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L’Homo bodoensis, une nouvelle histoire de l’Humanité

Homo bodoensis — © Ettore Mazza

Une espèce ancêtre des premiers humains, identifiée à la suite d’une réinterprétation de fossiles découverts en Afrique, a été nommée Homo bodoensis par une équipe internationale de paléoanthropologues dirigée par la Pre Mirjana Roksandic, de l’Université de Winnipeg, au Manitoba.

L’Homo bodoensis vivait en Afrique pendant le Pléistocène moyen, il y a environ 500 000 ans, et serait l’ancêtre direct de l’Homo sapiens, c’est-à-dire l’humain moderne.

Le Pléistocène moyen (maintenant renommé Chibanien, daté entre 774 000 et 129 000 ans) est important car il a vu à la fois l’essor de notre propre espèce (Homo sapiens) en Afrique mais également celle des plus proches hominidés comme les Néandertaliens (Homo neanderthalensis) en Europe.
Homo bodoensis… c’est une refonte de l’évolution des homininés au Chibanien, ni plus ni moins, qu’ont proposé quatre paléoanthropologues le 28 octobre dans la revue Evolutionary Anthropology.

Le nom « bodoensis » fait référence d’un crâne trouvé à Bodo D’ar (Éthiopie) en 1976, et la nouvelle espèce est maintenant considérée comme un ancêtre humain direct. Le fossile de Bodo présente un curieux mixage de caractéristiques modernes et archaïques.
– sa capacité crânienne est plutôt moderne. Elle est comprise entre 1200 et 1325 cm3 pour un mâle adulte, soit largement au-dessus d’Homo erectus (600-1250 cm3) mais assez similaire à celle d’Homo sapiens (1200-1500 cm3),
– son crâne est globalement plus archaïque, avec une voute crânienne épaisse et une face prognathe, en projection vers l’avant, un nez très large,
– des arcades sourcilières massives et segmentées.


Homo bodoensis (Image credit: University of Winnipeg)

L’évolution humaine au cours de cette époque reste obscure, un problème que les paléoanthropologues appellent le fouillis du milieu (muddle in the middle, en anglais). L’apparition de l’Homo bodoensis dans le paysage évolutif du genre Homo apporte un peu de clarté à un chapitre mal compris, mais important de l’histoire humaine, expliquent les scientifiques.

Les fossiles attribués à la nouvelle espèce avaient jusqu’à aujourd’hui été associées à l’Homo heidelbergensis ou à l’Homo rhodesiensis, deux espèces dont les descriptions n’étaient pas très claires et souvent contradictoires.

De plus, plusieurs fossiles datés de cette période étaient associés à l’une de ces espèces par certains anthropologues, et à la seconde par d’autres.

Récemment, des analyses ADN ont montré que certains fossiles européens associés à l’Homo heidelbergensis appartenaient en fait à des Néandertaliens précoces.

Désormais, Homo bodoensis décrira la majorité des humains du Pléistocène moyen originaires d’Afrique et certains d’Europe du Sud-Est, tandis que de nombreux individus découverts dans le reste du Vieux Continent seront considérés comme des Néandertaliens. D’après l’équipe, l’introduction de cette nouvelle espèce visera à « trancher le nœud gordien » et permettra aux scientifiques de « communiquer clairement sur cette période clé de l’évolution humaine ».

« Nommer une nouvelle espèce est une démarche délicate, car la Commission internationale de la nomenclature zoologique n’autorise les changements de nom que dans le cadre de règles très strictement définies », souligne Roksandic. « Nous sommes convaincus que celui-ci perdurera, un nouveau nom de taxon ne survit que si d’autres chercheurs l’utilisent. »

Adaptation Terra Projects

Sources : https://www.hominides.com / https://ici.radio-canada.ca/ / https://dailygeekshow.com/

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