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Scandale au sein de la NASA

Harlan Watson : «Il n’y aura plus de censure» de la Nasa sur le climat.

 Harlan Watson, principal négociateur sur le climat du département d’État, revient sur la stratégie climatique américaine et l’affaire de censure qui a récemment agité la Nasa.

LE FIGARO. – John Marburger, le conseiller scientifique du président George W. Bush a été sommé par le Congrès de s’expliquer à propos de plusieurs cas de censure. Comment justifier ce qui s’est passé dans ces affaires ?

Harlan WATSON. – Je ne connais pas James Hansen et il n’a certainement pas été rappelé à l’ordre pour ses prises de position. La personne de la communication qui a démissionné de la Nasa à la suite de cette affaire est un junior de 24 ans, qui manquait d’expérience. D’après ce que j’ai compris, les scientifiques peuvent désormais affirmer ce qu’ils veulent, tant que c’est présenté comme étant leur propre point de vue. De toute façon, John Marburger s’est excusé et a affirmé que cela ne se reproduirait pas. Il n’y aura plus de censure.

Un rapport récent du Pew Center sur les changements climatiques mondiaux arrive à la conclusion qu’il y a aujourd’hui suffisamment de données scientifiques pour justifier un engagement plus grand des États-Unis sur le climat. En doutez-vous ?

La position des États-Unis a évolué sur le plan scientifique. Nous ne nions pas la réalité du réchauffement du climat, mais c’est un fait que l’impact des activités humaines fait encore l’objet de beaucoup d’incertitudes. Quel qu’il soit exactement, la seule solution pour relever ce défi, c’est le développement des nouvelles technologies, notamment pour la séquestration du CO2. Or les Etats-Unis, qui investissent 3 milliards de dollars par an dans ce domaine, font déjà beaucoup.

Le président Bush s’est engagé à ce que notre pays réduise l’intensité des émissions de gaz à effet de serre (NDLR : rapport entre la quantité émise et le produit intérieur brut) de 18% entre 2002 et 2012. Nous y travaillons. Nous faisons notamment beaucoup d’efforts pour promouvoir des normes en matière d’essence sans plomb, pour limiter l’impact des gros véhicules SUV (NDLR : tout-terrain de loisir) ou encore remplacer le gaz dans notre mix énergétique.

Les Américains sont plus sensibilisés au changement climatique depuis le cyclone Katrina et les États s’engagent de plus en plus dans la lutte contre le changement climatique. Le président n’est-il pas de plus en plus isolé dans son pays ?

Il est vrai que depuis Katrina, le changement climatique est devenu beaucoup plus présent dans l’opinion publique américaine. Il n’y a qu’à voir la couverture médiatique du sujet. Mais combien de temps ce phénomène durera-t-il ? Cela fait vingt-cinq ans que le département américain de l’Energie (DOE) et l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) encouragent les États à développer des plans de politique énergétique et de défense de l’environnement. Sinon, nous risquons d’assister à une migration de l’efficacité énergétique vers des pays comme la Chine ou l’Inde. Nous considérons nos Etats comme de véritables laboratoires.


Les États-Unis n’ont pas pour autant ratifié Kyoto. Si les pays émergents tels que la Chine et l’Inde faisaient un petit pas en acceptant à la prochaine conférence de Nairobi des objectifs de réduction de leurs rejets de CO2pour la période «après- 2012», à quelles conditions les États-Unis pourraient-ils se rallier au protocole ?

Les États-Unis ne peuvent accepter de signer aucun traité qu’à la condition que la Chine et l’Inde acceptent des objectifs précis assortis d’un agenda.

Or les pays émergents sont très clairs sur ce point : des obligations contraignantes tout comme un calendrier pour les respecter sont inacceptables à leurs yeux. Libre ensuite à la prochaine Administration de changer d’avis…

source : http://www.lefigaro.fr/

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