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En Asie, les fumées d’incendie ont fait 100.000 morts

Les victimes des gigantesques feux de forêt qui ont sévi en Asie du sud-est à l’automne 2015 ont été largement sous-estimées, conclut une modélisation de chercheurs américains.

1997, 2006, 2015… Les épisodes de pollution de l’air due à de gigantesques feux de forêts sont un phénomène récurrent en Asie du Sud-Est. En rejetant dans l’atmosphère de massives quantités de particules fines (PM2,5), les incendies survenus en Indonésie à l’automne 2015 seraient à l’origine de 100.000 décès prématurés, selon une étude publiée par des chercheurs américains des universités d’Harvard et Columbia, publiée dans Environmental Research Letters. Bien loin des 19 morts évoqués par les statistiques fournies par les autorités indonésiennes, selon l’AFP…

Plus de 2,5 millions d’hectares de forêts tropicales sont partis en fumée en 2015, à cause d’incendies souvent allumés illégalement pour défricher et fertiliser les terres, notamment celles destinées à la production d’huile de palme. En 2006, 40% des émissions à Sumatra étaient dues à des incendies allumés dans des plantations dédiées à cette culture, rappelle l’étude. En 2015, comme en 2006 et en 1997, des conditions météorologiques particulières dues notamment à El Nino et à un autre phénomène climatique moins bien connu, le dipôle de l’Océan indien (IOD), avaient augmenté le phénomène en favorisant la sécheresse. Au plus fort de ces épisodes, des écoles avaient été fermées et des masques antipollution distribués à la population.
Particules PM2,5

Après avoir quantifié les émissions de polluants durant cet épisode et leur conséquence sur la santé des populations en Indonésie, en Malaisie et à Singapour, les auteurs ont comparé ces données à celles concernant un autre événement survenu à l’automne 2006, dans des conditions météorologiques comparables.

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«Nous estimons que les brouillards de 2015 ont entraîné 100.300 décès supplémentaires à travers l’Indonésie, la Malaisie et Singapour, plus du double de ceux provoqués par l’événement de 2006», écrivent les chercheurs. Le plus gros de cette hausse de la mortalité a eu lieu en Indonésie (91.600 morts supplémentaires), suivie de la Malaisie (6.500) et de Singapour (2.200). À titre de comparaison, les fumées dégagées par les incendies de 2006 auraient entraîné 37.600 morts prématurées, selon les auteurs de l’étude. Le sud de la province de Sumatra aurait contribué à plus de 30% aux émissions régionales, et à plus de 50% de l’exposition à des fumées durant ces deux événements. Ces chiffres ne concernent que l’exposition aux particules PM2,5, et les autres composés toxiques dégagés par les fumées d’incendie n’ont pas été pris en compte par les auteurs.

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«Si rien ne change, la fumée mortelle va continuer d’avoir de terribles répercussions année après année. Ne pas agir immédiatement pour enrayer le nombre de vies perdues serait criminel», s’est insurgé Yugun Indradi, membre de Greenpeace Indonésie, selon l’AFP qui n’a pas obtenu de réaction des autorités indonésiennes.

source : http://www.lefigaro.fr/

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