La Chine lance la production d’un robot humanoïde ultra-réaliste : bientôt dans nos maisons ?

En Chine, ce robot humanoïde presque troublant de réalisme entre en production : bientôt un assistant à la maison ?

Il marche sur deux jambes, possède des mains capables de manipuler des objets, peut comprendre des instructions et ressemble de plus en plus à un être humain. Son nom : IRON.

Ce robot humanoïde développé par le constructeur chinois XPENG vient de franchir une étape importante. Le 8 septembre 2026, l’entreprise a annoncé la mise en service de ses nouvelles lignes de fabrication dédiées aux robots humanoïdes. Le premier IRON assemblé sur cette installation a même quitté la chaîne… en marchant de manière autonome.

Une scène symbolique, mais qui résume assez bien ce qui est en train de se passer en Chine : après des années de prototypes impressionnants présentés dans des salons technologiques, les robots humanoïdes commencent doucement à entrer dans une nouvelle phase, celle de l’industrialisation.

Et XPENG ne cache pas ses ambitions : à terme, IRON pourrait travailler dans les magasins, les entreprises et peut-être même entrer dans nos maisons.

Sciences en direct; XPE

Un robot conçu pour ressembler à l’être humain

IRON ne ressemble pas vraiment aux robots industriels auxquels nous sommes habitués.

Pas de bras mécanique vissé au sol ni de gros châssis métallique roulant sur des roues. XPENG a choisi une morphologie volontairement humaine, avec un torse, deux bras, deux jambes, une tête et des mains particulièrement élaborées.

La version présentée par Live Science mesure environ 1,73 mètre pour 65 kilos. Elle peut être proposée avec différentes silhouettes et une enveloppe extérieure souple qui masque une grande partie de sa mécanique.

Le résultat peut être assez troublant.

Lors d’une précédente présentation publique, certains spectateurs avaient même soupçonné XPENG d’avoir caché une véritable personne à l’intérieur du robot tant ses mouvements paraissaient naturels. L’entreprise avait alors ouvert une partie de l’enveloppe du robot sur scène afin de montrer les mécanismes présents sous sa « peau ».

La version destinée à la production possède 76 degrés de liberté, dont 21 dans chaque main. Autrement dit, de nombreux moteurs et articulations lui permettent de reproduire une grande variété de mouvements humains.

IRON peut également se déplacer à environ 2 mètres par seconde, soit l’allure d’une personne marchant très rapidement.

Mais le plus impressionnant se trouve dans sa tête

Construire un robot capable de marcher est déjà extrêmement compliqué.

Construire une machine capable de comprendre ce qui se passe autour d’elle, de décider quoi faire et d’adapter ses gestes à un environnement qu’elle ne connaît pas à l’avance est encore beaucoup plus difficile.

C’est précisément là que l’intelligence artificielle entre en jeu.

IRON embarque trois processeurs Turing AI conçus par XPENG, capables de fournir ensemble jusqu’à 2 250 TOPS de puissance de calcul dédiée à l’IA. Cette puissance permet au robot d’exécuter une partie importante de son intelligence directement à bord, sans devoir constamment envoyer les informations vers des serveurs distants.

L’objectif est de lui permettre d’observer son environnement, de comprendre une demande et de construire une séquence d’actions pour l’exécuter.

Par exemple :

« Range les objets présents sur cette table. »

Pour un humain, la consigne paraît banale.

Pour un robot, elle implique pourtant de reconnaître la table, identifier les objets, comprendre lesquels peuvent être saisis, déterminer où ils doivent être placés, calculer ses mouvements et éviter de faire tomber quelque chose.

C’est exactement le genre de problème que les chercheurs tentent aujourd’hui de résoudre grâce aux nouveaux modèles d’IA physique, parfois appelés Physical AI.

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Une intelligence issue directement des voitures autonomes

XPENG possède ici un avantage intéressant : l’entreprise ne vient pas à l’origine de la robotique, mais de l’automobile électrique et de la conduite assistée.

Elle tente donc de réutiliser certaines technologies développées pour ses voitures.

IRON s’appuie notamment sur une architecture capable de combiner la vision, le langage et l’action. Le robot doit ainsi apprendre non seulement à « voir » une pièce mais également à comprendre la signification de ce qu’il observe et à agir physiquement dessus.

Selon les représentants de XPENG interrogés par Live Science lors de l’IFA 2026 de Berlin, plusieurs systèmes travaillent ensemble : des modèles associant vision, langage et action, ainsi que des systèmes destinés à permettre au robot de raisonner sur la tâche qui lui est confiée.

C’est une évolution essentielle.

Pendant longtemps, les robots industriels ont été extraordinaires pour répéter exactement le même geste des milliers de fois. Mais déplacez un objet de quelques centimètres ou changez leur environnement, et ils peuvent devenir inutiles.

Les futurs humanoïdes devront au contraire être capables de se débrouiller dans notre monde, qui est par nature désordonné et imprévisible.

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Il pourra même aller se recharger tout seul

IRON est également conçu pour fonctionner avec un certain niveau d’autonomie énergétique.

Lorsque sa batterie devient faible, XPENG affirme que le robot peut rechercher une station de recharge prévue à cet effet et s’y connecter lui-même.

Un détail qui peut paraître secondaire, mais qui deviendrait indispensable si de telles machines devaient travailler plusieurs heures par jour sans surveillance humaine constante.

Personne ne voudrait d’un robot domestique qu’il faille porter jusqu’à son chargeur chaque soir.

D’abord dans les magasins, ensuite peut-être dans nos maisons

Il ne faut cependant pas imaginer qu’IRON sera disponible dans les supermarchés dès Noël.

XPENG prévoit d’abord d’utiliser ses robots dans des environnements relativement contrôlés : ses propres magasins, showrooms et campus technologiques.

Les premières livraisons importantes à des clients extérieurs sont attendues en 2027, notamment pour des activités d’accueil, de service, de présentation ou de guidage. L’entreprise envisage ensuite une commercialisation plus large en Chine puis à l’étranger.

À plus long terme, XPENG évoque néanmoins des applications domestiques beaucoup plus ambitieuses.

Lors de l’IFA de Berlin, ses représentants ont parlé de robots capables un jour de nettoyer une maison, ranger des objets ou plier du linge.

Nous n’en sommes pas encore là.

Une maison est probablement l’un des environnements les plus compliqués qui soient pour un robot : escaliers, enfants, animaux, objets déplacés en permanence, vêtements souples, portes, tapis, liquides, vaisselle fragile…

Plier correctement une chemise, par exemple, reste infiniment plus compliqué pour une machine que soulever une pièce métallique dans une usine.

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La Chine accélère dans la course aux humanoïdes

IRON arrive surtout dans un contexte de compétition mondiale spectaculaire.

Tesla travaille toujours sur Optimus, tandis que l’américain Figure développe ses propres robots humanoïdes. En Chine, plusieurs constructeurs comme AgiBot et Unitree accélèrent également leurs programmes.

Pour XPENG, l’enjeu dépasse largement la simple démonstration technologique.

Fin août 2026, sa division robotique a annoncé avoir levé plus de 900 millions de dollars, pour une valorisation dépassant 6,3 milliards de dollars. L’entreprise veut utiliser une partie de ces fonds pour accélérer l’industrialisation de ses humanoïdes et le développement de ses modèles d’intelligence artificielle physique.

XPENG affirme par ailleurs que sa nouvelle chaîne de production robotique dépasse 80 % d’automatisation sur certains processus de fabrication.

Le constructeur espère pouvoir augmenter rapidement la cadence si la demande suit. Pour 2027, il évoque même une capacité pouvant atteindre plusieurs milliers de robots par mois.

Le « moment smartphone » de la robotique ?

C’est probablement la comparaison la plus ambitieuse faite par XPENG.

Ses responsables estiment que les humanoïdes pourraient connaître dans les prochaines années une évolution comparable à celle des smartphones au milieu des années 2000 : d’abord considérés comme coûteux et presque futuristes, puis progressivement omniprésents.

Reste une immense inconnue : le prix.

Même le robot le plus spectaculaire du monde restera un produit de niche s’il coûte plusieurs centaines de milliers d’euros.

Il faudra également résoudre les questions de sécurité. Faire évoluer une machine de 65 kilos, dotée de moteurs puissants, à quelques mètres d’enfants ou de personnes âgées impose un niveau de fiabilité considérable.

Sans parler de la vie privée : un robot domestique intelligent aurait potentiellement besoin de caméras et de microphones pour comprendre en permanence ce qui se passe autour de lui.

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Une frontière est malgré tout en train d’être franchie

IRON n’est donc pas encore le majordome robotique promis depuis des décennies par la science-fiction.

Mais quelque chose a changé.

Il y a quelques années encore, les humanoïdes capables de marcher correctement étaient essentiellement des prototypes de laboratoire. Aujourd’hui, plusieurs entreprises construisent des usines spécialement destinées à leur fabrication.

Et XPENG vient justement de montrer l’image presque symbolique de cette transition : un robot humanoïde termine son assemblage industriel… puis quitte lui-même la chaîne de production sur ses deux jambes.

Nous sommes encore loin du jour où un robot nous préparera le dîner avant de ranger la cuisine et de plier le linge.

Mais pour la première fois, ce scénario paraît moins relever de la pure science-fiction que d’une technologie dont les premières briques industrielles sont réellement en train d’être posées.

Adaptation Terra Projects

Sources principales : Live Science, XPENG, XPENG Robotics et IFA Berlin.

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