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Energies pour l’Afrique

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo est parti en croisade pour illuminer le continent en dix ans. Une idée généreuse et pragmatique.

Il a parcouru 44 000 km en quelques mois. Rencontré 41 chefs d’État sur les 54 que compte le continent africain et autant de dirigeants politiques, patronaux ou syndicaux en Europe. À peine débarqué de Johannesburg, en Afrique du Sud, où il assistait, la veille, au sommet de l’Union africaine, il a trouvé une place, dans un agenda surchargé, pour recevoir La Croix au siège parisien de la Fondation Énergies pour l’Afrique qu’il présentait à la presse le 3 mars dernier.

APPORTER LA LUMIÈRE AUX 600 MILLIONS D’AFRICAINS

Son prochain défi ? Mettre le continent africain sous tension et apporter la lumière, au sens propre, aux 600 millions d’Africains qui en sont privés, soit les deux tiers de la population. « L’électricité, c’est la vie. Sans elle, pas d’eau potable, pas de santé, pas d’éducation, pas de croissance. L’obscurité, c’est l’obscurantisme. La lumière, c’est la démocratie », aime-t-il à répéter. L’idée n’est pas seulement généreuse. Elle découle d’un constat sans concession.

africa-electrification

« De l’autre côté de la Méditerranée, à 14 km des côtes de l’Europe, se trouve un continent en plein bouillonnement, qui connaît un incroyable choc démographique et une croissance forte, mais mal distribuée. Cette situation pousse la jeunesse à migrer vers les points de lumière, promesse d’un avenir meilleur. Si l’on ne fait rien, le problème va s’amplifier. Électrifier le continent, c’est donner une chance aux Africains et donner une chance à l’Europe. Notre emploi, notre croissance, notre futur se jouent en Afrique », plaide-t-il.

UN PLAN MARSHALL SUR DIX ANS POUR ILLUMINER 80 % DU CONTINENT

Cette conviction, il la martèle depuis des mois, appelant à la mise en place d’urgence d’un plan Marshall sur dix ans pour illuminer 80 % du continent. Par quelle magie ? « Les projets sont déjà sur la table. L’argent est facilement mobilisable. La seule chose qui manque, c’est un instrument de soutien global. Une sorte d’Agence de l’énergie, gérée par et pour les Africains, qui pallie la faiblesse des pouvoirs publics, fédère les financements et apporte la part de subventions pour lancer les chantiers », s’enthousiasme-t-il.

Jean-Louis Borloo a fait ses calculs : il suffit que les pays développés dotent cette agence de cinq milliards d’euros par an pour réunir, par effet de levier, via des investisseurs privés, les 20 milliards nécessaires pour régler le problème. « C’est à la fois juste, car nous avons une dette à l’égard du continent africain, première victime du dérèglement climatique dû à nos émissions de CO 2  ; prudent, si l’on veut stabiliser son développement ; et pragmatique, car l’Afrique représentera, demain, un marché de deux milliards de personnes », souligne-t-il.

TDF

sources : http://www.energiespourlafrique.org/ / http://www.la-croix.com/

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