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Le Rapport du Pentagone sur la Revue Observer

Traduction exceptionnelle de la page de Observer

Qui a tant fait décrier les scientifiques du monde entier dès 2004 en lançant la plus grande polémique climatique de ce début du XXIeme siècle. Traduction faite par Jean Mellinger, le 22 mars 2004.
Le Pentagone avertit Bush : le changement climatique nous détruira
· Un rapport secret met en garde contre le désordre et la guerre nucléaire
· La Grand-Bretagne deviendra une Sibérie dans moins de 20 ans
· Cette menace mondiale est pire que le terrorisme
Mark Townsend et Paul Harris, de New York Dimache 22 février 2004 – The Observer – Le changement climatique pourrait provoquer en une vingtaine d’années une catastrophe mondiale, avec des millions de morts dues aux guerres et aux catastrophes naturelles.Un rapport secret, escamoté par les chefs de la Défense des USA, mais que le journal The Observer a pu se procurer, prédit qu’en 2020 de grandes villes européennes seront submergées par la montée du niveau marin, tandis que la Grande-Bretagne subira un climat sibérien.

 

On peut s’attendre à un conflit nucléaire, à des sécheresses sévères et à des désordres sociaux partout dans le monde.

Ce document prédit qu’un changement climatique brutal pourrait amener la planète au bord de l’anarchie, dans la mesure où les différents pays feraient usage de la menance nucléaire pour défendre et se procurer des ressources en nourriture, eau et énergie de plus en plus rares. Cette menace contre la stabilité mondiale éclipse complètement celle du terrorisme, d’après les experts qui ont eu accès à ce rapport.

« L’instabilité et les conflits endémiques feront partie de notre vie », conclut le
Pentagone dans cette analyse de la situation. « Une fois de plus, l’état de guerre
risque de faire partie de la vie humaine. »

Ces perspectives constituent un désaveu pour le gouvernement du président Bush, qui n’a cessé de nier la réalité du changement climatique. Les experts disent aussi que la lecture de ce rapport ne pourra pas laisser indifférent un président qui donne la priorité à la défense nationale.

Ce rapport a été commandé par Andrew Marshall, un conseiller influent du
Pentagone, qui a joué un rôle essentiel dans la politique militaire américaine durant ces trente dernières années. Cet homme est aussi à l’origine d’une pénétrante mise au point, parue récemment sous l’égide du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et visant à modifier cette politique.

Le changement climatique « devrait maintenant devenir un sujet de préoccupation pour la sécurité des USA, plutôt que de rester un débat scientifique », d’après les auteurs du rapport, Peter Schwartz, consultant de la CIA et ancien chef de la planification du groupe Royal Dutch-Shell, et Doug Randall, membre du réseau californien Global Business.

Le scénario d’un changement climatique catastrophique imminent est « plausible et constitue un défi pour la sécurité des USA, dont les conséquences sont à prendre en considération sans tarder », concluent-ils. C’est dès les prochaines années que des millions de gens vont devoir faire face à une submersion, due à l’élévation du niveau des océans.

La semaine passée, le gouvernement Bush a été violemment attaqué par un groupe de scientifiques de bonne réputation, qui ont déclaré qu’il ne tenait compte que des rapports scientifiques qui étaient en accord avec son programme politique, et qu’il excluait ceux qui lui déplaisaient. Jeremy Symons, un ancien contestataire du l’Agence de Protection de l’Environnement des USA (EPA : Environmental Protection Agency) disait que l’élimination de ce rapport, il y a quatre mois, était un nouvel exemple de dissimulation de la menace climatique par la Maison Blanche.

Pourtant, les climatologues expérimentés pensent que leurs conclusions pourraient bien obliger Bush à accepter le changement climatique en cours comme étant une réalité. Ils espèrent aussi que cela va persuader les USA de signer les traités internationaux destinés à ralentir ce changement.

Un groupe anglais, formé de scientifiques réputés, s’est récemment présenté à la
Maison Blanche pour exprimer ses craintes à propos du réchauffement global, ce
qui contribue à intensifier la pression exercée sur les USA pour qu’ils prennent cette menace au sérieux. Le journal The Observer a su, de personnes bien informées, que les officiels semblent très nerveux là-dessus, dans la mesure où ils sont confrontés à des critiques de plus en plus fréquentes contre l’indifférence des responsables américains à ce problème.

L’un de ces visiteurs britanniques a même affirmé que la Maison Blanche a écrit
pour se plaindre de déclarations attribuées au professeur Sir David King, conseiller scientifique principal de Tony Blair, qui a qualifié la position du président Bush comme étant indéfendable.

Parmi les scientifiques qui ont participé aux discussions à la Maison Blanche se
trouvait le professeur John Schellnhuber, ancien conseiller principal pour
l’Environnement du gouvernement fédéral allemand et directeur d’un groupe leader de climatologues au Centre Tyndall de Recherche sur le Changement Climatique.

Il a déclaré que les craintes exprimées au sein du Pentagone devraient servir de
détonateur pour persuader Bush d’accepter la réalité du changement climatique.
Sir John Houghton, ancien directeur du Service Météorologique des USA, – et
premier expert à avoir révélé le lien entre changement climatique et terrorisme – a déclaré : « Si le Pentagone émet ce genre de message, c’est que ce document est vraiment important ».

Bob Watson, directeur du service scientifique de la Banque Mondiale et ancien
président du Comité Intergouvernemental sur le Changement Climatique, a ajouté que les mises en garde pressantes du Pentagone ne pouvaient plus être ignorées.

« Bush peut-il ignorer le Pentagone ? Il devient impossible de faire comme s’il
n’existait pas. Et c’est un document terriblement embarassant. Après tout, la seule priorité absolue de Bush est la défense nationale. Le Pentagone n’a rien d’un groupe d’agitateurs libertaires, il est plutôt conservateur en général. Si le changement climatique menace la sécurité nationale et l’économie, Bush doit agir. Il y a deux groupes de personnes auxquelles il prête attention : d’une part le lobby pétrolier et d’autre part le Pentagone. », a dit Watson.

« Vous avez élu un président qui prétend que le réchaffement global est une blague, et de l’autre côté du Potomac (Note du traducteur : le fleuve qui traverse Washington) vous trouvez le Pentagone, qui se prépare aux guerres climatiques. Ca me fait froid dans le dos de voir Bush ignorer son propre gouvernement dans cette affaire. », disait Rob Gueterbock, de Greenpeace.

En fait, selon Randall et Schwartz, la population de la planète dépasse déjà ce que celle-ci peut supporter. Vers 2020, des pénuries « catastrophiques » d’eau et de ressources énergétiques, de plus en plus difficiles à surmonter, plongeront la planète dans la guerre. Ils rappellent que le changement climatique qui est
intervenu voici 8200 ans avait provoqué une perte générale des récoltes, la famine, des maladies et des migrations massives de populations, ce qui pourrait bientôt se reproduire.

Randall a dit aux journalistes de The Observer que les effets multiples d’un éventuel changement climatique rapide aboutiraient à un chaos général. « C’est un truc qui me déprime, a-t-il dit, c’est une menace particulièrement grave pour la sécurité nationale, car il n’y aura aucun ennemi sur qui tirer et nous n’avons aucun moyen de parer cette menace. »

Randall ajouta qu’il était peut-être déjà trop tard pour empêcher un tel désastre.
« Nous ne savons pas exacement où nous en sommes dans le déroulement de ce
phénomène. Il pourrait commencer dès demain, sans que nous puissions dire ce
qui se passera les cinq années suivantes », dit-il.

« Les conséquences du changement climatique pour certains pays sont d’une
gravité inimaginable. Il semble évident qu’interdire l’usage des combustibles
fossiles serait une mesure valable. »

Les scénarios envisagés par le rapport [du Pentagone] sont si terribles, d’après
Watson, qu’ils pourraient jouer un rôle déterminant dans le choix des électeurs pour l’élection présidentielle à venir. Le candidat démocrate, John Kerry, est bien connu pour avoir accepté que le changement climatique est une réalité. Les scientifiques déçus par l’attitude de Bush exigent que Kerry fasse état du rapport du Pentagone dans sa campagne.

Le fait que Marshall soit à l’origine de ses conclusions cinglantes favoriseront la
candidature de Kerry. Marshall, âgé de 82 ans, est un personnage légendaire du
Pentagone, qui anime un comité de réflexion productif sur l’estimation des risques pesant sur la sécurité nationale [des USA], appelé Office of Net Assessment.
Désigné par le nom de code « Yoda » par les membres du Pentagone, qui
respectent sa grande expérience, il est considéré comme l’inspirateur de l’effort du Department of Defense en faveur de la défense antimissiles.

Symons, qui a quitté l’EPA pour protester contre sa dépendance à l’égard de la
politique officielle, a donc déclaré que l’enterrement du rapport [du Pentagone] était un exemple supplémentaire de la tentative de la Maison Blanche pour occulter le changement climatique. « C’est encore un autre exemple qui devrait pousser le gouvernement à arrêter de faire l’autruche dans cette affaire. »
Symons a dit que seuls les liens étroits du gouvernement Bush avec les puissantes compagnies de production d’énergie et de pétrole permettent de comprendre pourquoi le Bureau Ovale [du président des USA] accueillait le changement climatique avec un tel scepticisme. « Ce gouvernement nie l’évidence pour calmer une poignée de grandes compagnies de production d’énergie et de pétrole », ajouta t-il.

rapport du pentagone disponible ICI

source : http://www.bruchenvironnement.org

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