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9 octobre 2006: le jour de la dette écologique ou du dépassement

C’est un triste anniversaire que nous célébrons ce lundi, celui du jour du dépassement (overshoot day) ou jour de la dette écologique.   D’après les études de la NEF (new economics foundation), c’est aujourd’hui que vient d’être franchi le seuil à partir duquel, la capacité de la planète à régénérer ses ressources naturelles est dépassée.

Donc, l’humanité vit officiellement au dessus de ses moyens.

Chaque année, la NEF détermine cette date fatidique, à partir de diverses études. Lorsque la capacité de reconstitution des réserves naturelles est dépassée, c’est comme si nous dévorions littéralement la planète. Pour reprendre une image familière, « nous vivons à crédit ». Cet anniversaire fatidique appelé « overshoot day » ou « jour du dépassement » se produit chaque année de plus en plus tôt, parce-qu’ il y a une augmentation de la consommation générale au niveau mondial.  

Le chef d’un des services de la NEF, Andrew Simms met l’accent sur le  danger d’un tel comportement. Selon lui, non seulement, il empêche des millions de gens dans le monde de satisfaire leurs besoins, car ils ne peuvent avoir de l’eau potable, de la nourriture et des terres, mais encore il y a véritablement mise en danger de la Terre, puisqu’on touche à ses mécanismes de survie propre. Il s’intéresse plus particulièrement au cas de la Grande-Bretagne, son pays, et note avec lucidité que le haut niveau de vie britannique n’est possible que grâce à l’importation  massive de produits et de matières premières venus du reste du monde et prélevés sur les ressources naturelles de ces pays.  » Nous exploitons ce que nous ne pouvons pas produire  localement, et profitons positivement de produits exotiques qui viennent du monde entier ».

Et d’ajouter plus loin » pendant que notre consommation augmente dans tous les domaines, en allant du 4X4, aux grands écrans plats de télévision, toutes les  recherches académiques démontrent que cette  consommation effrénée ne va pas nous rendre plus heureux. Les mêmes recherches montrent que s’affranchir de ce style de consommation, en passant plus de temps avec famille et amis, plus de temps à réfléchir et dans des passe-temps créatifs, le peut. (Pour en savoir davantage, lire l’article d’ Andrew Simms, « la race humaine vit au dessus de ses moyens »: http://comment.independent.co.uk/commentators/article1822203.ece)  

Pour en revenir à ce fameux jour du dépassement, Andrew Simms dit que si l’humanité toute entière avait voulu vivre à la manière de la Grande-Bretagne en 1961, une planète entière aurait suffit, contre 3.1 aujourd’hui.   Ce fameux « overshoot day » survient de plus en plus tôt dans l’année. C’ était un 19 décembre en 1987 qu’il arrivât pour la première fois (voir l’article de « the guardian »: http://environment.guardian.co.uk/climatechange/story/0,,1890953,00.html), un 21 novembre en 1995 et aujourd’hui un 9 octobre.

Pour donner un autre chiffre, si la terre entière adoptait l’ american way of life, il faudrait les ressources de 4 planètes Terre, à l’heure actuelle, alors que si tout le monde vivait de manière frugale et dans l’économie (comme dans certains pays du Sud), la moitié d’une planète suffirait. De tels propos sont les conséquences directes des travaux menés chaque année par le GFN (global footprint network), qui mettent en balance la capacité des écosystèmes à remplacer les ressources consommées et à absorber les pertes  avec la demande totale en ressources naturelles. Cela s’est traduit par la mise au point d’un calendrier annuel qui permet de déterminer la date théorique où l’équilibre entre consommation humaine et régénération naturelle est rompu.

Le directeur exécutif du GFN, Mathis Wackernagel déclare que  » l’humanité a dépassé le montant figurant sur sa carte de crédit écologique et ne peut le faire qu’en détruisant les ressources même de la planète » il ajoute que nous ne pourrons continuer ainsi que pendant un moment, parce-qu’ une telle surconsommation va directement épuiser les ressources des forêts, des océans et  les terres arables. ”  Si nous coupons  des arbres plus vite qu’ils ne repoussent, peu à peu les forêts vont devenir de plus en plus clairsemées pour finir par disparaître. Et si nous pêchons plus de poissons qu’il n’en naît chaque année, et bien, il y aura de moins en moins de poissons dans la mer.   Que signifie cette date du 9 octobre concrètement? D’abord, qu’il va falloir plus d’un an et trois mois à la planète pour reconstituer ce que nous avons dévoré au cours de l’année 2006.

Ensuite, que le pillage de la planète s’accélère (extinction des espèces, pollution de l’eau, diminution des réserves de pêche…) dans un monde de plus en plus incertain avec la réduction des ressources en énergies fossiles, les tensions politiques internationales qui en résultent et le changement climatique qui est en route.   Craig Simmons, un autre spécialiste, co-fondateur et directeur du Best Food Forward, ajoute qu’ il faut réduire la demande globale, afin de nous assurer un meilleur futur. Il dit qu’il faut améliorer l’utilisation des ressources en privilégiant celles qui sont renouvelables.

Chaque année, ce jour du dépassement permet de prendre conscience des limites de notre planète et montre l’augmentation de cette dette écologique envers l’environnement. C’est un fait aussi que ceux qui la paient le plus souvent sont ceux qui en sont le moins responsables, à savoir les pays du Sud. La seule solution pour sortir de cette spirale infernale passe par la réduction de ce qu’on prend à la planète.   En conclusion, il est absolument nécessaire d’ optimiser notre utilisation des ressources naturelles, afin d’essayer d’en consommer le moins possible par personne là où il y a surconsommation.   Librement rédigé à partir de l’article figurant ici :http://www.neweconomics.org/gen/ecologicaldebt091006.aspx

 

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