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Risque de « black-out » ?

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Depuis plusieurs mois, RTE n’a de cesse de répéter que la France ne court pas de risque de « black-out » au cours de l’hiver. En revanche, des délestages pourraient survenir, mais uniquement en cas de fortes tensions sur le réseau électrique.

Alors que l’hiver au sens météorologique vient de débuter, le risque de coupures de courant s’apprête à aller croissant dans l’Hexagone. Dans ses dernières perspectives du système électrique pour l’hiver à venir, le gestionnaire RTE alertait sur un risque de recours au dispositif Ecowatt (et en particulier au signal d’alerte rouge) qui apparaît « élevé sur le mois de janvier » bien qu’il dépende « largement des conditions climatiques et de la possible survenue d’une vague de froid même modérée ».

C’est lors de ces journées dites « rouge » que des opérations de délestage pourraient survenir afin de soulager le réseau lors des pics de consommation identifiés sur les tranches horaires de 8 à 13 heures et de 18 à 20 heures. Et c’est bien là la principale différence entre le délestage et le black-out qui correspond à une perte de contrôle totale du système électrique sur toute ou partie d’un territoire. Dans la première situation, la coupure de courant est volontaire et contrôlée, ce qui n’est pas le cas dans la seconde.

Une rotation des délestages sur l’ensemble du territoire français
Le plan de délestage prendra la forme de coupure « tournantes, localisées et temporaires » qui seront d’une durée de deux heures avec une légère tolérance et seront appliquées au sein des tranches horaires de forte tension mentionnées plus haut. Ces coupures représenteront des blocs de consommation de 100 MW répartis sur tout le territoire selon des critères techniques et seront assurées par les Agences de conduite régionales d’Enedis sur le réseau moyenne tension. Sur le plan géographique, aucune zone ne sera épargnée à l’exception de celles à proximité de sites prioritaires déterminés par les préfectures départementales mais une rotation sera mise en place.

Le dernier black-out dans l’Hexagone remonte à décembre 1978
S’il est lié à une forte tension sur le réseau électrique ou des conditions météorologiques dégradées, le délestage n’en demeure donc pas moins une opération de coupures contrôlés. Tout l’inverse du « black-out » qui implique une perte généralisée de l’alimentation électrique sur le territoire. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité a insisté à plusieurs reprises sur le fait que la France ne courait pas ce risque cet hiver, RTE disposant « des moyens de sauvegarde du système électrique appropriés et proportionnés en fonction de l’ampleur d’un éventuel déséquilibre. »

Selon un sondage Elabe pour l’Institut Montaigne et Radio Classique sur « Les Français et la politique énergétique de la France », l’inquiétude grandit dans l’opinion quant à la possibilité de subir des coupures d’électricité cet hiver. Dans ce sondage publié le 3 novembre, 45 % des Français estiment que le risque de coupures d’électricité cet hiver est élevé.

La France va-t-elle revenir au XIXᵉ siècle cet hiver ? La question pourrait paraître saugrenue si le risque de coupures d’électricité durant la saison hivernale n’était pas aussi important. Et pour cause, afin de sauver sur la durée son système électrique, le pays pourrait avoir à mettre en œuvre des « délestages » temporaires. Pour l’heure, le gouvernement fait montre de pédagogie en appelant les Français à la plus grande sobriété énergétique, avec son nouveau mantra : « je baisse, j’éteins, je décale ». Pour autant, ces coupures de courant temporaires ne seront pas sans conséquence sur nos vies.

Quid des commerces qui seraient touchés ? Tout dépendra du lieu de votre résidence et du tissu économique qui vous entoure. Selon la Fédération du commerce et de la distribution, citée par nos confrères, les petits commerces et magasins « pourront décider de fermer ou non en fonction de l’annonce » d’un délestage. En revanche, les plus grandes structures « disposent de groupes électrogènes » et pourraient traverser les black-out. Un équipement encore rare chez les hypermarchés. Idem pour les restaurants, pour les plus gourmands.

Autre inquiétude : celle des communications téléphoniques… et indirectement celle de l’accès à Internet. Dans un monde toujours plus connecté, il n’existe – à ce jour – pas de batterie de secours sur les antennes relais disséminées en France. En cas de coupures, les habitants des zones sans électricité ne pourront plus passer aucun appel, y compris aux numéros d’urgence. Seul numéro épargné : le 112, le numéro d’urgence européen. « Cependant, dans certains endroits moins bien équipés en antennes relais, il peut rester inaccessible. Dans les cas où le 112 ne pourrait pas fonctionner, d’autres dispositifs seront mis en place par les préfets », indique le gouvernement, cité par le quotidien.

Donc, même si on peut affirmer qu’il y a peu de chances que la France subira un Black-out, le système de délestage électrique pourrait apporter de gros inconforts, des questions et certainement une incompréhension pour la plupart des personnes touchées.

sources : https://www.bfmtv.com/ / https://www.ladepeche.fr/ / https://www.lepoint.fr/

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