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La première centrale nucléaire flottante du monde a pris le large

La Russie fait prendre la mer à la première centrale nucléaire flottante du monde. Ses réacteurs seront bientôt dotés de leur combustible à base d’uranium afin, en 2019, d’alimenter en électricité 100.000 habitants à partir d’un port en Sibérie. Les défenseurs de l’environnement dénoncent les risques d’un tel projet.

Est-ce le rêve ultime des énergéticiens traditionnels ou le « cauchemar » des écologistes? L’Akademik Lomonosov, première centrale nucléaire flottante du monde, a pris la mer au mois de mai 2019. Supervisée par l’agence publique russe de l’atome, Rosatom, elle a quitté les chantiers navals de Saint-Petersbourg où elle était en construction depuis 2009.

Ses deux réacteurs KLT-40S embarqués peuvent générer jusqu’à 70 MW d’énergie électrique, suffisamment pour alimenter 200.000 personnes. Basés sur des réacteurs testés dans les sous-marins et les brise-glaces nucléaires russes, ils sont d’une puissance 20 fois inférieure à celle du réacteur d’une centrale à eau pressurisée bâtie à terre (1450 MW en France).

La centrale a pour destination finale l’extrême-orient russe
La centrale flottante, installée sur un navire de 140 mètres de long, est actuellement remorquée sur la mer Baltique. Puis elle longera les côtes norvégiennes pour atteindre le port russe de Mourmansk (près de la Norvège) sur la mer de Barents. Ce premier voyage s’effectue à une vitesse de 3 à 4 noeuds mais sans combustible nucléaire. L’uranium enrichi nécessaire à leur fonctionnement ne sera chargé à bord des deux réacteurs qu’une fois qu’ils seront arrivés à Moursmank, la première destination d’un voyage maritime effectué en deux temps.

A l’été 2019, l’Akademik Lomonosov reprendra la mer pour être remorquée jusqu’à sa destination finale, le port de Pewek, en Sibérie orientale dans l’extrême-orient russe. Il s’agira d’un voyage maritime de 5000 km via la route du nord entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique par l’océan Arctique. La centrale flottante, une fois arrimée dans le port sibérien, sera reliée au réseau électrique local. Elle assurera l’approvisionnement électrique des habitants et sites miniers de cette zone arctique ainsi que des plates-formes gazières et pétrolières offshore. Elle remplacera une centrale nucléaire et une centrale thermique, toutes les deux technologiquement dépassées.

La perspective de voir une centrale nucléaire traverser les mers représente un « cauchemar flottant » aux yeux des défenseurs de l’environnement.

Pour Greenpeace, dont le bateau « escorte » en mer le voyage inaugural de la barge russe sur la Baltique, « construire une centrale nucléaire qui flotte et la mettre dans l’Arctique est une idée horrible », s’exclame l’association sur son compte Twitter. L’ONG a soutenu la Norvège qui s’opposait à ce projet. Ensemble, elles ont obtenu que les deux réacteurs ne soient alimentés en uranium qu’à Mourmansk, après avoir longé les côtes norvégiennes.

La Chine a ses propres projets de centrale flottante
Greenpeace rappelle sur son site Internet, par le biais de Jan Haverkamp, un expert nucléaire, que « la centrale flottante russe a été construite en l’absence de vérification par des experts indépendants ». Outre le fait que la centrale est dépourvue d’enceinte en béton, l’ONG souligne qu’elle repose sur une barge inerte dépourvue de capacité de se mouvoir sur l’eau sans l’aide de remorqueurs.

Mais Greenpeace n’en a pas fini avec les centrales flottantes. La Chine a également des projets de réacteurs nucléaires du même type. En novembre 2016, China General Nuclear Power Group a annoncé le lancement de la construction d’un réacteur de faible puissance avec 200 MW, conçu pour être installé sur un bateau ou une plateforme en mer. Le premier prototype doit être terminé en 2020. Son concurrent, China National Nuclear Corporation, prévoit son premier bateau-centrale dès 2019, doté d’une version adaptée d’un réacteur, d’une puissance de 100 à 150 MW.

source : https://bfmbusiness.bfmtv.com/

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