondiales. La Niña voit la température à la surface de l’eau diminuer. Ce qui génère un dérèglement climatique. La Niña revient tous les 5 ans en moyenne et dure entre un et deux ans. Or là, elle est revenue deux fois de suite.

Si les deux ne sont pas causés l’un par l’autre, on remarque que La Niña survient régulièrement après un épisode d’El Niño. Les deux phénomènes sont aux deux extrémités d’une échelle nommée Enso (El Niño Southern Oscillation, ou oscillation australe), qui évalue l’interaction entre l’atmosphère et la température de l’océan Pacifique austral. Les phases sont : La Niña -températures anormalement basses- / neutre / El Niño -températures anormalement élevées.

Les conséquences de La Niña sont moins fortes qu’El Niño, mais elles ne sont pas anodines : typhons, cyclones, augmentation des pluies, sécheresses… Pour Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM, « le réchauffement climatique amplifie les effets des phénomènes naturels tels que La Niña, ce qui se traduit notamment par une chaleur et une sécheresse plus intenses -et le risque associé de feux de forêt- ainsi que par des précipitations et des inondations records. Nous en avons été tragiquement témoins au cours des derniers mois dans presque toutes les régions du monde. »

Selon l’OMM, il y a 70 % de probabilité que l’épisode actuel se prolonge jusqu’à fin août, et certaines prévisions à moyen terme montrent « qu’il persistera jusqu’en 2023 ». Si cela venait à se confirmer, ce ne serait que la troisième fois depuis 1950 que ce phénomène est observé pendant trois hivers consécutifs.

Les dernières prévisions saisonnières « indiquent un risque concret que la saison des pluies d’octobre à décembre n’ait pas lieu » en Somalie et dans certaines régions du Kenya et de l’Éthiopie, a précisé Clare Nullis.

La Niña, un phénomène épisodique

Si le phénomène se produit tous les cinq à sept ans environ, le dernier épisode d’une telle intensité daterait de 2011. Le phénomène est naturel. Il naît de la fluctuation des températures océanique dans le Pacifique équatorial combinée à des variations de l’atmosphère. Les variations de température de l’océan sont en apparence faibles pour les non-initiés, -0,6 et -1,0 °C, mais pour les spécialistes, ce delta modifie grandement l’écosystème climatique.

Son pendant, El Niño, trouve son origine dans l’invasion d’un courant chaud qui survient au large des côtes péruviennes au moment de Noël (d’où son nom qui signifie « petit Jésus ») et marque la fin de la saison de la pêche pour les locaux. Son appellation a inspiré les scientifiques qui ont décidé de donner au phénomène inverse l’appellation la Niña.

Etant donné qu’ils se forment du fait de l’immensité de l’Océan Pacifique et de ses variations entre pression atmosphérique et courant océanique équatorial, on ne les retrouve pas dans les océans indien et atlantique. La faible surface d’interaction entre les courants atmosphériques et océaniques est insuffisante pour produire un tel phénomène.

Les phénomènes comme La Niña ou El Niño perturbent nos vies mais sont aussi des événements récurrents qui aident à construire des modèles météorologiques saisonniers.

Les eaux froides produisent des hautes pressions (anticyclone) alors que les eaux chaudes forment des dépressions. Dans les deux cas, les vents produits perturbent les hautes atmosphères où circule, entre autres, le Jet Stream et affectent indirectement les régimes de précipitation ou favorisent la formation d’ouragans.

Ainsi, les eaux chaudes poussées à l’ouest provoquent des dépressions sur l’Australie qui connaît des précipitations importantes, voire des inondations durant l’épisode Niña. La situation se propage à l’Asie du sud-est et des îles du Pacifique.

Inversement, les eaux froides remontées par effet d’upwelling provoquent des anticyclones et une sécheresse sur les côtes d’Amérique Centrale mais aussi jusqu’à la Corne de l’Afrique.

L’Europe est touchée de manière plus incertaine du fait de l’éloignement et de l’interaction d’autres vents, comme ceux d’Afrique. Mais des études semblent confirmer que le phénomène oscillatoire ENSO provoque en Europe des hivers doux en épisode sous l’effet el Niño ou plus froid en cas épisode Niña.

sources : https://www.lalsace.fr/ / https://www.willagri.com/

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