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Notre monde et votre assiette en 2030

Votre assiette en 2030 : cinq scénarios possibles :
avec Pierre Feillet, membre de l’Académie d’agriculture et de l’Académie des technologies..

Que trouverez-vous dans votre assiette en 2030 ? Les OGM sont-ils la clé de la réussite d’une agriculture raisonnée ? Steaks de clones, végétaux enrichies en vitamines et minéraux, gras de porc transformé en oméga- 3, Pierre Feillet nous livre cinq scénarios pour les années à venir, à mi-chemin entre science fiction et réalité !

Chaque scénario est une extrapolation du scientifique Pierre Feillet. Tous les éléments datés de 2007 au plus tard sont avérés. Les autres sont des hyptohèses.

Premier scénario : La science bâtit le meilleur des mondes
Depuis les années 2000, nombreux scientifiques et chercheurs pensent que les biotechnologies dans l’alimentation sont l’avenir de notre alimentation : ils vont accroître notre productivité, améliorer la qualité des produits et contribuer à protéger notre écosystème.

Le miracle des enzymes et des levures

Et si les souches de levure OGM permettaient de transformer n’importe quel vin en brevage exquis ?En 2030, les enzymes génétiquement modifiées permettront certainement de donner au lait la même saveur, malgré les saisons, les espèces de vaches et leur type d’alimentation. Il en va de même avec le vin ! La construction de souches de levure OGM permettra de fabriquer des vins très appréciés, à moindre coût et de qualité constante.
Quant au pain, l’utilisation d’enzymes résistantes à la température de cuisson, empêchera celui-ci de rancir pendant deux semaines.

Les cultures

En 2030, Les céréales et les légumineuses n’auront plus besoin d’engrais azotés. Génétiquement modifiées, elles seront en effet capables de fixer l’azote dans l’air. (Ces recherches ont débuté dans les années 1980, en partenariat avec l’INRA, l’Institut Pasteur et la société Elf-Aquitaine).

L’agriculture

En 2006, la Food and Drug administration aux Etats-Unis, en charge de la sécurité des aliments, a conclu en l’innocuité des steaks de clones. Pour le moment, cette démarche très onéreuse n’est absolument pas rentable (30 000 euros la bête clonée)

Porcelets transgéniques dont la chair contient des acides gras oméga-3. A gauche un porcelet non-transgénique de la même portée© Macmillan PublishersCette même année en revanche, des porcs aux oméga-3 sont nés ! En d’autres termes, la graisse de l’animal a été transformée en bon gras (oméga-3) que l’on retrouve dans le saumon et l’huile d’olive.

Nano biotechnologies contre OGM

Les “aliments atomiquement modifiés”, appelés également nano biotechnologies pourraient coiffer au poteau les OGM. Avec cette technologie on sait actuellement :
modifier le goût, la couleur, la conservation des aliments (glaces, sodas)
cibler des nutriments ingérés (encapsulation d’oméga-3 dans le pain par exemple)
solubiliser des vitamines
détecter des bactéries à l’aide de capteurs

Parmi les vedettes des nano biotechnologies, les cyclodextrines : ces pièges à molécules servent à l’encapsulation des arômes et des huiles essentielles. Elles permettent également de piéger le cholestérol et de protéger les huiles contre le rancissement.

Actuellement le marché des nano biotechnologies représente en France un marché avoisinnant les 20 milliards de dollars et celles-ci deviendront certainement omniprésentes dans l’alimentation des hommes.

Deuxième scénario : une alimentation qui protège la santé, prescrit par les pouvoirs publics
En s’appuyant sur les campagnes qui visent à responsabiliser les Français en les incitant à une pratique sportive, en limitant les aliments gras…Pierre Feillet imagine pour 2030 Vitaliment, nouveau nom de la carte vitale. En plus du dossier médical, cette carte mémorisera le profil alimentaire du porteur, défini par les nutritionnistes.
Elle permettrait ainsi de pister ceux qui ne respecteraient par leur régime, à l’occasion de contrôles inopinés !

Le sucre et le sel seront bannis des tables de restauration hors foyer. Les chèques fruits légumes, proposé par Serge Hercberg en 2001 seront mis en place pour les familles les plus modestes. Des coupeurs d’appétit seront incorporés dans les aliments très caloriques, afin de lutter contre l’obésité…

Troisième scénario : l’impérialisme agro-industriel impose ses produits
En 2030, Les sommes investies dans la publicité, par les industries agroalimentaires seront si importantes, que les messages des États visant à promouvoir une éducation nutritionnelle demeureront inefficaces. (La publicité en France représentait en 2006 un marché de 2 milliards d’euros)

La publicité en matière d’alimentation visera les enfants en priorité. L’INRA a en effet démontré scientifiquement en 2005 que les goûts se formaient à l’âge de deux, trois ans.

Quant au domaine de l’alimentation-santé, il prend toute son ampleur. On ne s’alimente pas par plaisir, mais par souci de santé.
En 2006 Michel-Édouard Leclerc travaillait sur l’intérêt du consommateur pour son bien être. Pour qu’un produit le séduise, il doit comporter au moins l’un de ces 5 symboles :
une notion de tonus et de vitalité
être riche en minéraux et oligoéléments
donner une impression de légèreté
contenir des acides gras essentiels
être riche en fibre, être bon pour le transit

Pionnier dans le domaine de l’alimentation-médicament, le groupe Danone en a fait son cheval de bataille, avec pour produits vedettes Actimel, Activia, et autres Danacol.

Quatrième scénario : protéger le cadre de vie en faisant appel aux OGM
En 2030, arriverons-nous à un cercle vertueux de l’agriculture raisonnée ?
Les rendements seraient élevés sans pour autant porter atteinte à la qualité du milieu environnant grâce à l’utilisation… des OGM de quatrième génération (fixant l’azote de l’air et ils n’auront plus besoin d’engrais)

Le maïs génétiquement modifié était la seule céréale cultivée en France, jusqu’au moratoire en 2007Les OGM éloigneraient également le spectre d’une pénurie d’eau car les cultures seraient génétiquement modifiées pour être moins gourmandes.
Après “la révolution verte”, nous parlerions alors de “révolution bleue” (produire plus avec chaque goutte d’eau).

Pour Claude Allègre, « avec les OGM se trouve là le moyen de faire disparaître définitivement la faim dans le monde. Et plus important encore, de mettre faim à l’agriculture industrielle dans des conditions économiques qui ne léseront pas nos paysans ».

Effet pervers de l’agriculture biologique ?
Tant que le bio occupe un pourcentage minime des surfaces, il n’y a pas de risque de pénurie ; les autres semences (non bio) font barrages aux maladies. Mais en extrapolant à 2018, l’agriculture biologique pourrait être généralisée à 20% des terres cultivées. Les rendements baisseraient alors et une importation deviendrait nécessaire.

Cinquième scénario : Retour aux sources
Dernier scénario imaginé par Pierre Feuillet : en 2030, les Français deviendront des alter consommateurs. Ils ne voudront plus subir la dictature des industriels.
Le Slow Food né en 1986 en Italie qui vise « à lutter contre les effets dégradants du fast-food standardisant les goûts », rencontrera un vif succès. Association forte de 80 000 militants en 2005, ils seront vingt fois plus nombreux en 2015.

En 2030, les Français retrouveront les traditions alimentaires qui fondent leur culture, même si manger des aliments sains est plus couteux. Ils prendront de nouveau le temps de préparer de bons repas et de se retrouver à table en famille ou entre amis.

source : http://www.canalacademie.com/

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