L’ADN d’anciens chasseurs-cueilleurs pourrait expliquer pourquoi certaines personnes vivent jusqu’à 100 ans
Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs nous ont légué de nombreuses choses. Ils nous ont transmis la maîtrise du feu pour la cuisson et les premières techniques de survie, comme les outils en pierre. Ils nous ont peut-être aussi transmis le secret de la longévité. Une nouvelle étude publiée dans la revue GeroScience a révélé que les centenaires italiens possèdent une proportion plus élevée de matériel génétique provenant des chasseurs-cueilleurs occidentaux que la population générale.
On sait depuis un certain temps que la longévité peut s’expliquer par de « bons » gènes, ainsi que par d’autres facteurs tels que notre environnement et nos habitudes quotidiennes. Certaines études ont identifié des gènes spécifiques liés à une plus grande longévité, tandis que d’autres suggèrent que l’ADN ancestral pourrait jouer un rôle.
Analyse de l’ADN des centenaires
L’Italie possède l’une des plus fortes concentrations au monde de personnes centenaires. Pour tenter de comprendre ce phénomène, des chercheurs ont analysé le génome de 333 centenaires et de 690 adultes en bonne santé, âgés d’environ 50 ans. Ils ont comparé l’ADN de ces individus à 103 génomes anciens appartenant aux quatre groupes qui composent le patrimoine génétique italien actuel.

Résumé graphique. Crédit : GeroScience (2025). DOI : 10.1007/s11357-025-02043-4
Il s’agit de chasseurs-cueilleurs occidentaux, qui comptaient parmi les premiers habitants de l’Europe après la dernière période glaciaire, d’agriculteurs néolithiques anatoliens, de groupes nomades de l’âge du bronze et d’anciens groupes originaires des régions iraniennes et caucasiennes.
Les résultats ont révélé que les centenaires présentaient généralement une proportion plus élevée d’ADN de chasseurs-cueilleurs de l’Ouest que la moyenne. « Cette étude démontre pour la première fois que le groupe de Villabruna/lignée des chasseurs-cueilleurs de l’Ouest… contribue à la longévité de la population italienne », a écrit l’équipe de recherche.
Bien que tous les participants à l’étude possédaient un mélange d’ADN provenant des quatre groupes anciens, seul le matériel génétique WHG était lié à la longévité.
En effet, pour chaque petite augmentation de l’ADN de chasseurs-cueilleurs, les chances de devenir centenaire augmentent de 38 %. Ce phénomène est encore plus marqué chez les femmes, qui ont plus de deux fois plus de chances d’atteindre 100 ans si elles possèdent une proportion plus élevée de cet ADN ancien. « Nous suggérons que les variants impliqués dans ce trait [la longévité] pourraient avoir été introduits dans le patrimoine génétique italien à une époque très reculée », ont déclaré les chercheurs.
L’ADN ancien pourrait protéger le corps
L’équipe a également une théorie sur la façon dont les gènes WHG pourraient contribuer à la longévité. Selon elle, ces variants auraient été sélectionnés lors de la dernière période glaciaire, lorsque nos ancêtres devaient survivre dans des conditions extrêmement difficiles, avec des ressources alimentaires limitées. Les scientifiques pensent que ces gènes ont permis d’améliorer le métabolisme, optimisant ainsi la digestion, et de renforcer le système immunitaire, protégeant l’organisme des effets néfastes du vieillissement.
Adaptation Terra Projects
Source : https://phys.org/
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