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Le blob de chaleur de l’océan Pacifique Nord impacte durement le climat sur l’Amérique du Nord et l’Europe… Chaleurs et sécheresses

credit NOAA

Celui que les scientifiques surnomment « le blob » est une zone de chaleur anormale située dans une partie de l’océan Pacifique. Cette grande masse d’eau, localisée au large des côtes de l’Amérique du Nord, a été découverte à la fin de l’année 2013 et a continué à se propager et à se réchauffer au cours des années suivantes. Pourquoi l’appelle-t-on le blob ? Il s’agit d’une référence directe au film d’horreur du même nom sorti en 1988 ! Dans ce film américain, une masse monstrueuse, venue de l’espace, se propage sur la Terre et avale tout sur son passage, animaux et êtres humains. Un peu à l’image de cette vague de chaleur qui se propage dans l’océan en anéantissant la vie marine.

L’université d’Hambourg, qui a étudié le phénomène et publié son étude dans Communications Terre & Environnement, estime que, lors de son pic entre 2013 et 2015, le blob de chaleur a causé la mort de plus de 100 millions de morues et de milliers d’oiseaux marins, en plus d’autres espèces tout aussi touchées mais moins visibles. La reproduction des baleines a également été affectée, et la population d’étoiles de mer a subi une vague de mortalité d’origine inconnue, peut-être également causée par la chaleur de l’eau. Ce pic de chaleur a aussi engendré la prolifération d’une algue toxique qui a obligé de nombreuses entreprises de pêche à suspendre leurs activités.

Le blob continue de se réchauffer et influence la météo

Le blob de l’océan Pacifique continue de se réchauffer : l’université d’Hambourg estime que la température gagne en moyenne 0,4 °C par décennie. Les températures atteignent un niveau digne de l’été 37 jours de plus par an, en comparaison des 20 ans précédentes. En 2019, la température de cette zone du Pacifique a dépassé de 6 °C le niveau des moyennes de saison. Cette chaleur de l’eau n’affecte pas seulement la vie marine, elle influence la météo de la zone et des terres à proximité.

Les scientifiques ont découvert qu’il y avait de moins en moins de nuages bas au-dessus de cette zone du Pacifique au cours de l’hiver : ces nuages ont un effet rafraîchissant sur les eaux de surface. Des zones de hautes pressions se forment davantage, avec un ciel dégagé et donc un temps sec, aggravant la sécheresse des terres canadiennes et américaines situées à proximité.

Dès 2015, l’impact en Amérique du Nord est édifiant

L’île de Vancouver, première région de la Colombie-Britannique à être déclarée victime d’une sécheresse extrême extraordinaire, souffre d’un nouveau phénomène dans l’océan Pacifique : le Blob.

Le Blob est le nom donné à une masse d’eau chaude au large de la côte ouest canadienne et qui contribue depuis deux ans à aggraver les conditions propices aux sécheresses, qui pourraient devenir la nouvelle norme dans la région.

Cette sécheresse extrême, qui assèche les puits, brunit les champs et embrase les forêts à la moindre étincelle, est la pire qu’aient jamais connue les 750 000 habitants de l’île de Vancouver.

Des hivers de plus en plus chauds à cause du Blob

Mais dans les massifs montagneux de l’île, au lieu de la neige, c’est de la pluie qui tombait. Une pluie dont la manne d’eau si précieuse s’est immédiatement écoulée au lieu de former le réservoir de neige alimentant les rivières jusqu’à la fin de l’été.

Le météorologue d’Environnement Canada pour la Colombie-Britannique, Matt MacDonald. Il attribue cette sécheresse sans précédent à trois facteurs qui se sont combinés en une équation parfaite : des records de chaleur cet hiver, un printemps plus doux que jamais et une absence de précipitations printanières.

La source principale de cette sécheresse extraordinaire, explique le météorologue, se situe à 300 km au large de l’île de Vancouver, en plein océan Pacifique. Là, les océanographes ont découvert en 2013 une énorme masse d’eau, de 1000 km sur 1000 km, qui est de 3 à 4 degrés plus chaude que le reste de l’océan. Ils ont surnommé cette masse d’eau imperturbable aux courants et aux tempêtes le « Blob ».

Le Blob tel qu’observé en 2019-2021 (contours blancs) et les tendances de températures à la surface de la mer entre 1996 et 2021 (échelle de couleurs, en °C par décennie). Crédits : A. Barkhordarian & coll. 2022.

Causes du Blob : La cause immédiate du phénomène a été les taux de perte de chaleur de la mer à l’atmosphère inférieurs à la normale, aggravés par une circulation de l’eau inférieure à la normale, ce qui a entraîné une couche d’eau statique supérieure. Ces deux éléments sont attribués à une région de haute pression statique dans l’atmosphère, appelée la crête ridiculement résiliente , qui existe depuis le printemps 2014. Le manque de mouvement d’air a un impact sur les courants forcés par le vent et l’agitation de la surface générée par le vent, des eaux. Ces facteurs ont à leur tour influencé la météo dans le nord-ouest du Pacifique à partir de l’hiver 2013-2014 et peuvent avoir été associés à l’été inhabituellement chaud connu dans le nord-ouest du Pacifique continental en 2014.

La raison de ce phénomène n’est pas claire. Certains experts considèrent que le blob d’eau chaude présage un changement cyclique avec les eaux de surface de l’océan Pacifique à mi-latitude passant d’une phase froide à une phase chaude dans un cycle connu sous le nom d’oscillation décennale du Pacifique (PDO).

Ce changement mal compris se produit à des intervalles irréguliers d’années ou de décennies. Pendant une phase chaude, le Pacifique occidental devient plus frais et une partie de l’océan oriental se réchauffe; pendant la phase froide, ces changements s’inversent. Les scientifiques croient qu’une phase froide a commencé à la fin des années 1990 et l’arrivée du Blob pourrait être le début de la prochaine phase chaude. Les phases PDO peuvent également être liées à la probabilité d’événements El Niño.

L’oscillation décennale du Pacifique ( PDO ) est un modèle récurrent et robuste de variabilité du climat océan-atmosphère centré sur le bassin du Pacifique à la latitude moyenne. La PDO est détectée comme eau de surface chaude ou froide dans l’océan Pacifique.

Donc la conclusion de tout ceci, nous assisterions à un changement de phase de la PDO et pendant l’intervalle, il y a ces blobs qui apparaîtraient. Ceux ci pourraient être accentués par le réchauffement qui est constaté.

Vous pouvez voir dans l’image ci-dessous à quoi ressemble un modèle PDO typique. Un modèle d’anomalie en fer à cheval est présent le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, ce qui nous indique quelle phase est actuellement active. Ci-dessous, nous avons un exemple de modèle PDO en phase froide.

Ci-dessous, un graphique sur 8 ans montrant le développement du PDO depuis début 2014. Vous pouvez voir que la phase froide a commencé à démarrer début 2020. Le graphique montre également le processus de transition d’une phase à l’autre, qui prend un certain temps.

Comme un PDO négatif favorise le développement d’un bassin chaud dans le Pacifique Nord, il offre des conditions favorables au développement de vagues de chaleur océaniques et de points chauds. Nous pouvons donc l’utiliser comme un indicateur précoce de certains schémas de circulation atmosphérique.

Et l’Europe dans tout ça ?

La prévision du modèle de pression montre le système anticyclonique dans le Pacifique Nord, avec un anticyclone plus fort sur l’ouest des États-Unis et dans l’Atlantique Nord. Il a également une zone de basse pression suggérée sur l’Alaska et l’ouest du Canada.

Voici une carte des sst de ce mois d’aout 2022 :

credit NOAA

On observe clairement le blob chaud dans le Pacifque Nord, et comment ne pas suggérer son impact sur l’atlantique et la méditerranée ? La carte ci-dessous montre les zones mondiales typiques où ces vagues de chaleur océaniques se produisent. Nous allons nous concentrer sur le Pacifique Nord aujourd’hui, car il développe une nouvelle forte vague de chaleur océanique.

credit https://www.severe-weather.eu/

Les impacts combinés de l’oscillation décennale du Pacifique (PDO) et de deux types de La Niña sur les anomalies climatiques en Europe sont étudiés. En particulier, la conjonction de la phase PDO négative et de deux types différents d’événements La Niña favorise des anomalies fortes et significatives du modèle d’oscillation nord-atlantique (NAO) avec une polarité opposée.

Pour le Pacifique central (CP) La Niña, un signal positif clair de NAO peut être détecté, qui s’accompagne d’une anomalie positive de la température de l’air de surface (SAT) et d’une structure dipolaire des anomalies de précipitations en Europe. En outre, un modèle de téléconnexion Pacifique-Amérique du Nord (PNA) négatif typique se forme, y compris une anomalie de haute pression sur le sud-est des États-Unis, ce qui peut contribuer au développement et au maintien de l’anomalie NAO en renforçant la baroclinicité et la moyenne tourbillonnante locale. interactions de flux.

Cependant, pour le Pacifique oriental (EP) La Niña, un train d’ondes zonal dans les hautes latitudes peut être observé, ce qui est assez différent de la structure typique des PNA. Ici, un anticyclone anormal au-dessus du sud du Groenland soutient un modèle NAO négatif à travers l’interaction locale de l’écoulement tourbillonnaire moyen et l’advection de vorticité associée. Par conséquent, des anomalies de SAT et de précipitations inversées se produisent sur l’Europe. Des analyses plus poussées indiquent que les trains d’ondes émanant du Pacifique Nord et l’interaction synoptique entre l’écoulement tourbillonnaire et moyen jouent un rôle essentiel dans la formation des phases anormales de NAO.

Pour résumer, ce qui se passe sur l’océan pacifique a un fort impact sur l’Europe. Ceci impacte la NAO et le positionnement des centres d’actions sur l’Europe. Nous sommes toujours en Nina CP qui explique ce fort phénomène de sécheresse qui devrait se poursuivre jusque sur l’hiver prochain. Il restera à surveiller le pourtour méditerranéen pour de futurs violents orages tant la méditerranée est en surchauffe mais ceci est à suivre….

Adaptation Terra Projects

sources : https://www.futura-sciences.com/ / https://ici.radio-canada.ca/ / https://sciencepost.fr/ / https://www.severe-weather.eu/ / https://www.researchgate.net/

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