Exomars, la mission pour la recherche de la vie

Les Américains ne seront bientôt plus seuls sur Mars. Le 19 octobre prochain, une partie du matériel de la mission russo-européenne ExoMars 2016, embarqué à bord de la fusée Proton qui a décollé ce lundi, à 10h31 (heure de Paris), depuis le cosmodrome de Baïkonour, devrait atterrir à la surface de la planète rouge.

L’occasion pour l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’agence spatiale russe Roskosmos de démontrer leur capacité à rivaliser avec la Nasa, seule agence à maîtriser l’art martien jusqu’à maintenant. Un challenge en plusieurs étapes. D’abord, l’utilisation d’un atterrisseur-test, nommé Schiaparelli, et l’analyse des gaz de l’atmosphère martienne à l’aide d’une sonde TGO (Trace Gaz Orbiter). Ensuite, le dépôt d’un robot à la surface de Mars pour y trouver des traces de vie passée.

Dans la fusée russe lancée ce matin, il y a donc deux bestioles : le satellite TGO, pour Trace Gas Orbiter, et l’atterrisseur Schiaparelli. Le premier est chargé de mesurer précisément la composition de l’atmosphère martienne, notamment pour y détecter des traces de méthane et d’autres gaz rares. Car qui dit méthane… dit peut-être activité biologique. De la vie, quoi ! Sur Terre, 90% du méthane présent dans l’air est produit par des organismes vivants.

«Le méthane est un gaz dont la durée de vie est brève à l’échelle géologique, et sa présence nécessite une source active qui pourrait être biologique», rappelle le Centre national d’études spatiales (Cnes). La présence de méthane n’est plus une supposition hasardeuse ou un espoir fou d’exobiologistes : «Les précédentes missions martiennes ont détecté que du méthane était présent dans l’atmosphère avec des concentrations variant dans le temps et selon le lieu.» C’était par exemple l’une des conclusions de la mission européenne Mars Express, dont le satellite est toujours en orbite martienne à l’heure actuelle mais qui n’est pas assez sensible pour approfondir l’enquête.

Si ce ne sont pas des microbes qui produisent le méthane, il faudra conclure que c’est l’activité géologique de la planète. Mars possède de bien beaux volcans, dont le plus massif, Olympus Mons, culmine tout de même à 27 000 kilomètres d’altitude. Pour ce que l’on sait, il est éteint. Mais depuis quelques millions d’années seulement… On a peut-être raté quelques grondements volcaniques discrets sur la planète rouge.

Ce dernier sera chargé de percer le sol de Mars jusqu’à deux mètres de profondeur et de prélever des échantillons qui seront analysés sur place. Il explorera une zone où se trouvent des argiles très anciennes. L’espoir est de trouver des traces de molécules organiques qui auraient pu se trouver sur Mars « il y a environ quatre milliards d’années lorsque sa surface ressemblait plus ou moins à celle de la Terre, au moment où la vie est apparue sur notre planète », explique Jorge Vago.

Schiaparelli, qui porte le nom d’un astronome italien du XIXe siècle, pèse 600 kilos et a la taille d’une petite voiture. Dépourvu de panneaux solaires, il ne vivra que deux à quatre jours. Il est équipé d’une petite station météo.

ExoMars_2016

Après avoir largué l’atterrisseur, la sonde TGO entrera dans une orbite elliptique et ralentira très progressivement pour se placer sur une orbite circulaire à 400 km d’altitude.

Ce n’est que vers la fin de l’année 2017 qu’elle commencera à faire de la science. Equipée d’instruments européens et russes, « TGO sera comme un grand nez dans l’espace », selon Jorge Vago.

Elle doit rechercher des gaz à l’état de trace dans l’atmosphère de la planète, notamment ceux à base de carbone comme le méthane. Ce gaz intéresse les scientifiques car sur Terre, il est à 90% d’origine biologique. En outre, sa durée de vie est limitée.

Sa détection par TGO pourrait donc constituer un indice possible de la présence actuelle d’une vie micro-organique sur Mars. TGO jouera aussi le rôle de relais de télécommunications pour la transmission de données entre la Terre et le robot d’ExoMars 2018.

Ce dernier sera chargé de percer le sol de Mars jusqu’à deux mètres de profondeur et de prélever des échantillons qui seront analysés sur place. Il explorera une zone où se trouvent des argiles très anciennes. L’espoir est de trouver des traces de molécules organiques qui auraient pu se trouver sur Mars « il y a environ quatre milliards d’années lorsque sa surface ressemblait plus ou moins à celle de la Terre, au moment où la vie est apparue sur notre planète », explique Jorge Vago.

Adaptation de la Terre du Futur

sources : http://www.lexpress.fr/ / http://www.liberation.fr/ / http://www.huffingtonpost.fr/ / http://exploration.esa.int/

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