Plus de quatre habitations et lieux de travail sur cinq répartis dans 25 grandes villes européennes ne disposent pas d’une couverture arborée suffisante à proximité pour offrir un véritable rafraîchissement lors des épisodes de fortes chaleurs. C’est ce que révèle une nouvelle étude basée sur des données ouvertes menée par un spécialiste de la végétalisation urbaine.
Le chercheur Thami Croeser, du Centre de recherche urbaine de RMIT University en Australie, a cartographié la couverture des arbres dans un rayon de 60 mètres autour de 5,5 millions de bâtiments situés en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Portugal, en Grèce et au Royaume-Uni.
Son analyse, publiée dans la revue Nature Communications, montre que 84 % des bâtiments se situent en dessous du seuil de 30 % de couverture arborée considéré par la littérature scientifique comme nécessaire pour limiter efficacement les effets des îlots de chaleur urbains.
Selon le chercheur, les vagues de chaleur qui frappent aujourd’hui l’Europe mettent en évidence un problème structurel dans la manière dont les villes ont été conçues.
« Plus de quatre logements et lieux de travail sur cinq dans les villes étudiées ne disposent pas de la couverture arborée de proximité que les recherches jugent nécessaire pour assurer un refroidissement significatif. »
Il souligne également qu’un grand parc situé à plusieurs centaines de mètres ne suffit pas à protéger un immeuble entouré de béton et d’asphalte brûlants.
« Lorsqu’une chaleur extrême s’installe, un parc verdoyant situé trois rues plus loin ne peut pratiquement rien faire pour rafraîchir un immeuble encerclé par des surfaces minérales. »
Des chiffres préoccupants
L’étude révèle notamment que :
- Londres : 93 % des 1,5 million de bâtiments sont en dessous du seuil recommandé.
- Paris : 96 % des bâtiments n’atteignent pas ce niveau, avec une couverture arborée moyenne de seulement 12 %.
- Rome : 85 % des bâtiments sont également insuffisamment protégés.
Le déficit est loin d’être marginal. Dans la plupart des villes étudiées, plus de la moitié des bâtiments disposent de moins de 10 % d’arbres à proximité.
Le chercheur rappelle qu’une ville peut afficher un taux global de végétation relativement satisfaisant tout en laissant la majorité de ses habitants sans véritable ombre autour de leur logement.
« Une ville peut sembler bien végétalisée lorsqu’on regarde les statistiques générales, alors que la plupart des habitations disposent en réalité de très peu d’arbres à proximité immédiate. »

Un enjeu majeur face au réchauffement climatique
Les arbres jouent un rôle essentiel dans le refroidissement des villes grâce à plusieurs mécanismes :
- ils procurent de l’ombre ;
- ils limitent le réchauffement des surfaces minérales ;
- ils rafraîchissent l’air par évapotranspiration ;
- ils réduisent les températures ressenties lors des canicules.
À mesure que le climat se réchauffe, cette végétation devient une véritable infrastructure de protection sanitaire, en particulier pour les personnes âgées et les populations les plus vulnérables.
Les résultats de cette étude suggèrent que de nombreuses villes européennes devront accélérer la plantation d’arbres directement au cœur des quartiers résidentiels, plutôt que de compter uniquement sur quelques grands espaces verts éloignés.
En conclusion, les chercheurs estiment que l’urbanisme devra désormais intégrer beaucoup plus systématiquement la végétation afin de rendre les villes plus résilientes face aux canicules qui deviennent de plus en plus fréquentes et intenses.
Adaptation Terra Projects
Source : https://phys.org/
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