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Le désastre climatique

« L’affirmation selon laquelle il y a un danger grandissant d’un désastre climatique provoqué par l’énergie fossile n’est pas fondée » ; aux Etats-Unis, c’est le point de vue d’un Institut de recherche, le « Competitive Enterprise Institute »

L’institut a donc financé une campagne publicitaire hostile aux écologistes et défend « les bienfaits économiques des énergies fossiles » ; l’un des deux spots publicitaires se conclut sur l’image d’une petite fille soufflant sur le duvet d’un pissenlit tandis qu’une voix féminine dit : « le dioxyde de carbone, ils l’appellent pollution, nous l’appelons source de vie ». Le second spot se concentre sur « la disparité entre les unes des médias sur la fonte des glaciers et la réalité scientifique ».

Mais à aucun moment, la campagne publicitaire ne rappelle que le « Competitive Enterprise Institute » est aussi un groupe de pression ultra-conservateur proche de l’administration Bush, elle-même très hostile au processus de Kyoto.

Un nouveau monde

Le spectre de nouveaux désastres  hante désormais le monde. Ils appartiennent essentiellement à deux catégories. D’une part, des catastrophes dites « naturelles » ou « climatiques » – inondations, sécheresses – prennent des dimensions parfois apocalyptiques en raison des désordres écologiques causés par l’augmentation exponentielle des gaz à effet de serre. D’autre part, des catastrophes industrielles de très grande ampleur – Bhopal, Tchernobyl – causées par des politiques productivistes indifférentes aux risques pour les populations. Ces atteintes répétées à l’écosystème de la planète menacent, à terme, la survie de l’humanité.

L’Humanité devra s’adapter

L’espèce humaine risque son autodestruction en tant que population vivant à la surface d’une planète polluée. Le débat politique central des années à venir portera sur les rapports que les sociétés souhaitent avoir avec la nature. Non seulement à propos de la protection de l’environnement mais aussi des dangers liés à l’insécurité sanitaire des aliments, à la prolifération des OGM, aux excès de l’agriculture productiviste.

La Mondialisation fait des dégats

La mondialisation encourage l’expansion des paradis fiscaux où trouve refuge l’argent de la corruption et des mafias. A la « tolérance zéro » contre les petits délinquants répond la « répression zéro » contre les grands criminels de la finance. D’autres crimes ne sont pas non plus sanctionnés, ceux des firmes pharmaceutiques qui refusent de mettre à la disposition des plus pauvres des médicaments bon marché ; ceux des militaires qui ont utilisé, dans le Golfe et au Kosovo, de l’uranium appauvri ; ceux des industriels de l’amiante qui ont répandu la mort pendant des décennies.

Kyoto n’est pas dans la course

Kyoto n’est pourtant qu’un exercice d’échauffement. Pour éviter le désastre climatique, les pays riches doivent réduire leurs émissions de GES non pas de 5 % par rapport à 1990, l’objectif de Kyoto, mais bien de 75 %…

Les politiciens sont désenparés

L’embarras des politiciens réside dans cette contradiction fondamentale: d’un côté, une société gavée au culte d’une croissance énergivore; de l’autre, l’obligation de réduire considérablement l’usage des combustibles fossiles, moteur du développement économique mondial depuis la révolution industrielle. Diminuer fortement les émissions de GES est pourtant possible. Cela suppose d’agir à l’inverse du gouvernement canadien et d’envoyer des signaux très clairs aux producteurs et aux consommateurs.

Par chance, le traité de Kyoto repêche les cancres: un pays qui n’atteint pas son objectif peut acheter des crédits d’émissions aux producteurs qui auraient dépassé le leur. L’important est de réduire globalement les gaz à effet de serre, peu importe où sur la planète. Mais le Canada renoncerait ainsi aux bienfaits locaux des investissements et des technologies propres.

«Armes de destruction massive» et craintes du Pentagone

Un rappel: le consensus scientifique sur l’urgence d’agir est massif. En juin 2005, les Académies des sciences des pays du G8 ainsi que celles de Chine, d’Inde et du Brésil, «adjurent toutes les nations» d’agir «rapidement» pour réduire les causes du changement climatique. Les scientifiques craignent plus que tout un emballement climatique susceptible de rendre inhabitables de vastes régions de la Terre.

Le 30 novembre 2005, dans son dernier discours en tant que président de l’Académie des sciences britannique, le physicien Robert May compare l’incidence croissante d’événements climatiques extrêmes – inondations, sécheresses et ouragans – à «des armes de destruction massive». Notant que le réchauffement de la surface des océans augmentera la gravité des ouragans, il affirme: «Il est concevable que la côte du golfe des États-Unis puisse être effectivement inhabitable d’ici la fin du siècle.»

Même le Pentagone a des frayeurs. En octobre 2003, un rapport de prospective commandé par l’Office of Net Assessment, un bureau de réflexion stratégique renommé au Pentagone, a soupesé les conséquences d’un changement climatique abrupt causé par l’interruption de la circulation du courant marin du Gulf Stream. Cette hypothèse, jugée «plausible» – l’événement s’est déjà produit il y a 8200 ans – entraînerait un chaos global, des famines et des guerres. Le rapport recommandait d’élever le réchauffement climatique au rang de menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

Le désastre climatique annoncé semble dore et déjà un désastre politique. Pour éviter un désastre économique, des décisions inégalées doivent être prises.

sources : http://www.photeus.info/ / http://www.monde-diplomatique.fr / http://www.respectdugolfe.org

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