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Le courant Atlantique Nord (l’AMOC) au seuil d’une rupture ?

Schéma de principe illustrant les éléments constitutifs de l'AMOC et du système d'observation 26 • N. Les flèches noires représentent le transport Ekman (principalement vers le nord). Les flèches rouges illustrent la circulation des eaux chaudes dans les 1 100 m supérieurs et les flèches bleues indiquent le flux principal vers le sud des eaux profondes plus froides. Le réseau d'amarrages utilisé pour mesurer le transport géostrophique intérieur est également illustré. Credit D. A. Smeed , G. D. McCarthy , S. A. Cunningham , E. Frajka-Williams , D. Rayner , W. E. Johns , C. S. Meinen , M. O. Baringer5 , B. I. Moat , A. Duchez , and H. L. Bryden

Souvent confondue avec le Gulf Stream, la circulation méridienne de retournement atlantique joue le rôle de thermostat mondial. Et, selon une nouvelle étude, ce dernier est sur le point de disjoncter.

On l’appelle « circulation méridienne de retournement atlantique » (Amoc). Ce courant marin, qui joue un rôle de thermostat au niveau du climat mondial, est en train de se détraquer, s’alarme une nouvelle étude parue jeudi 5 août dans la revue Nature Climate Change*. Un chercheur du Potsdam Institute for Climate Impact Research, en Allemagne, rapporte avoir observé les premiers signes d’une déstabilisation de ce système qui fait la pluie et le beau temps sur la planète.

« Je ne m’attendais pas à ce que des signes de déstabilisation soient déjà visibles, et je trouve cela effrayant », a réagi Niklas Boers, auteur de l’étude, cité par The Guardian*, pour qui cela pourrait présager d’un effondrement de l’Amoc. « Nous ne pouvons pas laisser cela arriver », prévient-il. Car si les scientifiques attribuent ces dérèglements au réchauffement climatique causé par l’activité humaine, l’écroulement de ce système viendrait encore accélérer la hausse des températures, plongeant notre planète dans un terrible et imprévisible cercle vicieux.

Une situation difficile à analyser

La circulation méridienne de renversement de l’Atlantique (AMOC) est un élément clé du climat par son transport de chaleur dans l’océan Atlantique Nord. Les changements décennaux de l’AMOC, qu’ils soient dus à une variabilité interne ou à un affaiblissement forcé anthropique, ont donc des impacts de grande envergure. Nous synthétisons la compréhension de la variabilité décennale contemporaine dans l’AMOC, en rassemblant des preuves issues d’observations, de réanalyses océaniques, de modèles forcés et de proxy AMOC. Depuis 1980, il existe des preuves de périodes de renforcement et d’affaiblissement, bien que l’ampleur du changement (5 à 25 %) soit incertaine. Dans l’Atlantique Nord subpolaire, l’AMOC s’est renforcé jusqu’au milieu des années 1990, puis s’est affaibli jusqu’au début des années 2010, avec des preuves d’un renforcement par la suite; ces changements sont probablement liés au forçage de flottabilité lié à l’oscillation nord-atlantique. Dans les régions subtropicales, il existe des preuves du renforcement de l’AMOC de 2001 à 2005 et des preuves solides d’un affaiblissement de 2005 à 2014. Une telle variabilité interannuelle et décennale complique la détection des tendances à long terme en cours, mais n’empêche pas un affaiblissement associé avec le réchauffement anthropique. Les priorités de recherche comprennent le développement de solutions robustes et durables pour la surveillance à long terme de l’AMOC, des collaborations observation-modélisation pour améliorer la représentation des processus dans l’Atlantique Nord et de meilleures façons de distinguer l’affaiblissement anthropique de la variabilité interne. La circulation méridienne de renversement de l’Atlantique (AMOC) joue un rôle clé dans le système climatique. 

Qu’est-ce que l’Amoc et à quoi sert-elle ?

La circulation méridienne de retournement atlantique décrit le fonctionnement complexe de la circulation de l’eau dans l’océan Atlantique. En fonction de sa salinité, de sa masse, de sa densité ou encore de sa température, l’eau se déplace en effet différemment dans ce vaste système, générant un flux jusqu’alors stable et constant. En transportant d’énormes quantités d’eau de la surface aux profondeurs – et inversement –, l’Amoc contribue à réguler le climat tel que nous le connaissons.

Mais depuis les années 1960, ce flux s’est considérablement affaibli, atteignant son niveau le plus faible depuis un millénaire, selon une étude scientifique parue dans la revue Nature Geoscience* (PDF) en mars dernier.

En étudiant le comportement de l’Amoc au cours des 100 000 dernières années, les scientifiques ont constaté que cette dernière avait deux modes de fonctionnement, résume The Guardian : l’un, rapide et puissant, tel qu’observé au cours des récents millénaires, et un autre, lent et faible. Or, une dernière étude assure que la hausse des températures pourrait précipiter une bascule rapide d’un état à l’autre. « La perte de stabilité dynamique impliquerait que l’Amoc a atteint un seul critique, au-delà duquel une transition possiblement irréversible vers son mode de fonctionnement faible pourrait avoir lieu », a détaillé Niklas Boers à l’agence Reuters*. A ce stade, l’état des connaissances ne permet toutefois pas de savoir si ce basculement est imminent, ou s’il surviendrait dans plusieurs siècles.

L’effondrement de l’Amoc constitue ce que les experts du climat appellent un « seuil de rupture » (« tipping point » en anglais), à savoir un moment où le climat basculerait soudainement et de manière irréversible dans un état complètement différent de celui que nous connaissons.

Les conséquences de cette bascule seraient en effet immenses sur le climat. Les températures deviendraient beaucoup plus fraîches dans l’hémisphère nord, avec une augmentation du nombre de tempêtes, tandis que le niveau de l’océan Atlantique connaîtrait une forte hausse. Les moussons en Afrique et en Amérique du Sud se déplaceraient, exposant encore davantage de populations à d’importantes sécheresses.

sources : https://wattsupwiththat.com/ / https://www.francetvinfo.fr/ / https://www.researchgate.net/

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